
Solidarité - Pauvres de France !
Alexandra Gonzalez, le jeudi 13 novembre 2008 à 04:00
Sept millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France. Au cœur de ce phénomène, les enfants, premières victimes lorsque les parents perdent leur emploi, ou lorsque le grand frère devient suffisamment grand pour que les allocations leur soient retirées. L’année dernière, le Secours catholique a aidé 1,4 million de personnes, soit 629.500 situations familiales. Parmi elles, 90.000 ont fait l’objet, comme chaque année, d’une enquête approfondie, rendue publique aujourd’hui. En quelques années, la photographie qui en ressort a changé de visage. Elle montre désormais une société affaiblie, touchée par la solitude et la crise, et surtout multi-âges. « En 2002, 19,5 % des personnes que nous avions accueillies avaient 50 ans et plus. Aujourd’hui, ils représentent 24 % », alerte Bernard Schricke, directeur de l’action France (lire son interview). Difficile d’imaginer que l’on travaille toute sa carrière pour terminer nourri et habillé par une association humanitaire.
Pas de vacances
A l’autre bout de la chaîne se trouvent les enfants. Aujourd’hui, il y a 2 millions d’enfants pauvres. L’association des deux mots choque et perturbe. De plus en plus, ces enfants vivent avec un seul de leurs parents. « Il y a dix ans, cinq familles sur dix accueillies étaient monoparentales. En 2007, ce sont six familles sur dix. La très grande majorité d’entre elles sont des femmes seules, très vulnérables », note l’enquête. Vulnérables puisque lorsqu’une mère seule travaille, « elle a accès majoritairement à des contrats précaires du type : temps partiel, CDD, intérim ». « Car il faut pouvoir s’occuper de ses enfants aussi », témoigne Nathalie, mère de onze enfants. Sur la question du logement, les familles monoparentales sont aussi plus fragiles, notamment lorsque le dernier enfant a moins de 3 ans. 25,7 % d’entre elles vivent dans un logement précaire (15 % sont hébergées chez des proches, 3,4 % vivent à l’hôtel et 6 % en centre d’hébergement ou à la rue). Un isolement et une précarité qui rejaillissent sur les enfants, pour qui les vacances sont souvent synonymes de télévision à la maison. Heureusement, chaque année, le Secours catholique, comme d’autres associations, prend ces enfants par la main pour les faire sortir de leur quotidien.
2 millions d’enfants pauvres en France
Sur 2 millions d’enfants pauvres en France, 645.000 ont fait appel au Secours catholique en 2007. Un triste chiffre qui prend source dans un environnement de vie précaire. Pauvre mais comme quiconque la famille reste le moteur de toute motivation et d’espoir. Les enfants comptent sur leur famille et craignent que la pauvreté soit un facteur de dislocation familiale. 60 % de ces enfants et adolescents ne voient jamais leur père. Pour les familles, la situation n’est pas évidente à affronter : en tant qu’éducateurs attitrés, ils ressentent vivement combien leur situation de pauvreté pénalise l’épanouissement de leur enfant. Et plus l’enfant s’isole, plus il est fragile. D’où l’importance de l’environnement scolaire, lieu d’apprentissage et de socialisation. Le Secours catholique agit dans de nombreux domaines pour consolider le noyau familial et veiller à ce que les enfants préparent leur avenir et deviennent des adultes responsables.
290.000 familles accompagnées
En 2007, le Secours catholique a accompagné 290.000 familles. 60 % de ces familles sont monoparentales, chiffre qui ne cesse de croître depuis ces dix dernières années. Les familles accueillies ont plus d’enfants que la moyenne de la population française. Les familles monoparentales ont des enfants moins nombreux et plus âgés que les couples : 44 % d’entre elles n’ont qu’un enfant. L’arrivée d’un enfant bouleverse souvent l’équilibre des familles : changement de logement, de travail, de garde ou de ressources. Le nombre de familles en difficulté diminue avec l’âge, toutefois, force est de constater que les familles monoparentales mettent beaucoup plus de temps à gérer les changements liés à l’arrivée de l’enfant.
Edition France Soir du jeudi 13 novembre 2008 n°19953 page 2




Cliquez pour agrandir












aucun commentaire
Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.