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Emploi des jeunes - Les trois propositions de Martin Hirsch

Maud Guillaumin, Françoise Marmouyet, le mercredi 25 mars 2009 à 04:00

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Martin Hirsch devait annoncer mardi ses propositions destinées aux jeunes en recherche d’emploi. Des propositions qui devaient encore être expertisées.

Avant même que ses propositions sur l’emploi des jeunes ne soient arbitrées, Martin Hirsch a pris l’opinion à témoin en détaillant ses pistes. Mardi, il devait ainsi annoncer son plan mais a annulé sa présentation pour des raisons personnelles. Lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, dimanche, le haut-commissaire à la Jeunesse avait cependant déjà dévoilé ses pistes pour venir en aide à une jeunesse « sacrifiée », en proposant notamment un service civique rémunéré 600 euros par mois et ouvert à 30.000 jeunes. Total : 300.000 millions d’euros.

Profitant de la baisse de la TVA dans la restauration, Martin Hirsch demande l’embauche massive de jeunes sans qualification dans ce secteur. Enfin, le haut-commissaire à la Jeunesse souhaite que l’Etat finance à hauteur de 1,5 milliard d’euros l’embauche de 100.000 jeunes. Pendant deux ans, ces jeunes travailleraient en alternance (en conjuguant cours théoriques et travail en entreprise) et auraient pour obligation de rester trois à cinq ans dans le même secteur d’activité. L’Etat prendrait en charge la plus grande partie des salaires, avant de se rembourser en réduisant légèrement les allégements de cotisation pendant les cinq années suivantes. Pour Martin Hirsch, les « 30 milliards d’euros d’allégement de charges » concédés chaque année par l’Etat aux employeurs seraient réduits de 1 %, ce qui suffirait pour rembourser le 1,5 milliard d’euros avancé.

Méfiance

A Bercy, Christine Lagarde écarte l’idée de « financements supplémentaires ». Une méfiance partagée par le Medef mais aussi par la CFDT. Le syndicat a apporté mardi son « soutien à l’idée » de Martin Hirsch de favoriser le recrutement des jeunes par les entreprises, tout en exigeant des « éclaircissements » sur les pistes avancées ainsi que sur leur financement.

Face aux critiques, le haut-commissaire à la Jeunesse a annoncé dans la foulée que le groupe pétrolier Total va consacrer « des sommes considérables » pour financer le fonds d’expérimentation jeunes. Son montant sera connu dans une quinzaine de jours. Dans l’entourage de Martin Hirsch, on se montre volontiers prudent. « Rien n’est arbitré. Martin Hirsch a mis sur la table trois idées pour faire avancer le débat. »

 


Attente et confusion dans les Pôle emploi

Les jeunes sont traditionnellement les plus touchés par le chômage et, en ces temps de crise, les chiffres sont sans appel : en octobre dernier, l’Association pour faciliter l’insertion des jeunes professionnels et des jeunes diplômés (AFIJ) annonçait que le nombre d’offres d’emplois à destination des jeunes avait chuté de 32 % en un an ! Dans les Pôle emploi, ces nouveaux organismes nés en janvier dernier de la fusion des Assedic et de l’Anpe, le problème est bien connu. « Les jeunes affluent de plus en plus nombreux car, en temps de crise, les entreprises ne veulent pas perdre de temps en formation et veulent des salariés opérationnels tout de suite », regrette Dominique Rodrigues, responsable d’un Pôle emploi du XIVe arrondissement, à Paris.

Une centaine de candidatures spontanées

L’objectif des Pôle : permettre aux chômeurs d’avoir un seul interlocuteur pour la gestion des offres d’emploi et des aides sociales. Les conseillers de ce Pôle tentent, tant bien que mal, d’aider les jeunes dans leurs démarches. Mais quelles différences réelles avec son ancêtre l’Anpe ? « Le suivi », répond Dominique Rodrigues. « Désormais, les conseillers du Pôle emploi prennent des rendez-vous individuels dès le premier mois d’inscription au chômage, alors qu’au sein de l’ancien système, il fallait attendre quatre mois pour obtenir un suivi personnalisé. »
Le son de cloche n’est pas toujours le même du côté de certains jeunes. Kevin, 22 ans, est diplômé depuis septembre dernier d’une école de commerce vendéenne. « Mon conseiller m’appelle toutes les fins de mois, pour vérifier si je suis toujours demandeur d’emploi, ça s’arrête là », sourit-il, résigné. Mais d’offre, aucune, ou si peu. Depuis janvier, une seule lui est parvenue du Pôle emploi auquel il s’est inscrit. Et elle ne correspondait pas à son domaine de recherche, le marketing et la communication. Il faut dire que les temps dont durs. En quatre mois, il a envoyé une centaine de candidatures spontanées, sans succès. Finalement, par le truchement d’un salon de recrutement, il a obtenu un CDD de deux mois dans une banque. « Ça n’est pas ce que je cherchais, mais je m’adapte », conclut-il.

D’autres témoignent d’un manque d’efficacité des conseillers. « Lors de mon premier rendez-vous dans une agence parisienne, ma conseillère n’a pas su me renseigner sur les aides que je pouvais toucher car en tant qu’ancienne salariée Anpe, elle n’était pas formée pour », raconte Tiphaine, une jeune journaliste qui alterne CDD et périodes de chômage. « Il est encore trop tôt pour tirer le bilan des Pôle emploi, laissons-leur le temps de se mettre en place », insiste Dominique Rodrigues.

Petit boulot

Chez les conseillers du nouvel organisme, justement, le plan d’action « jeunesse active » de Martin Hirsh est très attendu. En particulier le volet contrat en alternance, qui permettrait d’insérer les tout juste diplômés sur le marché du travail, avec incitations financières auprès des entreprises à l’appui. « Nous verrons ce que ça va donner. Ce genre d’initiative existe depuis les années 1975, ce qui n’empêche pas les entreprises de laisser les jeunes à la porte de l’emploi en temps de crise », soupire une responsable d’un Pôle emploi parisien.

En attendant, aux « Journées Jobs d’été » qui ont ouvert mardi à la Cité des sciences, à Paris, les jeunes étaient présents en masse. Signe des temps et fait inédit, les étudiants n’étaient pas seuls à faire la queue pour décrocher un petit boulot. Des jeunes diplômés au chômage s’y trouvaient aussi, caressant l’espoir de trouver un emploi saisonnier pour mettre enfin le pied dans l’entreprise… à l’automne prochain !

 

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