Alerte à la grippe porcine
Le Mexique, foyer épidémique de la grippe porcine, compte 81 morts suspects dont 20 imputés clairement à la grippe porcine. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a appelé à la vigilance tout en demandant aux Français de ne pas s’alarmer.

Les autorités sanitaires sont sur le pied de guerre. Après la grippe aviaire, c’est désormais la grippe porcine qui inquiète. Au Mexique, où le virus est apparu, on dénombre 81 décès suspects depuis le 13 avril, dont 20 sont formellement imputés à la grippe porcine. Un millier de personnes pourraient être atteintes. Deux nouveaux cas ont été confirmés aux Etats-Unis, alors que plusieurs pays, notamment la Nouvelle-Zélande, l’Israël et l’Espagne, ont fait état de cas suspects. Face à la vitesse de propagation de cette grippe, la France n’est pas épargnée. Dimanche, quatre personnes étaient suspectées de porter le virus A/H1N1.

Appel à la vigilance

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait mis en garde contre le « potentiel pandémique » du virus, a averti que la « situation actuelle constituait une urgence en terme de santé publique et une préoccupation internationale ». L’OMS et tous les pays intensifient leur surveillance de tous les cas inhabituels de maladie ressemblant à une grippe ou à une grave pneumonie. Mexico assure que tous les cas constatés sont issus de contamination d’homme à homme, ce qui inquiète les spécialistes.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a d’ailleurs appelé, dimanche, « à la vigilance », tout en demandant aux Français de ne « pas s’alarmer ». La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) s’est quant à elle montrée plutôt confiante. La FNSEA ne craint pas d’impact de l’épidémie de grippe porcine, déclarée au Mexique, sur la filière du porc en France, estimant que le problème est « plus humain qu’animal », a indiqué Christiane Lambert, la vice-présidente du syndicat agricole.

La France : un des pays les mieux préparés face à une épidémie

La France n’importe pas de porcs vivants, ni de viande porcine du Mexique, et les consommateurs ne risquent rien, la contagion de la grippe porcine ne se faisant pas par la viande, a assuré samedi le ministère de l’Agriculture. « Nous suivons toutefois de près ce que dit l’OMS », a ajouté Mme Lambert, également éleveuse de porcs en Maine-et-Loire, selon qui l’état sanitaire des exploitations en France est de toute façon « extrêmement surveillé ».

Dimanche soir, la menace de la grippe porcine semblait s’étendre, avec de nouveaux cas suspects détectés à travers le monde, tandis qu’au Mexique, les autorités renforçaient les mesures pour stopper l’épidémie. En Asie, les pays prennent déjà des dispositions : distribution de masques au Japon, réunion d’urgence des ministres en Corée du Sud… Tous les pays restent donc en état d’alerte. Dans le pays, le patron de la Direction générale de la Santé (DGS), Didier Houssin, a précisé que la France était « un des pays les mieux préparés face à une épidémie » et qu’il y avait « 33 millions de traitements (NDLR : médicaments antiviraux) en stock ».

 

Roselyne Bachelot : “La France est l’un des pays les mieux préparés en cas d’épidémie”Le ministère de la Santé a organisé dès dimanche une conférence de presse au sujet de la grippe porcine. Roselyne Bachelot était entourée du directeur général de la Santé, Didier Houssin, et de la directrice générale de l’Institut national de veille sanitaire (INVS) Françoise Weber. « Nous sommes en face d’un phénomène d’allure épidémique, en face d’un virus nouveau, qui a acquis une capacité de transmission interhumaine. Mais nous ne pouvons pas affirmer qu’il s’agit d’un virus pandémique », a précisé Roselyne Bachelot.

« Très vigilante »Le ministère de la Santé est en contact étroit avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade de France à Mexico et le ministère de la Santé mexicain. En France, dès vendredi soir, les professionnels de santé ont été alertés et une cellule de crise a été mise en place immédiatement. La vigilance a été renforcée dans les aéroports mais il n’est pas question de suspendre les vols entre la France et le Mexique. Le professeur Houssin recommande néanmoins la prudence aux ressortissants français se trouvant sur place et leur conseille de se conformer aux recommandations émises par les autorités sanitaires locales. Quant à la France, « elle est reconnue par la communauté internationale pour être l’un des pays les mieux préparés en cas d’épidémie. Les stocks de vaccins, d’antiviraux et de masques sont conséquents », assure la ministre. Deux cas suspects ont été levés samedi et quatre autres subissaient dimanche des tests. Il s’agirait vraisemblablement seulement d’une grippe bénigne. Pour l’heure, la ministre se dit « très vigilante ».

 

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