À la demande de Sos Racisme, de la Licra, du Mrap, de l'UEFJ et de J'accuse, le chroniqueur du Figaro notamment est cité en justice pour diffamation et provocation à la haine raciale.
Pour rappel, en mars dernier, dans l'émission de Thierry Ardisson Salut les terriens, Zemmour, s'indignant, après l'intervention d'un de ses contradicteurs sur les contrôles au faciès, avait déclaré : «
Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait ».
Polémique de bas étage pour la droite
Ces propos sont-ils racistes ? Non, selon Lionel Luca : pour le député UMP,
le soutien qu'a apporté Jean-Pierre Chevènement au polémiste est d'ailleurs «
méritoire ». «
Aujourd'hui, on met en cause la liberté d'expression dans notre pays. C'est la société orwellienne que certains veulent organiser ».
Il n'est pas le seul député du parti majoritaire à apporter son soutien à Eric Zemmour : «
Il faut appeler un chat un chat et il faut cesser l'hypocrisie », explique Jacques Myard, selon
Le Parisien. «
Je trouve très dangeureux que ces associations qui devraient défendre les droits de l'Homme se lancent dans des polémiques de bas étage ! Et j'approuve totalement le républication de l'autre rive, mon camarade Chevènement. »
La gauche espère que « la justice va passer »
A gauche, on tente de dédramatiser l'affaire, sans pour autant minimiser la portée des propos tenus par Zemmour, que le socialiste Tony Dreyfus se contente de juger «
inopportuns » : «
Au moment où les gens sont féchaînés, n'en rajoutons pas ! Les journalistes comme les parlementaires doivent être responsables. »
Forcément plus tranché, le communiste Maxime Gremetz juge pour sa part que ce qu'a dit Zemmour est «
indamissible (...) Sur la base de quel rapport Chevènement dit-il que la moitié des délinquants sont arabes ou autres chose ? Il y a des statistiques là-dessus ? Il n'y en a pas. Chevènement s'abaisse en lui donnant son soutien. Le racisme, ça se combat ! ».
Quant à la socialiste Sandrine Mazetier, elle «
espère que la justice va passer » car «
Zemmour l'a bien cherché ».
SOS Racisme s'indigne
Au deuxième jour du procès, SOS Racisme s'indigne «
de la tonalité des rendus du premier jour du procès ». Pour l'association qui a porté plainte, «
le cœur du procès intenté à l'enconre d'Eric Zemmour pour diffamation raciale et incitation à la haine raciale consiste en des éléments que la défense de ce dernier tait soigneusement. »
Tandis qu'à son premier jour d'audience, le polémiste a défendu ses propos en se posant en «
défenseur du politiquement incorrect », SOS estime qu'il devra «
assumer que son politiquement incorrect consiste en la contestation des lois d'une République qu'il invoque pourtant régulièrement ». Assumer également, et toujours le communiqué de l'association que, «
malgré sa contestation d'une ethnicisation de la société que les organisations antiracistes auraient, selui lui, impulsée, il voit la société à travers les lunettes du racialisme en définissant de fait les populations noires et arabes comme des populations criminogènes que la police devrait davantage contrôler que les autres. »