Outre la mort des deux soldats, quatre autres personnes, dont deux appartenant également à l’armée britannique, ont été grièvement blessées dans l’attaque ce week-end de la base militaire de Massereene, près de la ville d’Antrim, à 25 kilomètres au nord-ouest de Belfast.
Elle intervient en pleine polémique sur un possible retour en Irlande du Nord des forces spéciales britanniques, et alors que la police provinciale a prévenu que la menace des groupes républicains dissidents était remontée à un niveau sans précédent ces dernières années. Des élus nationalistes ont d’ailleurs dénoncé le déploiement prévu des membres du Régime spécial de reconnaissance, des hommes notamment en première ligne dans les missions de renseignement en Afghanistan et en Irak.
Cette attaque, non revendiquée, sonne comme un avertissement signifiant à Londres que les troupes d’élite de sa majesté ne sont pas le bienvenue en Irlande du Nord. Le dernier meurtre d’un soldat dans la province remontait à 1997. La majorité des Irlandais souhaitent la paix Selon les médias locaux, les assaillants ont surgi à bord d’un véhicule et ouvert le feu à l’arme automatique alors que des personnels de la base prenaient livraison de pizzas.
La fusillade a été condamnée par la Grande-Bretagne et l’Irlande, médiateurs du processus de paix nord-irlandais. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a dénoncé un acte « lâche », et déclaré : « Aucun meurtrier ne pourra faire dérailler le processus de paix qui a le soutien de l’immense majorité de la population d’Irlande du Nord. »
A Dublin, son homologue irlandais, Brian Cowen, a également dénoncé les agissements d’« un petit groupe de personnes malfaisantes » qui « ne pourront pas saper et ne saperont pas la volonté du peuple d’Irlande de vivre en paix ».
Signé en avril 1998, l’accord dit du Vendredi Saint, avait mis un terme à trente ans de violences confessionnelles en Irlande du Nord entre catholiques et protestants. Mais la province reste le théâtre de violences sporadiques. En janvier dernier, une bombe a été désamorcée à Castlewellan, une ville située à 50 kilomètres de Belfast. Le chef de la police d’Irlande du Nord a déclaré qu’il avait déployé des « spécialistes » pour aider la police dans sa traque des groupes dissidents. Bref, la chasse à l’homme a commencé.



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