
Le scandale des notes de frais fait tomber les têtes
Sylvain Chazot, le mercredi 20 mai 2009 à 09:59
Les têtes tombent, les unes après les autres, un effet domino entamé la semaine dernière et qui s'amplifie, grimpant jusqu'aux plus hautes sphères du paysage politique britannique. Après Shahid Malik, le secrétaire d'Etat à la Justice, un autre politicien de renom subit le contre-coup du scandale des notes de frais. Michael Martin, le président travailliste de la Chambre des communes, a annoncé mardi qu'il démissionnerait cet été. La nouvelle n'aura surpris personne. Quand le défraiement des élus britanniques a créé la polémique outre-Manche, les accusations se sont rapidement portées vers celui qui, parmi d'autres fonctions, gère ces émoluments.
Cette semaine, la presse s'est emparée de l'affaire qui aura vu plusieurs parlementaires se faire rembourser des frais de jardinage, de réparation de court de tennis ou d'achat de pâté pour chiens... Selon le Daily Telegraph, Shahik Malik se serait, quant à lui, fait verser 66.827 livres, soit 75.000 euros, pour une résidence secondaire à Londres. Michael Martin n'a, a priori, pas bénéficié de telles largesses. Mais le système n'aurait pu exister sans son laxisme. C'est en tous cas l'avis de certains journaux britanniques qui, dès mardi matin, ouvraient la porte au président. "Le président Martin doit partir", estimait mardi le quotidien de centre-gauche The Guardian. The Times, conservateur, accusait quant à lui le travailliste "d'exhiber les défauts de l'actuel parlement".
Du jamais vu depuis 1965
L'idée était aussi partagé par bon nombre de députés. Mardi matin, vingt-trois parlementaires avaient déjà signé une motion défiance déposée à son égard. Michael Martin n'aura pas attendu le déroulement complet de cette procédure visant à l'évincer. L'ancien ouvrier métallurgiste, aujourd'hui âgé de 63 ans, a préféré quitter son poste avec la tête aussi haute qu'elle puisse encore l'être. Un acte salué par l'auteur de la motion de défiance, Douglas Carswell, qui voit dans cette démission l'occasion de modifier en profondeur le système des défraiements.
Pour autant, si cette démission était attendue, elle n'en demeure pas moins exceptionnelle. Le dernier président de la Chambre des communes à avoir démissionné était John Trevor, accusé, en 1965, d'avoir touché des pots-de-vin... L'affaire, chaque jour amplifiée, n'est donc sûrement pas terminée. Gordon Brown le sait. Selon un sondage ICM pour The Guardian, 68 % des Britanniques estiment que leur Premier ministre n'a pas su gérer cet énième scandale.




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