En digne successeur de son père, Saad Hariri a été désigné Premier ministre samedi par le président libanais Michel Souleïman. Le fils de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en 2005 à Beyrouth, souhaite désormais former un gouvernement d’union nationale, même si la tâche s’annonce difficile.
« Nous savons que le chemin vers ce but est semé d’embûches », a-t-il déclaré après sa rencontre avec le chef de l’Etat. A 39 ans, le leader de la « coalition du 14 mars » aura la lourde tâche de constituer un gouvernement qui satisfasse la majorité, comme ses rivaux de la coalition menée par le Hezbollah. La composition du gouvernement a déjà été abordée jeudi par Hariri et le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de leur première rencontre depuis octobre.
La majorité refuse que la minorité dispose d’un droit de blocage, comme c’est le cas dans l’actuel gouvernement d’union. Le bras de fer qui dure depuis quatre ans entre les deux camps avait provoqué en mai 2008 des affrontements qui ont fait une centaine de morts et fait craindre un retour à la guerre civile, qui a pris fin depuis maintenant près de vingt ans.
Accusations contre la Syrie
Licencié en économie de l’université américaine de Georgetown (Washington), Saad Hariri dirigeait à Ryad l’entreprise de travaux publics grâce à laquelle son père avait fait fortune, avant de reprendre le flambeau politique à la mort de celui-ci. Il ne cesse depuis de rechercher les auteurs de l’attentat qui a coûté la vie à Raffic Hariri, allant jusqu’à traiter le pouvoir syrien de « régime d’assassins ».
Nicolas Sarkozy a salué ce week-end sa désignation au poste de Premier ministre, qui « survient à l’issue du remarquable déroulement des récentes élections législatives qui ont illustré la vigueur de la démocratie libanaise », selon lui.
Dès vendredi soir, les Etats-Unis avaient aussi félicité Hariri. « Nous serons heureux de travailler avec lui et son gouvernement », a ainsi déclaré un porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.



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