Un concert néo-nazi annulé à Tours
La rumeur bruissait depuis plusieurs semaines. Pour célébrer l’anniversaire de la naissance d’Adolphe Hitler (20 avril 1889), des groupuscules néo-nazis souhaitaient organiser un concert à Tours ou dans sa banlieue proche. Alertées par le collectif antifasciste départemental, les autorités ont pris au sérieux cette information. Craignant des affrontements, le préfet d’Indre-et-Loire, Patrick Subrémon, décide jeudi d’interdire le concert RAC (rock anti-communiste) qui prévoyait la présence des groupes Brutal Attack, Binker 84, Frakass et Lemovice. « Ce type de rassemblement festif qui s’accompagne d’appels à la haine raciale et d’apologie de crime de guerre est susceptible de graves troubles à l’ordre public », justifiait la préfecture dans un communiqué. Une source policière d’ajouter : « Les paroles des chansons sont ultra-violentes, sans équivoque. On ne pouvait pas prendre le risque. »
Montée en puissance
Dans une chanson intitulée Occident, les Lyonnais de Frakass scandent, par exemple : « Jeunes Blancs et fiers de l’être, nous combattons pour l’Occident. » A l’origine de l’alerte, le collectif antifasciste départemental constate une résurgence du phénomène néo-nazi : « Depuis quelque temps à Tours, cette mouvance se montre. Nous sommes plusieurs à avoir croisé en centre-ville des skins ultra-lookés. » Jérémy, jeune musicien tourangeau de 28 ans, a reçu ces mails d’alerte. Il confirme cette montée en puissance : « Les skinheads, on les remarque par leurs rangers ou les Doc Martens à lacets blancs. C’est un code, un affichage. Les lacets rouges sont pour les punks communistes ou anti-fascistes. Moi, dans les rues ou place Plumereau, je vois de plus en plus de lacets blancs ! »
La médiatisation de l’affaire et l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation ont poussé les organisateurs à faire machine arrière. Ainsi, vendredi, Patriote Productions, la maison de disque du groupe Lemovice, indiquait dans un communiqué laconique, visible sur son site Internet, que le concert était « finalement annulé ».
Effet dissuasif
Pour autant, les forces de l’ordre ont poussé la vigilance jusqu’au bout de la nuit de samedi ; les gendarmes venant d’apprendre que la salle des fêtes du petit village de Nazelles-Négron avait été réservée par une personne appartenant à un groupe d’extrême droite. Mais le déploiement de gendarmes couplé à la présence des CRS de Rennes en gare de Tours et à l’entrée de la place Plumereau a, sans doute, eu l’effet dissuasif espéré par le préfet. Quelques rassemblements sans envergure auraient, malgré tout, eu lieu. Les néo-nazis envisageraient, dit-on, de remettre le concert ailleurs en France. La date et le lieu n’ont pas encore filtré.
France Soir
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