
Double meurtre - Un cambriolage qui aurait mal tourné à Londres
De notre correspondant à Londres, Jim Hare, le samedi 5 juillet 2008 à 04:00
Ces derniers traquent le ou les meurtriers de Laurent Bonomo et de Gabriel Ferez, les deux étudiants français sauvagement assassinés dimanche dernier. D’après la BBC, le ou les agresseurs ont en effet emporté des objets après la tuerie survenue dans le studio de Laurent, dans la résidence de Sterling Gardens : deux consoles de jeux Sony, leurs cartes bancaires et leurs téléphones portables. Le vol serait le mobile. Quelques jours avant, Laurent était dans sa douche lorsqu’il avait entendu du bruit dans son salon. Il s’était précipité et avait constaté que la fenêtre du rez-de-chaussée de son studio était ouverte et que son ordinateur avait disparu. Il avait porté plainte. La police se demande si ce voleur n’aurait pas aussi emporté un jeu de clefs du studio, ce qui lui aurait permis de revenir ce dimanche et de surprendre Laurent seul chez lui. Il n’y a en effet pas de trace d’effraction dans le studio qui a été endommagé par les flammes et que les enquêteurs ont trouvé dans un désordre indescriptible.
Si le ou les agresseurs n’ont pas enlevé la puce électronique des téléphones portables, c’est une précieuse piste dont dispose maintenant Scotland Yard. C’est presque un jeu d’enfant de retrouver la trace d’un téléphone portable grâce au signal qu’il émet, même si on ne s’en sert pas, surtout dans un endroit comme Londres où il y a de nombreux mâts relais qui « disent » littéralement à tout instant où se trouve un portable.
Efficace Scotland Yard
C’est par ce système de recherche triangulaire qu’il y a quatre ans, Scotland Yard avait retrouvé dans la Tamise le téléphone portable d’Amélie Delagrange, l’étudiante française tuée sur le terrain de cricket de Richmond, que son meurtrier avait emporté et dont il s’était rapidement débarrassé. Jeudi soir, la police avait barré toute une rue non loin de Sterling Gardens mais se refusait à dire ce qu’elle cherchait. Bizarrement, Scotland Yard démentait vendredi soir l’information donnée à la mi-journée par la BBC et disait n’avoir jamais parlé de la disparition des portables. Selon le journal Evening Standard, la piste n° 1 d’un cambriolage qui aurait mal tourné est bel et bien privilégiée. Elle expliquerait les tortures qu’auraient subies les deux malheureux.
Le ou les agresseurs voulaient connaître leurs codes bancaires pour aller rapidement retirer de l’argent liquide et s’acheter de la drogue, ce qui expliquerait la sauvagerie des blessures infligées aux deux malheureux. La police a reçu des centaines de réponses depuis son appel à témoins, dont 25 témoignages qualifiés d’intéressants. Elle espérait hier pouvoir diffuser bientôt un appel des familles de Laurent et de Gabriel pour tenir en éveil l’intérêt du public, qui est toujours le meilleur allié de la police lorsqu’il s’agit de retrouver les auteurs de meurtres « sans mobile apparent ». Si le vol est bien le mobile de ce double meurtre, une rapide arrestation est plus que probable. D’après les statistiques, les auteurs de plus de 90 % des homicides commis dans le grand Londres sont arrêtés par Scotland Yard.
Edition France Soir du samedi 5 juillet 2008 n°19841 page 10




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