
Disparition - Richard Roman s’est suicidé
Isabelle Horlans, le vendredi 11 juillet 2008 à 04:00
Là-bas, Céline Jourdan, 7 ans, avait été violée, torturée, tuée à coups de pierre le 27 juillet 1988. Non loin, à flanc de montagne, vivait « l’Indien », ainsi surnommé à cause de ses longs cheveux, de ses pieds toujours nus, de son corps hâlé sous un pagne. Ingénieur agronome, Roman et ses chèvres étaient la curiosité du coin. Son copain s’appelait Didier Gentil, dit « le Tatoué », pauvre hère mal dégrossi par la Ddass, qui l’avait élevé. Il avait été arrêté, et « l’Indien » balancé.
La Motte-du-Caire tenait ses coupables. « A mort ! » hurlait la foule le 16 juin 1989, lors de la reconstitution. La presse, descendue en masse, avait vu l’avocat Henri Leclerc tenter de sauver un pan de sa chemise arrachée. Roman avait reconnu le crime avant de se rétracter, mais il restait coupable aux yeux de l’opinion tant il avait fourni de détails.
Le procès, en décembre 1992, marqua les esprits : on vit l’accusation perdre sa conviction, « le Tatoué » implorer le pardon de l’ami qu’il avait accusé. Il y eut les cris de la famille Jourdan, le « parle, salopard ! » du grand-père effondré, la salle évacuée, la condamnation de Gentil, et l’acquittement de Roman. Pour autant, jamais les soupçons ne se dissipèrent vraiment. Roman erra d’un hôpital psychiatrique à l’autre, échoua près d’Annecy, pour se rapprocher de sa mère.
Le 23 juin, vingt ans après l’horreur dont on l’avait accusé, d’une barbarie que peu de criminels ont égalée, il s’est supprimé avec des produits stupéfiants et des médicaments.
Edition France Soir du vendredi 11 juillet 2008 n°19845 page 8




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