
Saga - J.-M. Agnelet condamné
Guilhem Battut, le jeudi 16 octobre 2008 à 04:00
La dernière page du roman tragique d’Agnès Le Roux, jeune et riche héritière du plus beau casino niçois, évaporée le 27 octobre 1977 à 29 ans au volant de sa Range Rover blanche, vient d’être tournée : hier, Jean-Maurice Agnelet a définitivement été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de la jeune femme. En début d’après-midi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par l’ancien avocat contre le verdict de la cour d’assises d’appel des Bouches-du-Rhône qui, en octobre 2007, l’avait condamné. En première instance pourtant, fin 2006, les assises des Alpes-Maritimes, tout en réaffirmant qu’Agnès Le Roux avait bien été assassinée, avaient blanchi l’accusé. Comme vingt et un ans plus tôt, lorsque Agnelet avait obtenu un non-lieu en l'absence d’éléments à charge solides recueillis à l’instruction.
Ce n'était pas faute d’avoir essayé : après la disparition de la jeune femme, les enquêteurs s’étaient en effet intéressés à l’avocat. Avec le mobile de l’argent, il faisait un suspect alléchant, à défaut de cadavre à examiner. Dans un contexte de concurrence féroce entre casinos de la Côte d’Azur, Jean-Maurice Agnelet, avocat en délicatesse avec la gérante du Palais de la Méditerranée, Renée Le Roux, avait (selon l’accusation) réussi à persuader la fille de celle-ci, Agnès, de vendre ses parts à l’homme fort d’un casino rival, Jean-Dominique Fratoni. Le prix : 3 millions de francs. Lors d’une assemblée générale, la mère s’était ainsi vue mise en minorité. L’argent avait transité sur un compte joint des deux amants ouvert en Suisse, avant d’émigrer en quelques mois sur celui d’Agnelet seul. Et puis, à la Toussaint, Agnès Le Roux avait disparu… Un coup de théâtre avait reconduit Agnelet devant un juge d’instruction : en 1999, Françoise, une autre ancienne maîtresse de l’avocat à l’époque des faits, devenue sa femme plus tard, reconnaissait lui avoir fourni un faux alibi concernant son emploi du temps en 1977. C’est lui qui le lui avait demandé. Ce revirement avait valu à l’accusé d’être renvoyé devant les assises pour assassinat, avant son acquittement de 2006 puis sa condamnation en appel l’année suivante. Hier, l’avocat d’Agnelet a assuré qu’il allait saisir la Cour européenne des droits de l’homme.
Edition France Soir du jeudi 16 octobre 2008 n°19929 page 13




Cliquez pour agrandir












aucun commentaire
Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.