
Pédophilie - Le mari voulait une enfant pour assouvir ses fantasmes
Pierre-Antoine Souchard, le lundi 9 novembre 2009 à 04:00
« Chérie, j’ai fait une connerie, j’ai enlevé une petite. » C’est ce qu’aurait murmuré Dominique Guillouche à sa femme en sortant, d’un sac de sport, une fillette de six ans et demi qu’il avait enlevée, dimanche 20 novembre 2005, sur le parking de l’école primaire de Jallais (Maine-et-Loire) où elle jouait avec sa sœur. Celle-ci avait eu plus de chance : elle avait réussi à se dégager des bras de leur ravisseur. En s’enfuyant, elle l’avait aperçu jeter sa cadette sur la banquette arrière de son véhicule et l’envelopper d’une couverture avant de prendre la fuite. En dépit d’importants moyens humains puis de la mise en place du dispositif Alerte enlèvement, les gendarmes n’étaient pas, à l’époque, parvenus à retrouver le kidnappeur. A son domicile, Dominique Guillouche dépose le sac dans sa chambre et exhibe son trophée à sa femme Alfreda. En guise d’explication à sa fille, à peine plus âgée que sa proie, il va raconter qu’il a recueilli une enfant perdue. Le calvaire d’A. va durer plus de 24 heures.
Vingt-quatre longues heures pendant lesquelles Dominique Guillouche lui inflige agressions sexuelles et viols (pénétrations digitales) tandis qu’Alfreda la maintient dans ses bras, soucieuse d’éviter que ses pleurs ne réveillent les enfants du couple ! Le lundi 21 novembre au soir, A. est abandonnée à Cholet (Maine-et-Loire), à quelque 20 km du village de Villedieu-la-Blouère où elle était retenue. Le mardi, les enquêteurs recevront un appel d’Alfreda pour leur annoncer que son mari veut se constituer prisonnier.
Des enquêteurs médusés
Lors de sa garde à vue, Dominique Guillouche, aujourd’hui âgé de 40 ans, va reconnaître les faits. Il évoque son envie « d’avoir une petite fille à la maison qui serait un jouet » afin de compenser les problèmes relationnels et sexuels rencontrés avec son épouse. Face aux enquêteurs médusés, cet homme, qui n’a presque jamais travaillé de sa vie, déroule la longue liste de ses crimes : agressions sexuelles sur des enfants de son entourage, tentatives d’enlèvements… Les huit mois précédant son arrestation, il effectue de nombreux repérages dans les communes avoisinantes, principalement aux abords des écoles et des stades, parcourant près de 24.000 km. Dès qu’il pouvait mettre de l’essence dans sa voiture, le couple roulait à la recherche d’une victime. Alfreda a aidé son mari lors de plusieurs tentatives d’enlèvement. « Les faits sont dramatiques et graves, mais Dominique Guillouche est rongé par le remords et se présente dans un état d’esprit de vérité à l’égard des familles », explique aujourd’hui son avocate, Me Elisabeth Gohier-Houdu.Un adulte handicapé
Le couple, aujourd’hui divorcé, est incarcéré depuis le 25 novembre 2005. Dominique Guillouche et Alfreda Deneux risquent jusqu’à trente ans de réclusion criminelle. Le premier avait la garde de sa fille d’un premier lit tandis que la seconde s’était vue retirer celle de ses deux premiers enfants. Ensemble, ils ont eu une fille. Guillouche, qui vivait de son allocation d’adulte handicapé, possède un niveau intellectuel « modeste de type limite ». Ils ont diagnostiqué chez son ex-épouse « une importante déficience mentale pouvant être qualifiée de débilité mentale ».
Deux autres personnes comparaîtront libres pour non-dénonciation de crime. « Mes clients attendent ce procès depuis quatre ans. La pression est montée ces derniers jours, mais ils ne craignent pas la justice. Ils espèrent la peine la plus lourde possible », souligne Me Louis-Georges Barret, l’avocat des parents de la jeune victime séquestrée et violée. Sur les 19 victimes, 18 seront représentées lors de ce procès qui doit durer cinq semaines.




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