Faits Divers

Toni Musulin - Les employés de Loomis partagés entre soulagement et inquiétude

Nathalie Mazier, le mardi 10 novembre 2009 à 11:07

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Les salariés de la société de transport de fonds Loomis de Lyon ont appris avec surprise la découverte d’une partie du magot dérobé jeudi par leur ancien collègue Toni Musulin.

Pour ses collègues, Toni Musulin était déjà parti à l’étranger et les enquêteurs bien loin de le retrouver. Le dernier rebondissement de l’affaire, hier, a anéanti leur scénario. L’annonce de la découverte d’une bonne partie du magot volé a semé le doute rue Massimi à Lyon (7e), dans les locaux de Loomis.

« Je suis stupéfait. Nous pensions que l’enquête prendrait plus de temps », confie à France-Soir, Kader Bengueche, délégué syndical CGT de la société. Et d’ajouter, un brin inquiet : « Ça paraît trop facile. Toni Musulin n’est pas bête, s’il avait préparé son coup, il l’aurait bien fait… Il a peut-être été pris en otage par une mafia, il est peut-être mort quelque part… »

Même sentiment d’incertitude chez un autre salarié : « C’est bizarre… On ne pensait plus entendre parler de l’argent… Maintenant on ne sait plus trop quoi penser. » Mais cette nouvelle inattendue rassure aussi. « Cette perte d’argent aurait pu entraîner des licenciements. Cette trouvaille permet de sauver des emplois », indique Patrice Jullien, élu CGT.

Discret depuis le début de l’affaire, Christian Lerognon, le président de Loomis Holding a « vivement » remercié les personnels de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon dans un communiqué.

« Nous assumons l’intégralité de la situation même si elle est l’œuvre d’un homme déterminé », indique le texte. Le président a également tenu à « renouveler » toute sa « confiance » à son personnel. Outre le sort de Toni Musulin, les inquiétudes se polarisent autour de l’avenir des trois employés ayant enfreint les règles de procédure.

Didier M., Philippe F., et Gilbert R. ont été mis à pied de manière conservatoire jusqu’au 18 novembre. Les deux premiers, 29 et 47 ans, étaient présents au côté de Toni Musulin lors de cette tournée à la Banque de France.

Hier après-midi encore, l’un d’entre eux a de nouveau été entendu par la police. « Ils vivent très mal cette situation. Ils ne peuvent s’empêcher de ressasser le fil des événements et de s’interroger sur ce qui serait arrivé s’ils avaient respecté les règles de procédure… », confie Kader Bengueche.

Edition France Soir du mardi 10 novembre 2009 page 10

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