Treiber, un “psychopate pervers, manipulateur”, selon son ex-épouse
Jean-Pierre Treiber, unique suspect des meurtres de Géraldine Giraud et Katia Lherbier, doit comparaître en avril prochain devant la cour d’assises de l’Yonne.

« L’homme des bois » a préparé sa « belle » avec plus d’astuce qu’on lui prêtait jusqu’alors. Durant les quatre années qu’aura duré l’instruction de l’affaire Giraud-Lherbier, Jean-Pierre Treiber était en effet dépeint comme « un être frustre », plus proche de la nature que des hommes. Un quadragénaire vivant de petits boulots : tantôt ouvrier agricole, tantôt employé dans le bâtiment ou encore garde-forestier. Il avait notamment travaillé dans la propriété de résidents suisses en Seine-et-Marne, au lieu-dit du Saveteux. « Discret, renfermé, impulsif », rapportaient ceux qui ont côtoyé Treiber, avant qu’il ne soit incarcéré en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Auxerre (Yonne). « Un être malfaisant, psychopathe, pervers, manipulateur », affirme aujourd’hui Marie-Pascale, son ex-femme, dans un entretien accordé au journal L’Yonne républicaine. « Il a montré qu’il est loin d’être l’imbécile pour lequel il voulait se faire passer », a-t-elle encore assuré.

Il a toujours nié les deux crimes

Pourtant, au lendemain de l’arrestation de Jean-Pierre Treiber, le 23 novembre 2004, Marie-Pascale défendait le père de sa fille. Certes, son mari s’était fourvoyé avec un certain François, un escroc à la petite semaine qui aurait entraîné le garde-forestier dans des affaires louches, mais de là à avoir une part active dans la disparition des deux femmes… Certes, Treiber venait d’être interpellé alors qu’il se trouvait en possession des cartes de crédits de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier mais il affirmait qu’elles les lui avaient remis librement. Seize jours plus tard, le 9 décembre 2004, le trousseau de clés de la comédienne était découvert dans le jardin de Jean-Pierre Treiber, à Villeneuve-sur-Yonne. Et, dans la soirée, les enquêteurs repéraient à proximité les corps calcinés des deux femmes, recroquevillés au fond d’un puits.

Depuis quatre ans et malgré les lourdes charges qui pèsent sur lui, Treiber nie fermement avoir assassiné Géraldine et Katia. Les enquêteurs se sont longuement interrogés sur la participation éventuelle d’un ou plusieurs complices. En vain, Treiber doit aujourd’hui répondre seul des crimes. « Il est sorti pour régler des comptes. Il en est capable […] C’est quelqu’un qui a beaucoup de charisme, il connaissait du monde et il a su se faire des relations en prison, des voyous. Mais, ça, je n’aurais jamais imaginé », a assuré Marie-Pascale à notre confrère icaunais avant de souffler « avoir peur » pour elle-même.

 

Jean-Pierre Treiber / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

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