
Foot - A Bordeaux, le physique ne suit plus
Maxime Mianat, Propos recueillis par Emmanuel Sarah, le samedi 21 novembre 2009 à 04:00
Laurent Blanc n’ignorait pas que le calendrier allait se révéler impitoyable avec les organismes de ses joueurs. Pour enchaîner au mieux la Ligue des champions et le Championnat, il avait étoffé son groupe cet été en recrutant le Tchèque Plasil, devenu titulaire à la place du Brésilien Fernando, et conservé certains jeunes (le milieu de terrain Troaré notamment, que des formations inférieures désiraient se faire prêter).
Malgré ces précautions, son équipe n’arrive plus à suivre la cadence, usée par le rythme réclamé par la Ligue 1, compétition où le physique prime davantage que la technique. Symboles de cette fatigue générale : Yoann Gourcuff et Alou Diarra. Les deux internationaux de l’équipe de France ont été dépassés par l’engagement des Irlandais, samedi et mercredi dernier.
Le premier a besoin d’être au top de sa forme pour exploiter sa formidable qualité technique et souffre aujourd’hui d’une blessure aux adducteurs.
Le second, milieu défensif, a joué toute la rencontre au Stade de France. Ils seront tous les deux absents du onze titulaire de Bordeaux pour la réception de Valenciennes, ce soir. Un match où la victoire sera indispensable pour effacer le revers subi à Lille (0-2), « où il n’y avait rien, où les piles étaient vraiment très déchargées », selon Blanc.
Alou Diarra, le plus convoqué
L’entraîneur bordelais a privilégié durant la trêve internationale la « régénération » et tenté de retrouver un peu de condition physique lors du match amical facilement remporté (5-0) contre des Nantais il est vrai particulièrement déprimants.
Cette « piqûre de rappel physique » doit permettre au champion de France de retrouver du rythme. « On va en avoir besoin en décembre quand on va enchaîner les matches tous les trois jours », souligne Blanc, qui aura besoin d’Alou Diarra et de Yoann Gourcuff pour les prochaines échéances prioritaires du club (la Juventus le 24 novembre, le PSG le 5 décembre et Lyon le 13).
Le milieu défensif est le joueur de l’effectif qui a passé le plus grand nombre de minutes (1.045) sur le terrain depuis le début de la saison, juste devant Cédric Carrasso (990) et Marouane Chamakh (924). Yoann Gourcuff s’est contenté de 802 minutes, mais son gabarit plus léger et son poste, meneur de jeu, l’exposent aux fautes adverses.
Cette journée de repos ne sera pas de trop pour l’ancien Milanais, qui a encore besoin de se renforcer sur le plan musculaire pour prendre une dimension supplémentaire, aussi bien avec son club que chez les Bleus.
Plasil : “Nous relancer contre Valenciennes”
Le milieu de terrain des Girondins espère que la réception des joueurs de Philippe Montanier sera l’occasion pour le leader de la Ligue 1 de renouer avec la victoire. Pour préparer au mieux le choc contre la Juventus en Ligue des champions.
FRANCE-SOIR. Comment expliquez-vous la différence entre le Bordeaux dominateur sur sa pelouse et le Bordeaux en difficulté loin de ses bases après trois échecs successifs à l’extérieur ?
JAROSLAV PLASIL. Je ne sais pas s’il s’agit d’un double visage. Ce que nous constatons, c’est que nous avons du mal après nos matches en Ligue des champions. J’ai déjà connu cela quand je jouais à Monaco. C’est peut-être un problème à la fois physique et psychologique. Ce qui est sûr, c’est que nous avons perdu trois rencontres d’affilée à l’extérieur (NDLR : Saint-Etienne, Auxerre et Lillle) et c’est très ennuyeux, même si Bordeaux est toujours leader du Championnat. On sait qu’il faut prendre des points à l’extérieur pour être champion de France, tout en gagnant nos matches à domicile.
Quel sera le visage de Bordeaux à l’occasion de la réception de Valenciennes, qui pratique un football offensif ?
Valenciennes est une équipe qui a pris un bon départ et qui cause la surprise depuis le début de la saison, tout comme Montpellier. C’est un adversaire qui est bien en ce moment, mais cela ne change rien pour nous. Nous devons absolument prendre trois points pour nous relancer et bien préparer notre match de Ligue des champions contre la Juventus. Mais attention, car il faut d’abord se concentrer sur Valenciennes.
Comment s’annonce le match retour contre la Juventus ?
Il est important de terminer de la plus belle manière cette première phase de Ligue des champions et nous en avons l’occasion devant notre public contre la Juventus. A l’aller, le match nul a démontré que nous avions bien étudié le jeu de notre adversaire. Mais, cette fois, la Juventus a récupéré des joueurs qui étaient absents contre nous et ce sera un autre match. Il y aura Diego, mais aussi les défenseurs Chiellini et Grygera, peut-être Trezeguet. Ce ne sera pas la même équipe. C’est à nous de relever le défi et de jouer notre chance à fond.
Vous sentez-vous à l’aise à Bordeaux avec un entraîneur qui tenait absolument à vous recruter à l’intersaison ?
C’est toujours important pour un joueur d’être dans cette situation. Mais ce n’est pas parce qu’un entraîneur veut un joueur qu’il va forcément jouer. Il y a beaucoup de joueurs de qualité à Bordeaux et il faut être bon aux entraînements comme en match. L’essentiel est de se mettre au service du collectif.
Que retenez-vous de vos deux saisons passées en Liga avec Osasuna ?
On s’adapte toujours et cela a été une bonne expérience pour moi. Mais tout est différent quand on joue, comme c’était le cas avec Osasuna, dans une équipe qui luttait pour prendre des points à chaque match dans l’optique du maintien et quand on évolue à Bordeaux qui est en tête du Championnat. Laurent Blanc veut que l’on joue au ballon. A Osasuna, on courait beaucoup après le ballon. A Bordeaux, on essaie de faire courir le ballon pour fatiguer l’adversaire. C’est ce que réussit le Barça. J’ai joué et j’ai souffert contre cette équipe avec Osasuna !
Peut-on établir un parallèle entre le jeu pratiqué par les Girondins et celui de Barcelone ?
Il y a des similitudes, avec la possession de balle et la volonté de passer par les côtés pour essayer de marquer, sans oublier le souci de ne jamais se mettre dans une position qui va permettre à l’adversaire de vous contrer.
Que pensez-vous de vos prestations depuis le début de la saison ?
Je suis content d’avoir du temps de jeu, mais maintenant j’aimerais être plus décisif au plan des buts et des passes. Ce n’est pas une obsession, mais je pense que je peux apporter davantage à l’équipe.
Jean-Alain Boumsong (évoquant son retour en défense à l’OL)
« Je viens de disputer deux matches en CFA et je suis prêt à reprendre en Ligue 1. Je suis rassuré sur l’état de mon adducteur. Cela fait trois mois que je n’ai pas joué et cela faisait dix ans que je n’avais pas évolué en CFA. J’ai essayé de faire les choses assez simplement, de retrouver les fondamentaux. C’est la première fois de ma carrière que je suis arrêté aussi longtemps. Cela avait commencé déjà en juillet et j’ai eu deux rechutes. Je suis attendu. Cela ne me dérange pas et j’ai très envie de jouer. Pourquoi notre équipe prend-elle autant de buts ? C’est un problème de concentration. Nous avons concédé des buts, mais nous en avons aussi marqué. Lorsque l’on attaque, on est toujours un peu plus vulnérable. C’est toujours le paradoxe des formations offensives. Nous prenons aussi beaucoup de buts sur coup franc. C’est un problème de marquage individuel, mais également d’entraide. D’un point de vue général, j’ai aimé l’homogénéité de l’équipe. Même avec des blessés, nous conservons notre niveau et c’est prometteur. Il faut encore plus prendre confiance et rester solides, même dans les mauvais jours. »
Edition France Soir du samedi 21 novembre 2009 page 16




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