
France-Eire - Le match ne sera pas rejoué
Syanie Dalmat, le samedi 21 novembre 2009 à 04:00
La Fédération internationale de football (Fifa) a tranché : il n’y aura pas de troisième rencontre entre l’équipe de France et celle de l’Eire, conformément au règlement. Thierry Henry, lui, s’est fendu d’un communiqué où il estime qu’il faudrait rejouer le match.
La demande était sans espoir. Après la main de Thierry Henry qui a permis l’égalisation de la France mercredi soir lors de la prolongation, puis sa qualification pour la Coupe du monde, la Fédération irlandaise, soutenue par le Premier ministre de l’Eire, avait demandé que la rencontre soit rejouée. Ce fut finalement peine perdue et, comme le pressentait Giovanni Trapattoni, le sélectionneur des Verts, après la rencontre, il est « impossible de rejouer le match ». La Fifa a tranché hier et a précisé que le résultat (0-1, 1-1 a.p.) est également entériné. Les Bleus iront donc à la Coupe du monde, même si d’aucuns pensent que c’est immérité, et les Verts, eux, la regarderont sur leurs téléviseurs. « Les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont sans appel. L’arbitre ne peut revenir sur une décision que sous réserve que le jeu n’ait pas repris ou que le match ne soit pas terminé », précise l’instance internationale dans ses Lois du jeu. Ainsi, dans la loi 5, on peut lire que « les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont sans appel, y compris la validation d’un but et le résultat du match ».
« La solution la plus équitable »
Cette décision a, bien évidemment satisfait la Fédération française de football, qui a pris acte mais n’a pas souhaité faire de commentaire. La surprise est venue du principal accusé, Thierry Henry, qui s’est fendu hier après-midi d’un communiqué, en anglais, dans lequel il estime que « la solution la plus équitable serait, bien sûr, de rejouer le match ». « Je suis naturellement gêné de la manière dont nous avons gagné et je suis extrêmement désolé pour les Irlandais qui méritent vraiment d’être en Afrique du Sud », a ajouté le capitaine des Bleus, avant de se défendre d’être un tricheur.Trapattoni : « Un meurtre »
Chez les Irlandais, la pilule ne passe décidément pas, comme en témoignent les propos de Giovanni Trapattoni. « Et maintenant il y a cette double faute de main d’Henry sur le but de Gallas. Pour couronner le tout, Squillaci était hors jeu. C’est un meurtre », s’est emporté le technicien italien dans le quotidien sportif La Gazzetta dello Sport. « Je voudrais savoir ce que j’ai fait de mal à Blatter (NDLR : Sepp Blatter, le président de la Fifa). Si quelqu’un pouvait me l’expliquer, je pourrais me calmer », a-t-il ajouté, avant de lancer une pique à l’instance internationale. « Souvent dans les écoles, j’entends parler de fair-play. Peut-être suis-je un rêveur. La Fifa a violé les règles en instaurant les têtes de série dans les barrages », a assuré le « Trap ». La Fifa pouvait-elle vraiment se permettre de faire rejouer ce match sans créer une jurisprudence impossible à gérer par la suite ? Rien n’est moins sûr.Main d’Henry : les politiques s’en mêlent
François Fillon, le Premier ministre, a estimé que ce n’était « ni au gouvernement français ni au gouvernement irlandais de s’immiscer » dans les règles du football, pourtant certains de ses ministres s’y sont risqués comme Christine Lagarde, la ministre de l’Economie. « Je suis évidemment très contente que l’équipe (NDLR : de France) soit dans la Coupe du monde, mais je trouve cela très triste de s’être qualifié sur cette tricherie, a-t-elle déclaré sur les ondes de RTL. « Je trouve que la Fifa ferait bien de regarder les règles en vigueur, parce que je trouve que ce serait bien de pouvoir, dans de telles circonstances, décider peut-être de faire rejouer un match », a-t-elle ajouté.Henry : “Une réaction instinctive”
Pour éteindre quelque peu l’incendie qu’a allumé sa main mercredi soir au Stade de France, Thierry Henry s’est excusé et a expliqué que son geste découlait d’une « réaction instinctive ». « Un footballeur n’a pas le luxe qu’offre la télévision de ralentir la balle 100 fois pour prendre une décision en conscience. Les gens voient un ralenti sur ce qu’il s’est passé, ils ne vivent pas ce que moi comme les autres footballeurs vivons », a-t-il assuré.Roy Keane attaque l’Eire
Alors que toute la République d’Irlande crie au vol, Roy Keane, l’ancien milieu de terrain de l’Eire, a pris le contre-pied de ses compatriotes en regrettant les plaintes irlandaises après l’élimination. « L’Irlande a eu ses occasions dans les deux matches et ne les a jamais prises. Mais c’est la réaction habituelle de la FAI (la Fédération irlandaise) : “Nous avons été volés, nous avons été volés !” », a critiqué Keane lors d’une conférence de presse avant le match de son équipe d’Ipswich. « Je me souviens d’un match (de qualification) contre la Géorgie, quand l’Irlande a obtenu un penalty sur l’une des pires décisions qui ait jamais changé le cours d’un match. Je ne me souviens pas avoir entendu la FAI demander que le match soit rejoué », a ajouté Roy Keane.Edition France Soir du samedi 21 novembre 2009 page 18




Cliquez pour agrandir












aucun commentaire
Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.