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Languedoc-Roussillon - Un ver microscopique pour sauver les palmiers

Publié le 22 juillet 2010 à 04h30
Mis à jour le 21 juillet 2010 à 17h30

Menacés par un papillon venu d’Amérique du Sud, les palmiers du littoral méditerranéen pourraient bien survivre grâce à un autre prédateur.

Aujourd’hui, nombre de palmiers, Trachycarpus, Phoenix, et autres Washingtonia, font triste mine dans le sud de la France. Palmes rongées ou trouées, déformations, sciures, bref, autant de signes qui trahissent la présence du Paysandisia archon détecté ici dans les années 1990. Car c’est précisément dans ces arbres que l’insecte sud-américain vient pondre ses œufs, de mai à octobre. Après éclosion, les chenilles s’attaquent aux jeunes feuilles, puis colonisent le cœur du tronc et y creusent des galeries. Un an plus tard, la chenille donnera un papillon qui sortira du palmier, les femelles pondant à leur tour jusqu’à 140 ou 150 œufs chacune. En quelques années, l’action du Paysandisia archon s’est révélée catastrophique. En Languedoc-Roussillon par exemple, 80 % des Trachycarpus sont perdus.


Près de 100 % d’efficacité

Pour sauver l’arbre emblématique du sud de la France, des recherches se sont orientées vers le nématode. Il s’agit d’un ver microscopique qui va rentrer dans la larve du papillon et la faire mourir par septicémie. Dans un premier temps, le nématode a été testé sous serre. Résultat : près de 100 % d’efficacité. Par la suite, des expérimentations ont été menées pendant plusieurs mois sur la Côte d’Azur et dans l’Hérault. Selon les premiers éléments, « on a une stabilisation de l’état sanitaire des palmiers traités, voire une amélioration », assure Nicolas André, ingénieur agronome à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). « On passe de symptômes graves à des symptômes légers, et la vigueur reprend », se félicite-t-il. Cerise sur le gâteau, le petit ver, affirme encore l’expert, « a aussi des effets sur le charançon rouge », un coléoptère originaire d’Asie du Sud-Est tout aussi dévastateur. Reste que le minuscule cannibale n’est pas un agent « miracle ». Ne survivant pas à la mort des larves de papillon, sa durée de vie est en effet limitée. Un problème « inhérent à la protection phytosanitaire », relativise Nicolas André, qui précise qu’« il n’y aura pas de solution unique » pour éradiquer l’insecte ravageur également sensible à un champignon.

Par R. B.
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