Le traitement bi-thérapie du Pr Raoult empêche les bactéries de s'organiser

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Le traitement bi-thérapie du Pr Raoult empêche les bactéries de s'organiser

Publié le 08/06/2020 à 13:03 - Mise à jour à 17:54
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Auteur(s): Dimitri Jacques pour FranceSoir

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Les co-infections bactériennes du COVID, présentes dans la plupart des complications, sont soit des parasites intracellulaires, soit des bactéries à biofilms. La cible de prédilection de la bithérapie hydroxychloroquine + azithromycine, ce qui explique peut-être son efficacité.

Ce n’est pas parce qu’une molécule est ancienne qu’on ne lui trouve pas de nouvelles applications. Ou de nouvelles explications.

L’étude du comportement des bactéries dans le COVID a montré qu’elles pouvaient créer des niches au sein même des tissus pulmonaires et vasculaires, exacerber les phénomènes inflammatoires et entraîner des détresses cardio-respiratoires.  C’est par exemple le cas des bactéries prevotella qui, malgré la polémique quant à la nature exacte de leur implication, n’en sont pas moins impliquées. La dimension bactérienne des infections virales, bien que documentées, mériteraient des investigations beaucoup plus généreuses tant elles montrent l’importance de nos microbiotes dans la genèse des maladies.

Une fois que des bactéries opportunistes se considèrent en terrain conquis, elles s’organisent en biofilm, c’est-à-dire en communauté dense, reliée par une matrice de polysaccharides, un peu comme une gigantesque mêlée de rugby. Ces communautés sont généralement constituées de plusieurs espèces, parfois très différentes mais qui trouvent un intérêt commun.

A ce stade, les bactéries deviennent inaccessibles au système immunitaire de même qu’aux antibiotiques classiques.

Des bactéries intracellulaires peuvent tout à fait participer à des biofilms, même si les mécanismes exacts nous échappent encore. Elles ont une façon bien particulière de se regrouper en cocon à l’intérieur des cellules tout en communiquant avec l’extérieur.(1) La recherche a même montré que certains virus participent activement à la formation des biofilms bactériens.(2) C’est une hypothèse, le coronavirus pourrait de cette manière activer le système immunitaire, causant aux tissus les dommages qui conduisent à la maladie.(3) Il est possible que le virus actif se cache dans le biofilm, ce qui pourrait expliquer qu’un même malade puisse être tantôt négatif, tantôt positif aux tests.

Ce n’est pas forcément un problème de fiabilité des tests.

 

Brouiller la communication des bactéries

Mais qu’est-ce qui déclenche la formation du biofilm ? Les bactéries ne s’organisent sous cette forme qu’à partir d’un certain nombre. Comment les bactéries font-elles pour se compter ? Elles communiquent via des signaux permettant l’expression coordonnée de certains gènes, ce qu’on appelle le quorum sensing. Dès que le nombre de bactéries est suffisant, la concentration de molécules messagères atteint un seuil critique et se fixent sur des récepteurs de la bactérie, ce qui déclenche un comportement collectif synchronisé.

Dans toute guerre, la communication est décisive et celui qui parvient à empêcher son adversaire de communiquer peut le mettre à terre. Certains médicaments sont efficaces contre les maladies infectieuses parce qu’ils brouillent les communications des bactéries. Ils bloquent le quorum sensing, empêchant les bactéries de se regrouper en biofilm. Dans ces conditions, les bactéries se retrouvent aussi exposées plus longtemps au système immunitaire. Il existe déjà des approches pour lutter contre les biofilms et qui repose sur l’inhibition du quorum sensing.(4)

L’azithromycine possède aussi une activité anti-quorum sensing in vitro et in vivo. Elle permet une amélioration de la fonction respiratoire et une réduction du nombre d’exacerbations chez les patients atteints de mucoviscidose.(5) D’autres substances thérapeutiques, y compris naturelles, ont montré des activités anti-quorum sensing dans les surinfections pulmonaires de la grippe.(6) Parmi les co-infections recensées dans le COVID, Pseudomonas aeruginosa, une bactérie antibiorésistante également appelée bacille pyocyanique et déjà connue pour être impliquée dans des infections cardio-respiratoires.(7) P. aeruginosa produit du 2-amino-acétophénone qui stimule le recrutement d’autres bactéries pour former des biofilms.(8)

L’azithromycine empêche cela en bloquant le quorum sensing.(9)

 

La légionellose co-impliquée dans certains cas graves ?

D’autres maladies, à la symptomatologie très proche, peuvent être confondues avec le COVID, voire se superposer à lui. C’est le cas de la légionellose, dont les similarités avec le COVID interrogent : les symptômes initiaux, les causes de décès, les groupes d’âge et de sexe ainsi que les facteurs de risques sont les mêmes. Détail troublant, la carte géographique de la légionellose, bien moins rare qu’on ne pourrait le penser, se superpose avec celle des régions les plus touchées par le COVID-19. Selon Santé publique France, l’Est de l’hexagone est la région la plus touchée pour les deux maladies.

Etant donné la mortalité élevée et rapide d’une légionellose incorrectement prise en charge, l’auteur d’une publication(10) se demande si certains cas de COVID parmi les plus graves ne sont pas des légionelloses. Il soulève par ailleurs l’hypothèse que le SARS-COV-2 pourrait aider Legionella pneumophilia à outrepasser les défenses immunitaires. Infectant des macrophages, Legionella pneumophilia est capable de se comporter comme un cheval de Troie dans les poumons.

Mais il a besoin de fer pour cela. L’hydroxychloroquine, en limitant la disponibilité du fer, empêche la multiplication intracellulaire de Legionella pneumophila.(11)

 

Les mycoplasmes, minuscules bactéries insidieuses

Plusieurs espèces de mycoplasmes semblent intervenir dans le COVID-19. Les mycoplasmes sont statistiquement associées avec aussi bien la sévérité que la chronicité de certaines maladies. Ils sont souvent trouvés dans un certain nombre de pneumonies associées à la grippe. Comme ce qui est observé dans le COVID, les infections courantes associées à Mycoplasma pneumoniae sont thrombocytopénie, agrégation plaquettaire généralisée, anémie hémolytique. De la même manière que les coronavirus, les mycoplasmes peuvent provoquer des troubles cardiorespiratoires augmentant la mortalité. En particulier, la toxine CARDS est capable d’induire une hyper-inflammation avec surproduction d’interleukine-6 et de TNFα, exactement comme ce qui est observé dans la tempête de cytokines du COVID-19. Des atteintes à l’intégrité de l’épithélium pulmonaire ainsi que des cas de thromboses ont été rapportés. Des cytokines que l’hydroxychloroquine est capable de bloquer.(12)

Le faible pourcentage de patients COVID positifs à M. pneumoniae peut s’expliquer par le manque de sensibilité des tests. En effet, ce sont des bactéries minuscules dépourvues de membrane, assez difficiles à détecter. Pourtant, la réponse de certains patients aux antibiotiques et traitements antipaludéens pourrait dépendre de la suppression de certains espèces de mycoplasmes et d’autres coinfections bactériennes. Les antibiotiques tels que la pénicilline, qui agissent sur les membranes, sont inefficaces contre les mycoplasmes. Ils sont souvent combattus avec des molécules ciblant leur métabolisme ou leurs mécanismes de réplication.

Ces médicaments sont donc essentiellement bactériostatiques, comme l’azithromycine ou la doxycycline.

 

Symptômes : ça s’en va et ça revient

Sud-Ouest titrait récemment « Du jamais vu : chez certains malades du Covid-19, des symptômes réapparaissent après plusieurs semaines. » En particulier, la fatigue et des douleurs. La formule peut surprendre tant c’est un phénomène courant et tout à fait explicable, lorsque des parasites intracellulaires et des communautés multi-microbiennes sont de la partie.(13) Un exemple connu est la borréliose de Lyme, transmise par la piqûre de tique. La principale bactérie incriminée est borrelia burgdorferi, capable de s’encapsuler pour échapper au système immunitaire. L’hydroxychloroquine agit contre les formes kystiques de cette bactérie.(14) Les co-infections sont nombreuses, des micro-organismes intracellulaires pour la plupart, et les rechutes sont fréquentes lorsque le traitement adéquat n’est pas intervenu à temps. D’ailleurs, les borrélioses non traitées peuvent créer une confusion préjudiciable en cas de suspicion de COVID.(15)

Le Professeur Christian Perronne, spécialiste de la maladie de Lyme et qui s’est beaucoup exprimé pendant la pandémie de COVID-19, affirme dans ses travaux que l’hydroxychloroquine est capable d'augmenter l'activité bactéricide des antibiotiques à l’intérieur des leucocytes.(16) La babésiose, version humaine de la piroplasmose et cousine du paludisme, co-infection fréquente de Lyme, est connue pour causer une anémie hémolytique par destruction des globules rouges. Nous avons vu précédemment la dimension « maladie du sang » du COVID. Dans la littérature, la bi-thérapie utilisée par le Pr Raoult est fréquemment citée contre babesia. Elle favorise l’action des antibiotiques, entre autres en modifiant le pH intracellulaire, agit sur les biofilms complexes et contre de nombreuses co-infections.

 

La bithérapie sur tous les fronts

Dans une étude chinoise(17), des malades du COVID recevant l’hydroxychloroquine ont montré une diminution de l’exacerbation des pneumonies et l’imagerie des poumons était meilleure. Au niveau des membranes cellulaires, l’hydroxychloroquine agit sur le métabolisme des phospholipides et sur les niveaux de zinc pour modifier l’entrée des virus et des parasites. De plus, elle bloque certains canaux utilisés par les cytokines pro-inflammatoires.

Il y a plus largement un impact sur le microbiote. L’importance des milliards de bactéries que nous hébergeons sur l’équilibre de notre système immunitaire est de plus en plus documentée. L’hydroxychloroquine modifie les proportions de certaines classes bactériennes, avec notamment une augmentation significative de l’abondance d’Akkermansia et de Parabacteroides, ainsi qu’une diminution des Clostridium.(18)

Même l’azithromycine, pourtant bactériostatique, montre une activité antivirale, notamment dans les affections pulmonaires. La littérature scientifique montre que l’association hydroxychloroquine + azithromycine apparait significativement meilleure qu’un usage séparé de l’un ou l’autre, notamment dans des zoonoses persistantes et des endocardites infectieuses. Dans l’ensemble, ces deux molécules sont actives sur les parasites intracellulaires.

La chloroquine et la controverse qui l’accompagne ne datent pas d’hier. Sous le règne de Louis XIV déjà, il y eu d’importantes passes d’armes entre les experts d’alors. L’écorce de quinquina, d’où sera extraite plus tard la quinine, fut administrée au souverain pour traiter des fièvres récurrentes. Dans une lettre datée du 25 septembre 1687, Madame de Sévigné écrit que « le quinquina a fait auprès du roi ses miracles ordinaires ». Pendant qu’à la cour, le débat faisait rage sur la forme idéale à prescrire et la paternité de la découverte, le peuple tardait à avoir accès au remède, même si au final sa renommée fut mondiale.

Est-ce si différent aujourd’hui ? Après tout, nous sommes au pays du Roi-Soleil.

 

Dimitri JACQUES est psychonutritionniste et journaliste scientifique. Élève du Pr Vincent Castronovo, il se passionne pour l'étude du microbiote et des relations entre esprit et biologie. Il est l'auteur du livre « De l'intestin aux maladies psy ».

L'auteur précise que ses travaux de recherches ont été faits à partir des documents ci-dessous et avec des échanges importants avec Bio Moon http://www.francesoir.fr/comment-le-sars-cov-2-orchestre-la-virulence-des-prevotella-spp

 

Références :

1- Cocons protecteurs au cœur des cellules, La Recherche, 367, septembre 2003, 15

2- https://www.sciencedaily.com/releases/2010/02/100205115946.htm

3- https://grfpublishers.com/article/view/MjI4/Examining-Covid-19-from-a-Novel-Perspective

4- https://research.pasteur.fr/wp-content/uploads/2015/05/research.pasteur.fr_genetics-of-biofilms2.pdf

5- https://aac.asm.org/content/51/10/3677

6- https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1043661820311907

7- https://academic.oup.com/cid/advance-article/doi/10.1093/cid/ciaa530/5828058

8- https://pubs.rsc.org/en/content/articlelanding/2012/ay/c2ay25652e/

9- https://aac.asm.org/content/45/6/1930

10- https://osf.io/4xach

11- https://www.jci.org/articles/view/115301

12- https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29981383

13- https://www.sudouest.fr/2020/05/22/du-jamais-vu-chez-certains-malades-du-covid-19-des-symptomes-reapparaissent-apres-plusieurs-semaines-7503969-10861.php

14- https://link.springer.com/article/10.1007/s10123-002-0055-2

15- https://www.lymedisease.org/lyme-mistaken-for-covid19/

16- http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2016/09/16.9.20-PERRONNE-site.pdf

17- https://www.jstage.jst.go.jp/article/bst/advpub/0/advpub_2020.01047/_pdf/-char/ja

18- https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6600633/

19- http://www.francesoir.fr/comment-le-sars-cov-2-orchestre-la-virulence-des-prevotella-spp

Auteur(s): Dimitri Jacques pour FranceSoir


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