Développement personnel: comment dire oui au changement?

L'heure du choix

Développement personnel: comment dire oui au changement?

Publié le :

Jeudi 13 Avril 2017 - 14:32

Mise à jour :

Jeudi 13 Avril 2017 - 18:38
Il est parfois difficile de dire oui au changement. Et même si la personne concernée sait qu'une décision peut être bonne pour elle, ce choix reste toujours compliqué à accepter. Alors pour aller de l'avant et prendre l'avenir en main, le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer, partenaire de "FranceSoir", délivre ses conseils.
©Tina Franklin/Flickr
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Rodolphe Oppenheimer avec la rédaction de FranceSoir.fr

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Nous sommes tous parfois confrontés à des choix, à des décisions à prendre, mais nous savons aussi qu’une décision peut être bonne pour nous-mêmes et dans le même temps être si difficile à accepter. Changer c’est renoncer. Changer c’est délaisser. Changer c’est accepter de perdre quelque chose d’acquis. On espère une nouveauté plus conforme à nos désirs mais ceci n’est encore qu’hypothétique et peu sûr, ce qui rend la décision plus difficile à prendre. Il faut dans un premier temps comprendre puis analyser pourquoi une décision est jugée bonne pour soi et en quoi réside la difficulté d’un tel changement.

Pour entamer ce processus il faut ressentir consciemment ou inconsciemment qu’une souffrance relativement gênante et/ou douloureuse s’est installée. Il faut accepter ce mal-être et reconnaître sa part de responsabilité. Sans cela, les transformations souhaitées se feront mais seront vécues comme une obligation et non comme un désir. Quelles que soient les problématiques en jeu, relations conflictuelles avec un(e) conjoint(e), un employeur, ou des questions liées à la vie en générale, il est conseillé de poser le tout sur un papier et de lister la situation présente: ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce vers quoi nous souhaitons nous diriger.

Une fois la situation couchée sur le papier, il est alors plus simple de suivre son propre schéma tout au long de ce processus. Tel un architecte sur un chantier, il est possible de ressortir son plan de vie à n’importe quel moment, de se souvenir pourquoi nous avons fait tel choix et pas un autre.

Le changement peut être un signe, celui d’une méthode ou d’une façon de faire qui n’a pas fonctionné. Deux solutions s’imposent alors: persister dans l’échec et se voiler la face ou changer ce qui ne pourra que produire des effets nouveaux et offrira une chance de réussite. Cependant changer induit le fait d’accepter et de valider cet échec.

En amour, on peut se dire que la chance n’est jamais au rendez-vous et que la fatalité décide de nous faire rencontrer uniquement des personnes incompatibles. Dès lors, l’idée d’une retraite esseulée et triste se profile à l’horizon. Pourquoi ne pas se remettre en question sur le choix d’un partenaire qui semble éternellement le sosie du dernier - du père ou de la mère. Nous pouvons également penser que nous ne sommes que notre propre "fatalité" tant que nous ne la changeons pas!

Finalement ces exemples de désirs de changements, sous des aspects différents, ont en réalité une multitude de points communs. Il semblerait que les échecs du passé ne modifient pas la perception de l’avenir. En effet, pour avancer dans ces choix parfois difficiles, il est impératif de renoncer à ses vieux réflexes afin de dire "oui" au changement, changer ses vieux réflexes afin de créer un nouveau schéma plus lumineux, joyeux et efficace.

Il ne faut pas se condamner à répéter perpétuellement les échecs du passé par seule peur du changement. Le risque existe mais il est bon de ne pas tomber dans cette primo facilité qui devient un chemin direct vers la dépression. D’où provient cette force que nous avons à vouloir initialement ne rien changer pour ne pas se sentir seul, dépaysé, loin de notre zone de confort?

Le changement que nous pouvons opérer ne veut pas dire que nous gommons ou jetons à la mer notre passé, ce dernier sera toujours en nous et personne ne pourra jamais nous en dépouiller; ce passé est la richesse de notre esprit d’aujourd’hui, celui qui sait directement ou indirectement consciemment ou inconsciemment qu’il y a des décisions à prendre. Ainsi, changer c’est accepter, c’est ensuite contempler ce changement, en faire une force, se mettre aux commandes et contrôler les événements au lieu de les laisser vous contrôler.

Agir avec le changement et non pas contre lui. Quand l’envie de changer s’empare de vous, il ne faut pas vous laisser déstabiliser par une crainte, une angoisse, un manque d’air. Ne pas donner trop d’importance à ces signes, se calmer et continuer ce que vous faites. Surtout ne pas se déconcentrer de la tâche entreprise, continuez calmement, différemment éventuellement mais ne passez pas à autre chose car cela reviendrait à ne rien changer mais à rester en souffrance.

Attendre le meilleur, voici la récompense, celle que vous mettrez au bout de votre plan d’action, à ce croquis de contremaître que nous avons fait ensemble. Attendre le meilleur c’est enfin embrasser la réussite de ce qui vous à donner envie de changer, c’est la réussite d’avoir déjà modifié tant de choses dans votre vie, c’est reconnaitre votre courage.

Enfin, il faut à présent recentrer les choses et démêler le passé du présent pour construire l’avenir; accepter de se séparer du nourrisson, de l’enfant ou de l’adolescent que vous étiez. Le "bon sens est la chose la mieux partagée" disait Descartes, soyez confiant, votre bon sens vous mènera toujours dans la bonne direction.

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.

Pour Rodolphe Oppenheimer, deux solutions s’imposent: persister dans l’échec et se voiler la face ou changer, ce qui ne pourra que produire des effets nouveaux.

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