Pollution: faut-il se méfier des aliments bio?

Pollution: faut-il se méfier des aliments bio?

Publié le :

Mercredi 05 Juin 2019 - 11:50

Mise à jour :

Mercredi 05 Juin 2019 - 14:39
© GEORGES GOBET / AFP
PARTAGER :

La rédaction de France-Soir

-A +A

Une étude de 60 Millions de consommateur dévoilée ce mercredi 5 pointe les limites de l'étiquetage "bio". En effet, certains produits présentent des taux de polluants supérieurs à ceux des aliments "classiques".

Le boom des produits bio s'est confirmé en 2018 avec une année record tant en termes de consommation que de production, alors que les Français sont de plus en plus soucieux de la qualité de leur alimentation.

 Mais une enquête de 60 Millions de consommateurs dévoilée ce mercredi jette un pavé dans la mare en pointant les limites de l'étiquetage "bio" par rapport à la réalité. Les tests menés par l'association de consommateurs ont révélé la présence de polluants ou perturbateurs endocriniens dans ces produits dont la valeur ajoutée réside pourtant dans leur côté "naturel". Les concentrations relevées sont parfois plus importantes que dans les produits classiques.

En cause notamment: la pollution des sols. "Les laits et œufs bio contiennent plus de PCB et de dioxines que les autres, car les animaux sont plus souvent à l’extérieur que dans l’élevage conventionnel. Une bonne chose en termes de bien-être animal, certes. Mais ce constat pointe des failles dans le label « Agriculture biologique »", relève l'enquête.

Voir: L'agriculture bio fait un grand bond dans les champs français

De même, des phtalates –plastifiants et perturbateurs endocriniens- ont été retrouvés dans certaines huiles d'olive. Si la production des fruits n'est pas en cause, les produits finis –notamment ceux originaires de Tunisie, passeraient par des cuves ou des tuyaux en plastique.

60 Millions de consommateurs rappelle également que l'étiquetage bio ne doit pas être assimilé à un gage de qualité nutritionnelle. "Comme leurs homologues non bio, les jus de fruits biologiques et les gâteaux sont très sucrés. (…) À l’instar des chips non bio, les chips bio (et en particulier les chips de légumes) recèlent de l’acrylamide. Enfin, nombre de charcuteries biologiques contiennent des nitrites de sodium, des conservateurs cancérogènes", note l'association.

Si elle pointe les limites de l'étiquetage, les mauvaises surprises ne concernent pas toutes les catégories. Les fruits et légumes sont ainsi globalement épargnés.

Le bio représente désormais 5% des achats alimentaires des Français avec près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

L'Agence bio note le renforcement du poids de la grande distribution qui commercialise désormais la moitié des produits bio, alors que jusqu'à l'an passé, les commerces spécialisés menaient la danse. La vente directe conserve 12% de parts de marché en 2018 (+12,8%).

Lire aussi:

Dans l'Aude, des vignerons inventent le "bio" de demain

Certains aliments étiquetés "bio" affichent des taux de polluants supérieur aux produits classiques.

Commentaires

-