Du whisky made in France? Ça existe, et il est drôlement bon

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Du whisky made in France? Ça existe, et il est drôlement bon

Publié le :

Mercredi 24 Février 2016 - 12:57

Mise à jour :

Samedi 09 Avril 2016 - 09:55
Il aura fallu plus de 300 ans mais ça y est: le whisky français prend son envol, et de bien belle manière. Amateur de single malts, de blend ou de single casks, les distilleries hexagonales ont beaucoup travaillé et sont désormais en mesure de satisfaire même les plus exigeants, à tel point que certains voient les malts français se hisser tout en haut de la hiérarchie mondiale d'ici une quinzaine d'années.
©Bserin/Wikimedia Commons
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Il est forcément écossais et, pour de plus en plus d'amateurs, japonais (voire indien ou taïwanais), mais bientôt aussi français. Qui? Mais le whisky bien sûr! La fabrication de cet alcool malté, trustée par nos voisins septentrionaux depuis ses origines, a enfin franchi la Manche, plus de 300 ans après sa naissance fixée à 1608 avec la première licence officielle de distillation revendiquée par Bushmills...

Reconnues pour leur cognac, anisettes et autres calvados, les distilleries hexagonales n'ont pourtant mis leur nez dans le whisky que très récemment (tout en étant le plus gros pays consommateur au monde). Le faire-part indique l'année 1983 précisément, et est signé des Bretons de Warenghem, selon le spécialiste Philippe Jugé cité par Slate. Et si, depuis, les distilleries françaises sont restées pour le moins confidentielles, mis à part peut-être Armorik, Edu (au blé noir) et Glann Ar Mor, elles ont beaucoup travaillé et sont désormais prêtes à en étonner plus d'un.

Bien évidemment bretons, mais aussi alsaciens, corses ou alpestres, les whiskies français essaiment un peu partout sur le territoire avec désormais 42 distilleries de malt. Une toute jeune Fédération du whisky de France vient même d'être lancée, mi-janvier 2015. Un "boom" toutefois relatif mais qui galvanise la profession: "Dans quinze ans, les meilleurs whiskies au monde seront français", n'hésite ainsi pas à pronostiquer le patron de la Distillerie de Paris, Nicolas Julhès. Et d'ajouter: "on va pouvoir arrêter de copier les Écossais pour apporter un vrai style à la française. Nous distillons avec de petits alambics, gage de qualité. Et surtout, nous possédons les meilleurs spécialistes du vieillissement, de l’élevage, de l’assemblage, qui œuvrent depuis toujours dans le vin et le cognac". Un atout dont ne disposent pas les Ecossais et qui va "tout changer", dit Nicolas Julhès.

Concrètement, les malts de la Distillerie Warenghem ont notamment fait un grand bon en avant en matière de qualité, comme le prouve le Prix du meilleur single malt européen décerné à son Armorik par les World Whiskies Awards 2013. Bonne bouteilles sont également à rechercher dans le Tarn (le Vilanova single casks de la Distillerie Castan, 64 euros), en Isère (le rye Vulson White Rhino du Domaine des Hautes Glaces, 52 euros) ou encore en Lorraine, où Rozelieures produit un joli whisky tourbé qui vient d'arriver sur le marché (59 euros).

Une multitude d'autres -fumés, boisés, classiques, plus ou moins travaillés, etc.- sont disponibles, notamment sur Internet. Avec un seul bémol: les distilleries travaillant sur des quantités encore limitées, mieux vaut être à l'affût des sorties pour ne pas rater les meilleures bouteilles, qui parfois deviennent vite introuvables.

 

 

"Dans quinze ans, les meilleurs whiskies au monde seront français", n'hésite ainsi pas à pronostiquer le patron de la Distillerie de Paris Nicolas Julhès.

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