Crèmes solaires inefficaces: bataille entre l'UFC-Que Choisir et les fabricants

Crèmes solaires inefficaces: bataille entre l'UFC-Que Choisir et les fabricants

Publié le :

Mardi 05 Juillet 2016 - 13:20

Mise à jour :

Mardi 05 Juillet 2016 - 19:57
©Mychele Daniau/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé porter plainte contre cinq fabricants de protections solaires pour enfants. Selon les tests qu'elle a menés, le niveau de protection réel est bien moindre que celui annoncé. Les professionnels du secteur ont dénoncé la qualité de cette étude.

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé ce mardi 5 "de graves carences" en termes de protection aux UV dans plusieurs produits solaires pour enfants, après les avoir testés en laboratoire, et a décidé de porter plainte contre cinq fabricants.

L'association demande par ailleurs que ces fabricants retirent "sans délai" leurs produits des rayons, menaçant à défaut de saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

"Au vu de la très faible protection aux UVA (rayons ultra-violets pouvant pénétrer les couches profondes de la peau, NDLR) constatée sur près d'un tiers des produits testés", l'association "dépose plainte (...) pour pratique commerciale trompeuse et tromperie" contre Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa, pour des produits solaires aux indices élevés (50 et 50+), indique l'association dans un communiqué.

"Alors que leurs emballages débordent de mentions rassurantes", les produits incriminés "n'offrent pas la protection minimale contre les UVA requise par les experts français et les autorités européennes", selon UFC-Que Choisir.

Au total UFC-Que Choisir a testé en laboratoire 17 produits de protection solaire 50 et 50+ destinés aux enfants et présentés sous forme de crèmes, sprays et laits solaires.

Plusieurs produits bio sont également pointés du doigt. "Les filtres anti UV à base de minéraux qu’ils utilisent sont inefficaces pour arrêter correctement les UVA. Sur les 5 produits testés, 2 offrent une protection à peine correcte et 3 une protection très insuffisante" note l'étude. Les qualités environnementales vantées par les fabricants sont également dénoncées. "Certaines études montrent un impact tout aussi néfaste des filtres utilisés dans le bio" sur la flore marine.

L'association de consommateurs avait déjà épinglé les crèmes solaires parmi d'autres produits cosmétiques en février dernier. Elle avait publié une liste de 185 produits contenant des allergènes, composés toxiques ou autres perturbateurs endocriniens.

La Febea, le syndicat professionnel du secteur cosmétique en France, s'est insurgée contre ces accusations. "Je suis sûre que les produits mis sur le marché sont conformes à la règlementation", a estimé Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires du syndicat, interrogée par l'AFP.

Les tests d'UFC-Que Choisir sur les UVA ne sont pas forcément fiables car fondés sur des méthodes in vitro "qui ne fonctionnent pas toujours très bien" par rapport aux tests in vivo (sur l'homme), a-t-elle estimé.

Pourtant, selon Olivier Andrault, chargé de mission d'UFC-Que Choisir sollicité par l'AFP, "c'est la méthode la plus utilisée et la plus recommandée" pour les UVA.

Les méthodes in vivo et in vitro "ne doivent pas être opposées. Elles apportent des indications complémentaires sur l'efficacité des produits solaires", estime l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Le test in vitro est développé et utilisé par les laboratoires de l'ANSM". Celui-ci "est de plus en plus utilisé par les laboratoires de contrôle et permet notamment d'apprécier la stabilité des formulations", précise l'agence. Par ailleurs, toujours selon Mme Dux de la Febea, UFC-Que Choisir aurait "fait une petite erreur de méthodologie".

Car si les produits solaires en Europe doivent contenir un niveau de protection aux UVB trois fois plus important que pour les UVA, la règlementation européenne considère qu'un facteur de protection solaire 50+ correspond à une protection UVB de 60, impliquant un UVA de 20, et pas nécessairement au-delà, selon Mme Dux. Mais UFC-Que Choisir dit aussi connaître la réglementation et maintient ses accusations.

Les fabricants ont quant à eux défendu leurs produits. "Nous souhaitons rassurer nos clients sur l'exactitude des coefficients de protection UV annoncés sur nos produits", a souligné Bioderma dans un communiqué.

Biocos, le fabricant de la marque de produits solaires Lovea, dont un spray pour enfants est dans le collimateur d'UFC-Que Choisir, a condamné dans un communiqué des "propos diffamatoires" et annoncé sa volonté de poursuivre le magazine pour diffamation.

"Notre produit est tout à fait conforme à la réglementation européenne. Tous les tests sont réalisés par un laboratoire indépendant garantissant des résultats objectifs et conformes à la réglementation", a ajouté Biocos.

UFC-Que Choisir a fait "une mauvaise interprétation" des données, a aussi réagi Cédric Mourlon, PDG et fondateur du laboratoire belge Biosolis, également visé par le magazine.

"Nous faisons des analyses deux à trois fois par an sur nos produits, qui sont vendus dans plus de 30 pays, dont les Etats-Unis", a-t-il souligné. "C'est complètement aberrant", a-t-il ajouté à propos des accusations du magazine, précisant qu'il envisageait de lui réclamer des dommages-intérêts pour le préjudice subi.

 

L'association dénonce "de graves carences" en termes de protection aux UV dans les produits testés.

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