Pylones, les objets anti-morosité

Pylones, les objets anti-morosité

Publié le :

Vendredi 20 Février 2015 - 14:42

Mise à jour :

Lundi 02 Mars 2015 - 10:45
Améliorer le quotidien grâce à des objets amusants et fonctionnels, c’est le pari relevé par Pylones. Implantée dans une quinzaine de pays, l’entreprise, créée en 1985 à Paris, s’est développée grâce à son esprit décalé et à ses innovations constantes.
©DR
PARTAGER :
-A +A

Des objets colorés et décalés, un design étudié: voilà comment Pylones s’est imposée sur le marché très concurrentiel des cadeaux et des objets de décoration. Spécialisée dans la création d’objets à usage quotidien, cette entreprise française s’est très vite démarquée par sa créativité.

Tout commence en 1985 à l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle à Paris. Jacques Guillemet, le fondateur, crée avec sa femme des bijoux en caoutchouc, matière réservée plutôt aux pneus et aux chaussures. L’aspect novateur du produit amuse. Conscient de cette trouvaille, Jacques Guillemet orne de cette matière synthétique tout ce qu’il touche: lampes, miroirs, maniques, portes-savonnettes.

Persévérant, il imagine, crée, déstructure des objets et s’initie à la technique de fabrication des moules et des séries. De ce magma créatif naît Pylones. Le concept: transformer des objets de la vie quotidienne, sans esthétique particulière, en objet détourné, beau et ludique. 

La première boutique ouvre en 1987 sur l’Île Saint-Louis à Paris. Le concept plait. Les moules s’empilent, les couleurs fusent, le design s’emballe. Pionnière dans son domaine, Pylones fait sensation avec les objets d’intérieur. De la pince à épiler aux couverts à salade, de la brosse à cheveux à la râpe à fromage, l’offre se multiplie.

"Je pense que la marque apporte beaucoup de gaieté, de légèreté et d’humour. Les produits Pylones sont vraiment une alternative à la morosité, à la tristesse", explique à FranceSoir Jacques Guillemet, conscient  à l’époque de l’absence d’offre dans le secteur.

Si la force de l’entreprise tient à sa créativité, le travail fourni par les salariés est particulièrement dense. Car derrière chaque objet ou chaque accessoire se cache le talent d’un designer. Aujourd’hui, ils sont une quinzaine à enrichir l’univers de l’entreprise. "Il y a des designers avec qui on travaille depuis 20 ans. Cela nous permet de développer une collection avec cohérence et avec suivi. Il faut savoir que le développement d’un produit peut prendre entre 6 mois et 3 ans", précise Jacques Guillemet.

Au-delà des frontières

Fortes de ce succès "inattendu", les boutiques Pylones essaiment, chaque jour un peu plus, en France. Actuellement Pylones compte 24 boutiques, dont 8 à Paris. Mais c’est en se développant à l’international que l’entreprise s’est envolée. Présente  dans une dizaine de pays d'Europe (Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Hongrie, République Tchèque, Pays-Bas, etc.), elle l’est aussi au Japon, en Australie, au Brésil et à New York.

Certes Pylones ne fabrique pas exclusivement ses produits en France (70% de la production est fabriquée dans son usine en Chine), mais elle compte une unité de production à Colombes (Hauts-de-Seine), qui produit les objets fabriqués avec du verre, notamment les bagues.

"A Colombes, il y a une belle unité de soufflage de verre. C’est une activité extrêmement technique. Ce sont des gens qui sont normalement formés pour faire des objets qui vont servir dans les laboratoires d’analyse, dans les laboratoires de chimie. Nous, on applique cette technique pour faire le contenant de nos bagues", explique Jacques Guillemet.

Avec un chiffre d’affaire de 60 millions d’euros en 2013 et une croissance de près de 10% par an, l’entreprise familiale est devenue numéro-1 mondial dans sa catégorie. "On n’a jamais souhaité être les premiers de la classe. On l’est devenu à force de travail, de passion et de persévérance".

Toujours plus loin

Pylones, qui emploie 800 employés, compte aujourd’hui près de 110 boutiques à travers le monde et près de 2.000 objets façonnés. Pour garder son positionnement de leader, l’originalité est constamment poussée à son paroxysme, jusqu’au nom de l’objet: se poudrer avec Cheekita, ôter les peluches de son manteau avec Pile Poil, servir la soupe avec MissSoupe, ranger l’éponge grâce à Médor et faire manger bébé à l’aide de Petit Glouton...

Ces objets, parfois un peu kitsch mais accessibles à tous les porte-monnaie, touchent plusieurs domaines: beauté, bureau, accessoires, bijoux, déco, extérieur, enfants, cuisine. "Pylones s’adresse vraiment aux familles. On n’est pas du tout une marque élitiste, on est une marque populaire", dit Jacques Guillemet.

Pour l’avenir, les objectifs sont déjà bien étudiés: continuer d’ouvrir des boutiques en France et en Europe, développer de nouveaux produits originaux, et essayer de toucher davantage une clientèle masculine. Au rythme moyen d'ouverture d'une nouvelle boutique par mois, Pylones espère bien, grâce à ses créations, continuer à mettre un peu de gaieté et de couleur dans la grisaille ambiante.

 

Pylones compte près de 110 boutiques à travers le monde.


Commentaires

-