Crise sanitaire : quel impact pour le tourisme parisien ?

Crise sanitaire : quel impact pour le tourisme parisien ?

Publié le 27/04/2020 à 10:26 - Mise à jour à 10:31
© Ludovic MARIN / AFP
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Auteur(s): Article Partenaire

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Première destination mondiale, Paris n’échappe pas à la crise sanitaire qui frappe de plein fouet son activité touristique. Si la capitale a l’habitude d‘afficher complet à cette période de l’année, l’annulation des voyages et la chute des réservations a mis le secteur à l’arrêt. Les parisiens comme les français n’ont désormais plus qu’une question en tête : à quoi ressemblera le tourisme post-confinement ?
 
Un tourisme parisien au point mort
 
Avec la crise sanitaire et économique, le secteur du voyage et du tourisme connaissent un effondrement sans précédent en France et dans le monde.
 
Selon une étude prévisionnelle de la Confédération des acteurs du tourisme (CAT), ce dernier devrait chuter de 85% d’avril à décembre 2020. 
 
Une étude basée sur les chiffres des 5 grandes catégories d’acteurs de la filière que sont les agences de voyage, les groupistes, les organisateurs de voyages scolaires, les organisateurs de voyages d’affaires et les réceptifs (organismes accueillant une clientèle étrangère).
 
Pour autant, les prévisions du secteur dépendent encore, à ce jour, de plusieurs facteurs parmi lesquels :
 
- La durée du confinement (et les conditions de sa levée)
- Les futures modalités de déplacement (en lien notamment avec la fermeture des frontières européennes)
- Le pouvoir d’achat des voyageurs, d’ores et déjà fragilisé pour certaines catégories de travailleurs (indépendants et professions libérales entre autres)
 
En parallèle, les fermetures d’établissement se multiplient : on compte à ce jour 100 000 chambres d’hôtels fermées en France. À Paris, les taux d’occupation n’ont jamais été aussi faibles.
 
Une situation inédite quand on connait le taux d’occupation moyen d’un hôtel à Paris - qu’il soit pas cher ou haut-de-gamme - en temps normal. Pour rappel, en 2019, le taux d’occupation moyen des hôtels parisiens avoisinait les 80%.
 
Dans la capitale, certains hôtels ont même été réquisitionnés pour accueillir des sans-abri pendant la période de confinement.
 
Saison estivale : à quoi s’attendre cet été ?
 
Alors qu’un grand nombre de parlementaires français appellent à « un tourisme de proximité et responsable » pour cet été 2020, le premier ministre Edouard Philippe déclarait à son tour il y a deux jours qu’il ne serait « pas raisonnable d’imager voyager loin à l’étranger très vite ».
 
Cela s’explique notamment par le fait que le transport aérien pourrait être en incapacité, dans l’immédiat, de reprendre son activité dans des conditions normales.
 
Passer ses vacances en France serait donc un moyen de soutenir l’économie touristique et d’impulser une nouvelle dynamique au territoire. 
 
En effet, en l’absence de flux touristiques étrangers, le secteur aura probablement du mal à se relever sans une fréquentation massive de ses restaurants, lieux culturels, cafés et hébergements.
 
Alors que 9 millions de français s’envolaient pour l’étranger l’année dernière, il semblerait que la question de solidarité nationale les poussent cette année à privilégier les circuits courts et le tourisme local.
 
Dans cette attente, la filière s’appuie sur les opportunités offertes par le numérique : ainsi, les voyageurs en manque d’évasion peuvent tantôt visiter un musée de façon virtuelle, tantôt découvrir une ville ou une partie du globe à l’aide d’un casque de réalité virtuelle ou encore participer à des conférences en ligne.
 
 
S’il est à ce jour trop tôt pour prédire l’avenir de l’activité touristique parisienne et, à plus grande échelle, celle de la France, il est certain que la situation actuelle pousse à réinventer le tourisme de demain. Pour la filière, deux grands défis s’imposent : ceux de la réassurance et de l’adaptabilité pour, à terme, bénéficier d’un modèle économique durable et responsable. Alors que le marché reste pour l’heure fébrile, il est certain que les semaines à venir seront cruciales pour l’activité touristique de l’Hexagone.
 

Auteur(s): Article Partenaire


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