Comment fêter Noël en famille malgré les tensions

Comment fêter Noël en famille malgré les tensions

Publié le :

Mercredi 20 Décembre 2017 - 14:31

Mise à jour :

Mercredi 20 Décembre 2017 - 18:07
Noël est un moment de joie et de convivialité attendu par des millions de personnes mais parfois, les réunions de famille peuvent déraper et être sources de tensions et de déceptions. Pour "France-Soir", le psychanalyste Rodolphe Oppenheimer prodigue ses conseils afin d'apaiser les problèmes familiaux en cette période de fêtes de fin d'année.
©Ansotte/Sipa
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Rodolphe Oppenheimer édité par la rédaction

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Il existe des sujets souvent difficiles à aborder. Que vous soyez entre amis ou en famille, la religion comme la politique sont souvent des conversations relativement dangereuses pour l’équilibre du groupe. En effet, que vous partagiez ou pas une même religion, que vous soyez adhérents au même parti politique ne résoudra rien. Lorsque les gens ont des comptes à régler, cela ne se fait généralement pas dans la tendresse ni dans la dentelle.

Alors que les fêtes arrivent, vous vous sentez émoustillé à l’idée d’un bon chocolat chaud, d’un lèche-vitrine, de cadeaux comme s’il en pleuvait et il y a ce fameux soir de Noël, ce réveillon auquel vous pensez de façon lancinante sous les flocons qui s’écrasent sur le sol comme le temps qui passe dans la vie. Un peu de nostalgie, certes!

Il vous reste vos souvenirs, une jeunesse heureuse le soir de Noël, une famille qui était unie et aujourd’hui beaucoup de choses ont changé. Vous avez construit et la vie a délié des liens. Alors comment passer Noël ensemble malgré les tensions?

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Noël reste le moment propice pour se retrouver et communier dans la joie du regard des plus jeunes, l'occasion également d'admirer la beauté de la vie et de se rendre compte des épreuves que vous avez surmontées pour en arriver là où vous vous trouvez aujourd’hui. Si vous hésitez à aller chez votre père ou votre mère dans le cas de parents divorcés, essayez de réunir tout le monde. Que vous fassiez, que vous fêtiez Noël dans un cadre religieux, sacré ou convivial, il y aura toujours une place pour la douceur et la réconciliation.

Il faut y mettre du vôtre en premier. N’attendez pas que ceux qui vous angoissent fassent le premier pas: prenez sur vous et invitez les personnes de bon cœur, envoyez ces ondes positives afin de récolter les vents bénéfiques. Et si par hasard, le retour n’est pas favorable, vous aurez votre conscience pour savoir que vous avez tout essayé et que vous n’avez pas de regrets à avoir. Après tout le père Noël existe peut-être?

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Bien évidemment, tous les parents séparés, divorcés ou remariés ne voudront pas se retrouver ou se fréquenter à nouveau. Privilégiez alors la magie de Noël pour les enfants. La fête peut être célébrée en deux temps: un soir chez le père, un soir chez la mère. Souvent, les grands-parents, tantes et oncles respectifs essaient de se réunir quand ils ne sont pas cette année-là dans leur propre belle-famille.

Noël n’est pas une garden-party conçue entre noctambules, c’est une réjouissance relevant de certaines contraintes. Son organisation doit être répartie entre les diverses personnes. Il est conseillé que chacun s’active dans cette organisation parfois gargantuesque. Noël mythe ou réalité? Vous y retrouvez-vous par amour ou pour retrouver du sens à la cellule familiale?

Les rituels en famille donnent une cohésion et une sensation d’appartenance et donnent un rôle majeur dans l’organisation de l’identité. Cependant, cela peut être vécu comme une corvée. Lorsque la franchise n’existe plus entre les êtres, il ne sert finalement plus à rien. En cas de guerre intestine en famille, on peut se convier un an sur deux. Si la cellule a implosé, il est presque inutile d’essayer de la reconstruire là précisément si vous ne croyez plus au père Noël.

Les nouvelles générations préfèreront des Noël dans leurs nouvelles familles, parfois contraintes par une femme ou un mari soucieux de créer une cohésion. Ils deviennent parents, assument ce rôle et cèdent leur place d’enfant à leur progéniture. Souvent, après le départ du patriarche vers l’Orient éternel, les familles se réorganisent et acceptent de laisser tomber les us et coutumes qui avaient lieu. C’est une partie de la vie qui disparaît pour laisser place à une nouvelle existence. Tout ce qui naît meurt, rien ne se perd, tout se transforme. 

Cet article a été rédigé par Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste (http://www.psy-92.fr/). Son dernier ouvrage, Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie! (Ed. Marie B) est disponible en librairie depuis le 15 novembre.

Noël reste le moment propice pour se retrouver en famille mais parfois les retrouvailles sont sources de conflits.


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