Des nanoparticules, potentiellement toxiques, retrouvées dans certains aliments

Des nanoparticules, potentiellement toxiques, retrouvées dans certains aliments

Publié le :

Dimanche 19 Juin 2016 - 14:06

Mise à jour :

Dimanche 19 Juin 2016 - 14:08
©A.G.Photographe/Flickr
PARTAGER :

La rédaction de FranceSoir.fr

-A +A

L'association "Agir pour l'environnement" a révélé il y a quelques jours la présence de nanoparticules dans quatre produits alimentaires du quotidien (des biscuits Napolitains LU, des chewing-gums Malabar, une blanquette de veau William Saurin ainsi qu'un mélange d'épices pour guacamole de la marque Carrefour). Problème: aucune indication n'est visible sur les emballages.

C'est une information qui pourrait en inquiéter plus d'un. Selon une étude du Laboratoire nationale de métrologie et d'essais (LNE), commandée par l'association "Agir pour l'environnement", des nanoparticules, potentiellement toxiques, se cacheraient dans certains de nos aliments sans qu'elles ne soient signalées sur les étiquettes. Pour parvenir à cette conclusion, quatre produits du quotidien (des biscuits Napolitains LU, des chewing-gums Malabar, une blanquette de veau William Saurin ainsi qu'un mélange d'épices pour guacamole de la marque Carrefour) ont fait l'objet d'analyses.

Parmi les nanomatériaux présents, du dioxyde de titane, un colorant blanc (E171)  qui permet de blanchir et rendre les produits brillants a été retrouvé dans les trois premiers aliments. Mais aussi du dioxyde de silice dans le mélange d'épices pour guacamole. Il s'agit d'un antiagglomérant (E551) utilisé dans les poudres, le sucre.

Si les nanoparticules inquiètent autant, c'est qu'elles peuvent être néfastes pour l'environnement et la santé en cas d'inhalation ou de pénétration via la peau, l'eau ou l'alimentation. Elles pourraient causer des problèmes inflammatoires pulmonaires mais les risques sont encore mal connus, faute d'études sur le sujet.  Par mesure de précaution, la réglementation européenne oblige donc, depuis décembre 2014, les industriels à informer les consommateurs de la présence de nanoparticules. Seulement voilà: cette règle n'est pas toujours respectée au grand dam des associations de consommateurs. "Cette enquête apporte la preuve qu'il y a défaillance dans l'information et la protection du consommateur", a déploré Magali Ringoot, la porte-parole de l'association.

Face à ce constat, les membres de "Agir pour l'environnement" souhaitent saisir la direction de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour qu'elle "procède au rappel des produits incriminés".  En parallèle, Magali Ringoot estime qu'il "est urgent d'instaurer un moratoire, pour éviter qu'un nouveau scandale sanitaire comme celui de l'amiante ne se reproduise".

Pour l'association, l'intérêt des nanos dans l'alimentation est loin d'être avéré. "ll s’agit essentiellement de rendre plus attractif un produit (modifier sa couleur, son goût, sa texture...). Ces substances nano-particulaires font courir des risques inutiles au consommateur qui se voit, en plus, contraint de subir car privé du droit de savoir et de choisir". 

 

L'association "Agir pour l'environnement" a dénoncé la présence de nanoparticules dans certains aliments.

Commentaires

-