Garder la santé et rester connecté, le double défi des seniors

Garder la santé et rester connecté, le double défi des seniors

Publié le :

Mercredi 03 Juin 2015 - 18:57

Mise à jour :

Mercredi 03 Juin 2015 - 19:29
Se maintenir en bonne santé et rester connecté à la société: c'est le double défi qu'affrontent les seniors, de plus en plus nombreux et de plus en plus désireux de profiter de leur "seconde vie". Plusieurs chefs d'entreprise, experts, médecins et responsables politiques ont fait le point sur les nouvelles technologies au service des personnes âgées, lors d'une rencontre organisée par la Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur.
©MNCA/Twitter
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L'espérance de vie ne cesse d'augmenter et les seniors, après leur retraite, ont souvent encore de longues années pour profiter de l'existence. Les nouvelles technologies les aident dans cette "seconde vie", non seulement à rester en bonne santé mais aussi à maintenir leurs liens avec une société qui évolue constamment.

"Rester en bonne santé et rester connecté": c'était le thème, mercredi 3 juin, de la 6e "Matinale Eco" de l'antenne parisienne de la Maison de la Métropole Nice Côte d'Azur (MNCA), en partenariat avec FranceSoir (et à suivre sur Twitter sous le hashtag #MatinaleecoMNCA). Chaque mois cette antenne parisienne, ouverte fin novembre par Christian Estrosi, président de la MNCA, réunit des chefs d'entreprises, décideurs, experts, innovateurs, fondateurs de start-up, principalement dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies.

Le député-maire de Nice, ancien ministre de l'industrie, qui a fait de la "ville intelligente" et connectée une des priorités pour sa métropole –déjà en pointe sur le plan touristique–, a rappelé mercredi que Nice a été classée "4e ville interconnectée dans le monde, derrière Shanghai et devant Londres". Nice s'est donc débarrassée de cette image de "retraités avachis sur la Promenade des Anglais", selon les mots de Jean-Michel Galy, son adjoint au maire chargé des seniors, et si elle reste la grande ville de France avec la moyenne d'âge la plus élevée, elle est aussi celle qui a "le taux de natalité le plus élevé", a souligné Christian Estrosi.

Aujourd'hui les seniors veulent profiter au maximum de "cette nouvelle phase de la vie qui est une nouvelle jeunesse", a expliqué en préambule de cette matinale Virginie Atlan, directrice de la Maison de la MNCA à Paris. Ce que l'on appelle la "silver economy" est devenu "un sujet stratégique pour l'ensemble des territoires du monde", a ajouté l'autre animateur de cette rencontre, André Dan, conseil en innovation et cofondateur de Challengy.

Les deux premiers intervenants ce mercredi étaient des adjoints au maire de Nice. "On gagne actuellement en France 6 heures d'espérance de vie par jour", a rappelé Olivier Guérin, professeur de gériatrie au CHU de Nice et adjoint au maire délégué à la santé. Pour lui, "l'avenir du soin, c'est le domicile", et les outils du numérique doivent servir à agir dans cette direction, avec l'accord et la participation des professionnels de santé. Et il a rappelé la création à Nice, en 2010, du Centre d’Innovation et d’Usages en Santé (CIU-Santé), organisme unique en France qui regroupe ressources et compétences permettant à des industriels et des scientifiques "d’expérimenter, d’évaluer et de qualifier des solutions innovantes pour la santé à domicile et l’autonomie".

Jean-Michel Galy, pour sa part, s'est félicité des progrès du numérique pour la vie quotidienne des seniors mais a rappelé que "rien ne remplacera le contact direct". C'est pourquoi la MNCA a mis en place une quarantaine de programmes pour les personnes âgées, dont 26.500 ont déjà leur carte "Nice Plus Senior". Parmi ces initiatives, la Star Seniors, sorte de concours Eurovision de la chanson pour les plus âgés, ou les European Master Games, série d'épreuves sportives réservées aux plus de 35 ans.

André Loechel, président de "Territoires de demain", s'est félicité du fait que "notre planète devient un laboratoire". Sa fondation, créée en 2007, soutient les initiatives et les "living labs", partout dans le monde, qui oeuvrent pour l'innovation, la création d'entreprises et d'emplois, les nouveaux métiers, les technologies du futur. Elle remet des labels, dont a bénéficié par exemple l'an dernier, en matière de santé, le laboratoire de Calires à Nice.

Bernard Prat, CEO de Togi Santé, a présenté son entreprise, créée il y a 6 ans, qui a mis en place une offre globale de produits et de services dans le domaine de la santé, accessibles à tous et notamment aux seniors. Cette offre polyvalente propose notamment un interlocuteur unique à chaque client pour l'ensemble de ses soins, ce qui "facilite son autonomie et maintient le lien social".

Mais les personnes âgées sont souvent réticentes à adopter les techniques modernes leur permettant davantage d'autonomie. C'est pourquoi Alexis Roche, directeur général d'Assystel, a insisté sur la nécessité de trouver les mots et surtout les outils pour les convaincre. Sa société, créée en 1977 dans les Ardennes et parmi les leaders en matière de téléassistance, a mis au point notamment un appareil en forme de bijou, "Framboise", qui se porte comme collier, bracelet ou à la ceinture et permet de communiquer vocalement avec un centre de téléassistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour un abonnement de 25 euros par mois. Un objet connecté de grande utilité quand on sait, a-t-il rappelé, que 10.000 personnes décèdent chaque année en France des suites d'une chute, soit trois fois plus que de morts sur la route.

Patrick Coudert, médecin du sport, a présenté ce qui pourrait très vite remplacer le carnet de santé imaginé et abandonné il y a quelques années: sa société Caducia a créé la "Ruby Card", qui rassemble sur une carte à puce tous les renseignements médicaux qu'un particulier veut y mettre, codés ou non codés par lui, à remplir au moyen d'un logiciel. La carte (accessible pour 39 euros sur Internet et dans certaines pharmacies) a un port USB grâce auquel n'importe quel médecin ou service d'urgence peut lire le contenu de ce dossier médical, aux questions et au classement validés par la profession médicale. L'idée en est venue à Patrick Coudert à la fin des années 80, quand il était le responsable médical de l'Open de tennis de Monte-Carlo et qu'il lui fallait parfois soigner des joueurs dont il ignorait le dossier médical, parce qu'ils se déplacent sans arrêt. Sa société a conclu un contrat notamment avec la Ligue de football professionnel, pour les footballeurs eux aussi toujours en déplacement.

Enfin Fabrice Paublant, directeur général de Mensia, a conclu cette matinale en rappelant que "tout part du cerveau" et qu'on peut entraîner et faire travailler celui-ci. Sa start-up, créée il y a 3 ans, analyse les fonctions cognitives des personnes fragiles et propose des solutions pour stimuler certaines parties du cerveau, au moyen de jeux vidéos, tablettes numériques, capteurs, casques, etc., le tout encadré par du personnel médical qualifié. Ces outils, qui font appel notamment à la neuromodulation, à la stimulation électrique et électromagnétique, sont en phase de développement mais pourront équiper, dans un avenir proche, les maisons de retraite et les instituts désireux d'aider les personnes âgées à lutter contre la perte de la mémoire et de certaines fonctions cognitives. C'est valable aussi pour les plus jeunes: enfants ou adultes souffrant de troubles cognitifs légers, ou par exemple soldats victimes de troubles de stress post-traumatique.

(Retrouvez ci-dessous la playlist des interventions)

Les seniors et la "silver economy" étaient le sujet de la 6e Matinale de mercredi 3 juin.


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