Les sites de rencontres forment peu de couples durables

Etude

Les sites de rencontres forment peu de couples durables

Publié le :

Mercredi 10 Février 2016 - 16:30

Dernière mise à jour :

Mercredi 10 Février 2016 - 16:50
D'après une étude de l'Ined, si de plus en plus de Français sont inscrits sur des sites de rencontres, moins d'un couple durable sur dix se forme par ce biais. Car pour 70% des utilisateurs, il s'agit plus de faire des rencontres occasionnelles que de trouver le grand amour.
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©Lee Roberts/Flickr
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Alors que l'usage des sites de rencontre se démocratise de plus en plus, encore peu de couples (moins d'un sur dix) se forment par ce biais, révèle une étude de l'Institut national des études démographiques publiée mardi 9 février.

En 2013, en France, 14% des 26-65 ans s'étaient déjà inscrits sur un site de rencontre. Malgré tout, à l'exception des couples du même sexe, peu de relations durables se créent grâce aux sites ou applications de rencontres, note l'Ined. En effet, sur l'ensemble de la population française, parmi les personnes ayant rencontré leur partenaire actuel entre 2005 et 2013, moins de 9% l'ont rencontré par ce biais. Les sites "donnent plus souvent lieu à des relations éphémères qu’à des couples stables" et n’ont "pas redessiné la géographie amoureuse de la France", conclut l'Ined. Ainsi, les sites de rencontres n'arrivent qu'en cinquième position dans le classement des "contextes de rencontres", dominé par le lieu de travail, puis les soirées entre amis, les lieux publics et enfin l'espace domestique (chez soi ou chez les autres).  Et les utilisateurs eux-mêmes en sont conscients puisque pour 70% d'entre eux, il s'agit plus de faire des rencontre occasionnelles que de trouver le grand amour.

Les sites se révèlent en revanche plus efficaces dans le cas de "remise en couple" après un divorce et pour les homosexuels. "Entre 2005 et 2013, seules 5% des premières unions proviennent des sites, alors que c’est le cas de 10% des secondes unions", précise l’étude. Quant aux personnes homosexuelles "ayant connu leur partenaire actuel (de même sexe) entre 2003 et 2015, une sur trois l’a fait sur un site".

Au niveau du profil des utilisateurs, on remarque que les moins de 30 sont les plus nombreux à utiliser ce genre de site: entre 28% et 40% entre 18 et 25 ans et 29% entre 26 et 30 ans.  "Il s’agit là d’une génération socialisée tôt aux pratiques numériques et avec un usage extensif d’Internet. Surtout, c’est un groupe d’âges dans lequel on compte de nombreux célibataires", relève l'Ined.

Si les hommes sont les plus gros consommateurs de sites de rencontres dans leurs jeunes années (35,7% dans la tranche 26-30 ans, contre 22,9% pour les femmes), la tendance s'inverse au-delà de 55 ans. Dans la tranche 56-60 ans (6,5% d'utilisatrices contre 6,2% d'utilisateurs) et chez les 61-65 ans (3,6% contre 2,7%), les femmes sont "plus nombreuses que les hommes à vivre seules à ce moment de la vie, les femmes sont aussi plus enclines à fréquenter les sites dédiés à la (re)mise en couple", note l'Ined.

Enfin, concernant la catégorie socio professionnelle des utilisateurs, on remarque que les profils se sont diversifiés avec les années. Alors qu'en 2006, les cadres étaient deux fois plus nombreux que les employés, l'écart s'est aujourd'hui resserré (16% contre 13% en 2013), même si les classes supérieures sont toujours surreprésentées. Mais "la diversification sociale des usagers n’implique pas forcément leur brassage", explique l'Ined. "En même temps que les sites de rencontres se sont diffusés, ils se sont davantage spécialisés", s'adressant davantage à des populations spécifiques (même milieu, même religion), conclut l'Institut, évoquant une "démocratisation ségrégée".   

 

> L'enquête Etude des parcours individuels et conjugaux (Epic) a été conduite en France en 2013-2014, conjointement par l’Ined et l’Insee, auprès d'un échantillon représentatif de 7.825 personnes âgées de 26 à 65 ans, interrogées sur leurs "relations amoureuses importantes".

 

Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

Les sites de rencontres sont plus efficaces pour une "remise en couple" après un divorce.