Tabac: la vapoteuse en passe de ringardiser la cigarette chez les jeunes?

Tabac: la vapoteuse en passe de ringardiser la cigarette chez les jeunes?

Publié le :

Mardi 10 Mai 2016 - 12:47

Mise à jour :

Mardi 10 Mai 2016 - 12:52
©Alcalay Sarah/Sipa
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le boom de la cigarette électronique a inquiété les spécialistes de santé qui y voyaient un nouvel outil pouvant mener vers le tabagisme, notamment des jeunes. Une inquiétude qui pourrait être, en partie du moins, levée: la vapoteuse pourrait ainsi "ringardiser" le tabac, selon le professeur Dautzenberg, qui a supervisée une étude récente sur le sujet.

La vapoteuse, ou cigarette électronique, semble être bien plus qu'un écran de fumée. Après avoir longtemps inquiété les spécialistes, qui y voyaient une porte d'entrée supplémentaire vers le tabac, notamment pour les plus jeunes, la e-cigarette pourrait être un allié supplémentaire dans la lutte contre ce fléau, qui tue des dizaines de milliers de Français chaque année.

"Après avoir été inquiet jusqu'en 2013, plutôt rassuré en 2014, je suis en 2016 convaincu que l'e-cigarette est beaucoup plus un concurrent du tabac qu'une porte d'entrée en tabagisme chez les élèves parisiens", estime le pneumologue et spécialiste du tabac, Bertrand Dautzenberg cité par La Dépêche.

Celui-ci s'appuie sur une étude qu'il a supervisée pour l'association qu'il dirige, Paris sans tabac (PST). Il en ressort que si 7,7 à 9,2 millions de français ont déjà expérimenté la cigarette électronique, et entre 1,1 et 1,9 millions sont des usagers réguliers, selon les chiffres de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, celle-ci mèneraient moins vers l'addiction que sa cousine faite de papier. "Le taux d'utilisation régulière de tabac parmi les expérimentateurs du tabac est de 50%. Le taux d'utilisation régulière de l'e-cigarette parmi les expérimentateurs d'e-cigarette n'est que de 25%", souligne ainsi l'étude menée sur un échantillon de collégiens et lycéens parisiens.

Ainsi, la vapoteuse a beau avoir connu une explosion de son usage depuis 2012, celle-ci ne mènerait pas vers le tabagisme. "Les vapoteurs vapotent de plus en plus de liquides sans nicotine. Et nous constatons que la consommation de tabac diminue chez cette population", explique ainsi le professeur Dautzenberg, avançant que cette pratique pourrait même "ringardiser le tabac". Tout en reconnaissant la difficulté de tirer des enseignements généraux à partir de cette étude, menée uniquement à Paris.

 

"Les vapoteurs vapotent de plus en plus de liquides sans nicotine. Et nous constatons que la consommation de tabac diminue chez cette population", avance le professeur Dautzenberg.


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