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Retrouver New York au cinéma

Ciné


New York reste l'une des destinations touristique préférées des Français. FranceSoir.fr vous propose cinq films pour préparer ou prolonger le voyage.



Gangs of New York, de Martin Scorsese (2002)

Un peu d'histoire ne fait jamais de mal et pour comprendre la mentalité new-yorkaise, le film du maître Scorsese est essentiel. Au-delà de l'histoire de vengeance entre Amsterdam (Leonardo DiCaprio) et Bill le Boucher (Daniel Day-Lewis), Gangs of New York présente la naissance de la nation américaine sur fond d'immigration, de guerre de Sécession et d'affrontements urbains. Si l'Amérique est née dans la rue, elle a grandit à New York, ville melting-pot où chaque visiteur peut s'imaginer immigré. Une métropole unie mais divisée en ethnies Une cité également violente et pieuse. Une ville-paradoxe.







La 25e heure, de Spike Lee (2002)

« J'emmerde cette ville et tous ses habitants. (...) J'emmerde les Sikhs et les Pakistanais qui conduisent à fond la caisse des taxis en ruine et qui empestent le curry par tous les pores de leur peau. Tous des terroristes en puissance. Roulez moins vite, putain ! J'emmerde les petits mecs de Chelsea avec leurs pectoraux  épilés à la cire et leurs biceps gonflés aux hormones qui se taillent des pipes dans MES allées, MES parcs, MES quais et que je retrouve le nuit la queue à l'air dans MA télé. J'emmerde les épiciers coréens avec leurs pyramides de fruits au prix du caviar, leurs tulipes et leurs roses emballés dans du plastique. Dix ans qu'ils sont là et 'touzours pas bien comprendre'. (...) J'emmerde les Brokers de Wall Street auto-proclamés 'maîtres de l'univers', tous ces Michael Douglas alias Gordon Geko à la mord-moi-le-noeud, qui inventent chaque jour de nouveaux moyens d'exploiter les pauvres et mieux piller la planète, tous ces enculés de chez Enron méritent d'aller en tôle jusqu'à la fin de leurs jours et d'y crever ! Et Bush et Cheney, ils n'étaient pas au courant peut-être ? Ils nous prennent vraiment pour des cons ! (…) J'emmerde les vieilles friquées du Upper East Side avec leurs foulards Hermès et leurs artichauts de chez Balducci à 50 dollars pièce, qui passent leur temps à se faire tirer la peau à coup de lifting, stretching et autres conneries de ce genre. C'est de l'argent foutu en l'air, tu bluffes personne chérie. J'emmerde les Blacks de Harlem, ils passent jamais un ballon, ils veulent pas jouer défensif, ils font systématiquement 5 pas avant de tirer et quand ils loupent le panier, ils se retournent en hurlant que tout ça c'est la faute des Blancs. L'esclavage a été aboli il y a exactement 137 ans, alors mettez vos putains de montres à l'heure nom de Dieu ! (…) Et j'emmerde Oussama Ben Laden, Al Qaida, ces hommes des cavernes et tous les connards intégristes où qu'ils se trouvent. Au nom des milliers d'innocents massacrés, je prie pour que vous cramiez en enfer pour l'éternité dans une carlingue d'avion en flammes, vous et vos soixante-douze putes. Avec vos torchons sur la tête vous êtes tout juste digne de baiser mon royal cul d'Irlandais. (…) Des pavillons d'Asturias aux terrasses de Park Avenue, des logements sociaux du Bronx aux lofts de Soho, des meublés d'Alphabet City aux immeubles en pierres de tailles de Park Soho aux duplex de Staten Island, qu'un tremblement de terre les rase, que des incendies les réduisent en cendres et que le niveau des eaux monte jusqu'à engloutir toute cette ville et tous les rats qui s'y terrent. »

La tirade formulée par Edward Norton résume à elle-seule la tonalité du film, sans aucun doute le meilleur réalisé sur le New-York post-11 septembre. Si l'histoire de ce dealer passant sa dernière journée de liberté avant de se rendre en prison a bien été écrite avant les attaques du World Trade Center, les attentats et leur résonance sont présents du début à la fin. Le film évoque la rédemption, une absolution cherchée dans les cinq borough de la ville (Manhattan, Queens, Brooklyn, Bronx et Staten Island), une ville anonyme où se côtoient Coréens, Haïtiens, Irlandais, Japonais, Juifs, Noirs, Blancs, tous différents et opposés mais unis dans la douleur née en cette journée de septembre 2001.







Breakfast at Tiffany's, de Blake Edwards (1961)

Voici le New York chic, 5e avenue et Upper East Side, l'aristocratie américaine des années 50, 60, dépeinte à merveille dans cette adaptation du roman de Truman Capote. Mais au-delà des fêtes, des robes et des bijoux, tous propres à faire passer Gossip Girl pour un ersatz de Plus belle la vie, il y a Holly Golightly (Audrey Hepburn). Ses errances, son spleen inguérissable malgré les coktails, et sa quête identitaire illustrent l'un des visages de New York, la solitude, comme en témoigne la réflexion de son prétendant, Paul : « Où que tu ailles, tu finiras par te retrouver face à toi-même ». Une doctrine impossible à oublier dans les rues de Big Apple. 








Manhattan, de Woody Allen (1979)

Le chef-d'œuvre de Woody Allen est évidemment inévitable. Ne serait-ce que par son ouverture et ses plans de New York, sur fonds de Rhapsody in Blue, de George Gershwin. D'un point de vue purement visuel, on peut apprécier les images en noir et blanc du musée Guggenheim ou de l'hôtel Plaza, Central Park et le ferry de Staten Island, Park avenue sous la neige et skyline au soleil. On trouve de tout dans Manhattan, ces éléments qui façonnent le mythe, du jazz, des femmes, de la foule, du romantisme et du chaos. Le film est un condensé, petit guide de survie en territoire new-yorkais. Il présente également, à l'instar de Breakfast at Tiffany's, cette solitude propre à la ville. Les gens se côtoient, échangent leurs problèmes mais ne parlent jamais vraiment.







Die Hard 3, John McTiernan (1995)

Ok, celui-là, vous le regarderez en cachette parce que on n'avouera jamais qu'un gros blockbuster américain puisse apporter un quelconque enseignement. Tout est démesuré dans Die Hard 3, voire caricatural (comme les affrontements raciaux entre Noirs et Blancs). Mais certaines scènes illustrent néanmoins la célèbre énergie new-yorkaise, comme la course en taxi à travers Manhattan où Bruce Willis et Samuel Lee Jackson traversent le borough et Central Park à fond la caisse. Même constat dans la scène d'ouverture où les images de cartes postales se succèdent au son des lovin' Spoonful, Summer in the City. Or, quiconque aura une fois marché dans Big Apple aura cru, l'espace d'un instant, se retrouver dans un film. De l'énergie donc, dans cette New York cinématographique où la moiteur inhérente à la ville se fait sentir à chaque plan.




Par Sylvain Chazot
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