Par Philippe P
A propos de l'auteur
Né l'année du lancement de la série XIII sur une terre qui a donné naissance à quelques grands noms du 9ème art (dont Jacques Martin et Blutch), je n'ai pas vraiment été élevé dans le culte de la bande dessinée, même si la littérature a bercé ma jeunesse. Mon enfance est partagée entre les incontournables de la ligne claire et les comics Disney et Marvel. Ce n'est qu'à l'adolescence - par le biais de ma passion pour l'aéronautique, de Buck Danny, de Tanguy et Laverdure, de Biggles et des autres - que je m'aventure vraiment dans les méandres de la bande dessinée. Un univers sans fin dans lequel j'aime me perdre, cueillant au passage quelques perles qui feront autant de grands moments de lecture. De Bilal à Goscinny, de Van Hamme à Tardi, ces influences plurielles guident toujours mes choix aujourd'hui et prouvent qu'il existe de la bande dessinée pour tous les goûts. L'important étant d'essayer avant de juger.
Au programme cette semaine : une plongée dans le quotidien des sans-papiers, le premier volet d'un polar temporel, et un retour sur une aventure éditoriale osée dans le domaine de la bande dessinée espagnole.
Fan de football et plutôt à l'aise avec un ballon, le jeune Bilel se fait appeler Békame, comme son idole du club de Manchester United. Arrivé clandestinement en France, il part à la recherche de son frère Ahmed avec lequel il projette de partir pour l'Angleterre. Mais les choses ne se passent pas comme prévues avec les passeurs et Békame s'enfuit pour leur échapper. Après avoir rencontré Victor, un jeune punk qui habite dans un squat, il est recueilli par M. Assane, lui même issu d'une famille d'immigrés. Avec son aide, Bilel va par tous les moyens tenter de retrouver la trace de son frère.
Après quelques pages à peine, le doute s'installe : ne serait-on pas là en présence d'une simple adaptation en bande dessinée du film Welcome ? Même ville en crise, même atmosphère glauque, même héros sportif, même âme charitable. Après quelques pages encore, la réponse est finalement négative, même si le lien entre les deux œuvres est indéniable. Là où le film de Philippe Lioret a trop souvent tendance à tomber dans la caricature (un homme prêt à tout sacrifier pour aider un inconnu, de méchants policiers, un courageux clandestin), Békame s'intéresse au côté plus sombre du réseau de passeurs, souvent constitué d'anciens sans-papiers qui ont tenté le grand saut. Exploités par leurs propres frères de galère : telle est la situation à la fois dramatique et pathétique de ces clandestins en quête d'idéal. Auteur remarqué de La Faute aux Chinois, Aurélien Ducoudray poursuit avec talent son exploration de la BD sociale, dans la droite lignée d'un Baru. Une histoire touchante, parfaitement mise en images par le dessin vif et incisif de Jeff Pourquié.
Békame, Première partie, Ducoudray et Pourquié, éd. Futuropolis, 94 p., 17 euros, disponible
Paris, 1er janvier 1901. Un homme est retrouvé baignant dans son sang dans une chambre d'hôtel, lardé de seize coups de compas. Une arme du crime pour le moins étonnante, mais qui semble pourtant avoir déjà été utilisée à plusieurs reprises par le passé. Chargé de l'épineux dossier, le commissaire Ambroise Clé, expert en phénomène supranomaux, retrouve en effet la trace d'au moins trois autres meurtres similaires. Coïncidence ou assassinats en série ? Aucune des deux solutions ne semblent en réalité faire l'affaire puisque la plus ancienne victime n'est autre qu'une momie égyptienne dont le décès remonte à près de 4.000 ans !
Le polar est un genre particulièrement difficile à renouveler, y compris en bande dessinée. Les auteurs des Promeneurs du temps y sont pourtant parvenus grâce à un subtil mélange de références littéraires, cinématographiques et scientifiques, auxquelles ils ont ajouté une bonne dose de fantastique. Personnages convaincants, intrigue tortueuse mais solide, humour piquant : ce premier tome recèle de jeux de mots et de clins d'œil qui accompagnent brillamment un récit bourré de rebondissements. Un esprit décalé qui s'inscrit un peu dans la veine de Green Manor, la science-fiction en plus. Le dessin, qui n'est pas sans rappeler celui d'Arthur de Pins, dépoussière quant à lui un genre au graphisme trop souvent figé et suranné.
Les Promeneurs du temps ép.1 - L'Équation interdite, Viale et Dorange, éd. Poivre et sel, 58 p., 15 euros, disponible
A la fin des années 50, un petit groupe de dessinateurs particulièrement populaires décident de quitter leur journal détenu par la Editorial Bruguera, la plus importante maison d'édition de bande dessinée de l'Espagne franquiste. Payés au lance-pierre et déconsidérés par leur employeur qui règne en maître sur ce marché pourtant très concurrentiel, ils rêvent de réformer leur profession et leurs conditions de travail en récupérant, notamment, les droits d'auteurs sur leurs planches. Ces cinq artistes un brin utopistes fondent alors leur propre revue autogérée. Baptisée Tio Vivo, elle connait des débuts difficiles, Bruguera faisant jouer l'ensemble de ses relations pour que l'expérience capote. Et au bout de quelques mois à ce rythme, le journal doit finalement mettre la clé sous la porte.
Sorte de docu-fiction en BD (attention, ceci n'est pas une BD-reportage), L'Hiver du dessinateur revient sur l'une des premières grandes aventures éditoriales indépendantes tentées dans le monde de la bande dessinée. Une petite révolution qui a certes fait pschitt (l'Espagne franquiste n'offrait pas vraiment les conditions idéales pour une telle aventure), mais qui a eu le mérite d'exister. Un ouvrage original sur un sujet parfaitement méconnu en France.
L'Hiver du dessinateur, Paco Roca, éd. Rackham, 128 p., 19 euros, disponible
Au programme cette semaine Castilla drive, le nouveau roman graphique de l'excellent Anthony ...
commenterL'auteur de bande dessinée Mathieu Sapin a suivi pas à pas la campagne de François Hollande, de ...
commenterAu menu cette semaine, le récit autobiographique d'une auteure sud-coréenne atteint d'un cancer ...
commenter
Il a marqué des générations entières avec ses romans d'aventures et de science-fiction ...
Carlos Fuentes, le célèbre écrivain Mexicain est décédé mardi à l'âge de 83 ans. Ses ...
Au lendemain de la disparition de Carlos Fuentes, ce mardi 15 mai, les hommages affluent sur ...
L'écrivain et diplomate mexicain Carlos Fuentes, décédé mardi à l'âge de 83 ans, était l'un ...
La romancière belge Dominique Rolin, auteur d'une quarantaine de livres, est décédée mardi à ...
C'est officiel Amazon vient d'annoncer l'arrivée des livres numériques de Harry Potter.
nellyolson, le 25 mai à 11:18
Monsieur le ROI c'est quoi une meilleure intelligence c'est celle qui vient des Jupiteriens ?
PerrineR, le 25 mai à 11:13
Le cuivre tue les spermatozoïdes avant qu’ils n’atteignent l’ovocyte ! Il ne s’agit pas ...
spide, le 25 mai à 11:11
Se ruiner pour l’ouvrage, faut’ il qu’il serve à quelque chose … A mon avis il ...
myrthille44, le 25 mai à 11:10
Il vole une moto, il n'a pas de casque. Et bien sûr c'est la faute de la police. Gouvernement de ...
nellyolson, le 25 mai à 11:08
son femme va devoir elevé seul le fiston de 3ans,
nellyolson, le 25 mai à 11:08
277410 points
2681 commentaires
En savoir plus sur nellyolson
HeyBaal, le 25 mai à 11:00
269700 points
4059 commentaires
En savoir plus sur HeyBaal
Bluesun, le 25 mai à 08:13
174190 points
2326 commentaires
En savoir plus sur Bluesun
pasloi, le 25 mai à 11:06
163240 points
1489 commentaires
En savoir plus sur pasloi
rafale, le 24 mai à 20:02
116370 points
724 commentaires
En savoir plus sur rafale



