Par Philippe P
A propos de l'auteur
Né l'année du lancement de la série XIII sur une terre qui a donné naissance à quelques grands noms du 9ème art (dont Jacques Martin et Blutch), je n'ai pas vraiment été élevé dans le culte de la bande dessinée, même si la littérature a bercé ma jeunesse. Mon enfance est partagée entre les incontournables de la ligne claire et les comics Disney et Marvel. Ce n'est qu'à l'adolescence - par le biais de ma passion pour l'aéronautique, de Buck Danny, de Tanguy et Laverdure, de Biggles et des autres - que je m'aventure vraiment dans les méandres de la bande dessinée. Un univers sans fin dans lequel j'aime me perdre, cueillant au passage quelques perles qui feront autant de grands moments de lecture. De Bilal à Goscinny, de Van Hamme à Tardi, ces influences plurielles guident toujours mes choix aujourd'hui et prouvent qu'il existe de la bande dessinée pour tous les goûts. L'important étant d'essayer avant de juger.
Quelques belles sorties en librairie cette semaine, parmi lesquelles un livre-événement sur la liberté de la presse et le système carcéral en Iran, une biographie de Fidel Castro, et un magnifique roman graphique mêlant amour et croyances religieuses.

La vie de Mana Neyestani bascule en 2006 après la parution d’une bande dessinée jeunesse dans laquelle le dessinateur de presse iranien met en scène un enfant parlant avec un cafard. Dans une case, ce dernier utilise un mot azéri, ce qui a pour effet de déclencher la colère des membres de cette minorité turcophone qui vit essentiellement au nord du pays et qui est depuis toujours opprimée par le pouvoir central. Les manifestations se transforment en émeutes. La région est au bord de l’implosion. Pour calmer le jeu, Téhéran a besoin d’un bouc émissaire : ce sera Mana.
Autobiographie, pamphlet politique, bd-reportage : Une Métamorphose iranienne est un peu tout ça. Avant de s’installer en France, Mana Neyestani a passé plusieurs semaines en prison, puis a vécu le quotidien de tous ceux qui tentent, malgré les difficultés, de fuir la dictature. Récit brut et sans pathos d’une longue et inévitable descente aux enfers, cet album livre un témoignage émouvant et précieux de la réalité du système totalitaire iranien. Pas de scène de torture, ni d’exécution : juste la simple et terrible réalité que vit une société toute entière dans un climat de peur permanente.
Une Métamorphose iranienne, Mana Neyestani, éd. Çà et là/Arte, 196 p., 20 euros, en librairie le 16 février

1958. Fasciné par l’irrésistible ascension des guérilleros cubains, Karl Mertens, jeune journaliste allemand, décide de s’embarquer pour la grande île des Caraïbes. A son arrivée, la dictature pro-américaine est encore en place, mais plus pour longtemps car les hommes de Fidel Castro et du Che progressent rapidement grâce, notamment, au soutien de la population. Après la victoire des rebelles, Karl Mertens décide de rester à Cuba et devient correspondant pour de nombreux journaux européens.
Cet imposant et surprenant roman graphique en noir et blanc n’est pas à proprement parler une biographie. Il mêle en effet allègrement réalité et fiction par le biais de deux histoires d’hommes, deux destins qui vont se croiser puis s’éloigner l’un de l’autre. Karl Mertens est en quelque sorte représentatif de ceux qui ont, à cette époque, voulu croire en la possibilité d’une alternative démocratique et populaire par le biais d'une révolution armée. Le journaliste allemand ayant lui franchi le pas en rejoignant cette société idéale. Ni-pro ni anti-castriste, cet album amène un éclairage inédit sur l’un des hommes politiques qui ont fait le XXème siècle.
Castro, Reinhard Kleist, éd. Casterman, coll. Ecritures, 328 p., 18 euros, disponible

Kurt vit dans une petite cité dortoir ennuyante et sans charme. Un jour, ce jeune adolescent timide et pré-pubère rencontre la jolie Patrizia. C’est le coup de foudre. Kurt va désormais tout faire pour attirer l’attention de la jolie brune, y compris suivre les enseignements d’un pasteur évangéliste au passé trouble. Obnubilé par Patrizia, le garçon se laisse embobiner par les préceptes de sa famille spirituelle et accepte finalement de se convertir à sa nouvelle foi.
La Conversion n’est pas une simple histoire d’amour et encore moins un vulgaire brûlot anti-secte primaire et bourré de clichés. Cet album de 300 pages va beaucoup plus loin et s’enfonce au cœur de la machine infernale qui pousse, sans raison apparente, des milliers de personnes à rejoindre chaque année les bancs d’un mouvement sectaire. Pour Patrizia, c’est l’état de santé psychologique de sa mère qui est à l’origine de ce besoin de réponses. Pour Kurt, c’est l’amour sans limite mais inavouable qu’il voue à la jeune fille. Un homme, le pasteur Obrist, va profiter de ces deux cas de figure de la plus horrible des manières. Un livre touchant, entièrement réalisé à la mine de plomb, que l’on ne referme pas sans une certaine amertume.
La Conversion, Matthias Gnehm, éd. Atrabile, coll. Flegme, 304 p., 26 euros, disponible
Au programme cette semaine Castilla drive, le nouveau roman graphique de l'excellent Anthony ...
commenterL'auteur de bande dessinée Mathieu Sapin a suivi pas à pas la campagne de François Hollande, de ...
commenterAu menu cette semaine, le récit autobiographique d'une auteure sud-coréenne atteint d'un cancer ...
commenter
Il a marqué des générations entières avec ses romans d'aventures et de science-fiction ...
Carlos Fuentes, le célèbre écrivain Mexicain est décédé mardi à l'âge de 83 ans. Ses ...
Au lendemain de la disparition de Carlos Fuentes, ce mardi 15 mai, les hommages affluent sur ...
L'écrivain et diplomate mexicain Carlos Fuentes, décédé mardi à l'âge de 83 ans, était l'un ...
La romancière belge Dominique Rolin, auteur d'une quarantaine de livres, est décédée mardi à ...
C'est officiel Amazon vient d'annoncer l'arrivée des livres numériques de Harry Potter.
nellyolson, le 25 mai à 11:18
Monsieur le ROI c'est quoi une meilleure intelligence c'est celle qui vient des Jupiteriens ?
PerrineR, le 25 mai à 11:13
Le cuivre tue les spermatozoïdes avant qu’ils n’atteignent l’ovocyte ! Il ne s’agit pas ...
spide, le 25 mai à 11:11
Se ruiner pour l’ouvrage, faut’ il qu’il serve à quelque chose … A mon avis il ...
myrthille44, le 25 mai à 11:10
Il vole une moto, il n'a pas de casque. Et bien sûr c'est la faute de la police. Gouvernement de ...
nellyolson, le 25 mai à 11:08
son femme va devoir elevé seul le fiston de 3ans,
nellyolson, le 25 mai à 11:08
277410 points
2681 commentaires
En savoir plus sur nellyolson
HeyBaal, le 25 mai à 11:00
269700 points
4059 commentaires
En savoir plus sur HeyBaal
Bluesun, le 25 mai à 08:13
174190 points
2326 commentaires
En savoir plus sur Bluesun
pasloi, le 25 mai à 11:06
163240 points
1489 commentaires
En savoir plus sur pasloi
rafale, le 24 mai à 20:02
116370 points
724 commentaires
En savoir plus sur rafale



