Par Philippe P
A propos de l'auteur
Né l'année du lancement de la série XIII sur une terre qui a donné naissance à quelques grands noms du 9ème art (dont Jacques Martin et Blutch), je n'ai pas vraiment été élevé dans le culte de la bande dessinée, même si la littérature a bercé ma jeunesse. Mon enfance est partagée entre les incontournables de la ligne claire et les comics Disney et Marvel. Ce n'est qu'à l'adolescence - par le biais de ma passion pour l'aéronautique, de Buck Danny, de Tanguy et Laverdure, de Biggles et des autres - que je m'aventure vraiment dans les méandres de la bande dessinée. Un univers sans fin dans lequel j'aime me perdre, cueillant au passage quelques perles qui feront autant de grands moments de lecture. De Bilal à Goscinny, de Van Hamme à Tardi, ces influences plurielles guident toujours mes choix aujourd'hui et prouvent qu'il existe de la bande dessinée pour tous les goûts. L'important étant d'essayer avant de juger.
Considérée comme la locomotive du secteur de l'édition durant les quinze dernières années, la bande dessinée est aujourd'hui elle aussi en crise. Plusieurs facteurs synchrones expliquent cette situation.
La crise - la grande, celle qui a déjà coûté sa place à Zapatero ou à Berlusconi et qui va peut-être prochainement porter un président socialiste à l'Élysée - frappe l'ensemble des secteurs de l'économie. La bande dessinée ne fait pas exception. Qui dit baisse du pouvoir d'achat, dit baisse des ventes. La plupart des éditeurs constatent ce phénomène depuis deux ou trois ans, mais il est vrai qu'il s'est accentué ces derniers mois. Les ventes d'albums ont ainsi parfois eu du mal à décoller, même lorsqu'il s'agissait d'un best-seller écrit par un/des auteur(s) réputé(s) et publié quelques semaines avant les fêtes de fin d'année. Mais cette crise systémique n'explique pas tout. La bande dessinée est également victime de ses propres maux, au premier chef desquels la surproduction. Ce n'est pas la première fois que je le dis (voir un autre article sur le sujet) et je ne suis certainement pas le premier ni le dernier à l'affirmer. Inutile donc d'invectiver l'ensemble de la « presse bien-pensante » qui se ferait le chantre des majors du milieu (cf le récent cri d'alarme de Tarek sur Médiapart, par ailleurs totalement justifié).
La situation est finalement assez simple à décrire. La bande dessinée est un marché dont la croissance se tasse depuis quelques années. Celle-ci devrait d'ailleurs être nulle voire légèrement négative en 2011, selon le rapport de l'ACBD. La réponse de la plupart des grands éditeurs à ce repli a été d'augmenter le nombre de parutions en suivant une logique économique a priori implacable : compenser l'érosion des ventes relatives de chaque album par un plus grand nombre de nouveautés. Si chaque BD se vend en moyenne moins bien (mis à part les locomotives du secteur type XIII, Boule et Bill ou encore Thorgal), les volumes de vente restent ainsi globalement identiques. Ils ont même parfois tendance à augmenter. En clair, pour vendre autant d'albums qu'auparavant, il faut occuper l'espace. Cette option pose de multiples problèmes.
Elle incite tout d'abord à la publication d'albums n'ayant qu'un intérêt limité, voire inexistant. Cet argument n'est toutefois valable que si l'on privilégie le point de vue artistique. Économiquement, cette solution peut en effet s'avérer viable pour les éditeurs. On peut ajouter à ce premier point la multiplication des séries à parution rapide dont la qualité tant scénaristique que graphique n'est pas toujours au rendez-vous. Cette stratégie de la surenchère encourage ensuite les maisons d'édition à calculer au plus près leurs coûts, avec les conséquences que l'on connait sur les tirages et, surtout, sur la rémunération des auteurs. L'article paru lundi dans La Charente libre est en cela tout à fait éloquent.
Pour occuper l'espace rendu rare et cher par l'augmentation exponentielle des parutions, certains ouvrages sont donc tout simplement sacrifiés, avec les conséquences que l'on peut imaginer pour leurs auteurs. Combien d'albums sont à peine déballés des cartons avant d'être renvoyés illico à l'éditeur ? Trop, beaucoup trop c'est certain. Leur temps d'exposition s'est quant à lui également considérablement réduit. En effet, qui dit plus d'albums - à espace disponible constant - dit forcément durée de promotion moins longue. Un phénomène qui est encore amplifié par le développement des mangas, des comics et de la vente (dans certaines librairies grand public) d'albums d'occasion, des produits de plus en plus recherchés par les lecteurs. Encore un effet de la crise, car il faut bien avouer que, dans le même temps, le prix moyen des albums s'est envolé. Et la hausse du coût du papier n'en est pas la seule raison.
Dans ce cas de figure où la promotion d'une bande dessinée est difficile, y compris pour les majors du secteur, que dire des petites structures dont les moyens sont, en comparaison, relativement dérisoires. Bon nombre d'albums de grand intérêt - notamment de par leur originalité, voire leur caractère expérimental - passent quasiment à la trappe. Peu mis en avant dans les librairies dites grand public, peu chroniqués dans la presse généraliste, ils ne sont finalement réservés qu'à un cercle très restreint de lecteurs.
La solution pour stopper un engrenage que certain juge fatal ? Mettre un terme à cette course effrénée aux parutions, adopter une politique éditoriale plus cohérente et surtout plus qualitative (pourquoi toujours niveler par le bas...), renforcer les droits des auteurs, appliquer une politique de prix raisonnable... Sans cela la France qui, ne l'oublions pas, fait encore figure d'eldorado pour bon nombre d'auteurs de bande dessinée (beaucoup de scénaristes et de dessinateurs étrangers de renom vivent en France comme Lorenzo Mattotti, Manuele Fior, Alejandro Jodorowsky ou encore Juanjo Guarnido, pour ne citer qu'eux), se verra progressivement vidée de sa substance créative qui s'en ira vers d'autres horizons.
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La BD est morte à la fin des années 70. Les années 80 ont été terrible pour elle, un max de production et un minimun de qualité.
Je n'echangerai jamais les premiers Metal Hurlant contre une pallette de ce qu'on trouve maintenant à la FNAC ou ce qui est encensé par Telerama. Pouah !
Des Francis Masse, Caza et autres, y'en aura plus.
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Monsieur le ROI c'est quoi une meilleure intelligence c'est celle qui vient des Jupiteriens ?
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Parceque les officiers ont donné leur avis ? pourquoi est-il aller leur expliquer alors ?
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spide, le 25 mai à 11:11
Se ruiner pour l’ouvrage, faut’ il qu’il serve à quelque chose … A mon avis il ...
nellyolson, le 25 mai à 11:08
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HeyBaal, le 25 mai à 11:00
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rafale, le 24 mai à 20:02
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