Hector Bianciotti, qui vient de mourir à l'âge de 82 ans à Paris, était un écrivain rare d'origine argentine, qui maniait à la perfection la langue française après l'avoir adoptée pour son oeuvre.
L'écrivain Hector Bianciotti est mort à 82 ans. Son quatrième roman, Le pas si lent de l'amour, une « autofiction », selon son expression, raconte son exil, depuis l'Argentine, où il était né en mars 1930, vers l'Italie et l'Espagne et la lente « métamorphose » qui lui fait adopter le français.
Le choix de la langue française correspond à « un formidable besoin de s'exprimer » et de « retrouver dans cette conversion l'éblouissement éprouvé à 15 ans pour le mysticisme de la poésie au travers de quelques vers de Paul Valéry extraits de La Jeune Parque ». Tout jeune, il dévore Baudelaire, Mallarmé, Verlaine. Adolescent, racontait-il, « il y a eu Sartre et le choc fulgurant de L'Etranger de Camus ».
« Changer de langue », disait-il, « c'est modifier sa façon d'être, sentir différemment ». Ne détestant pas le paradoxe, il affirmait qu'on peut être désespéré dans une langue et à peine triste dans une autre. L'écrivain avait été naturalisé français en 1981, puis élu à l'Académie française en 1996 où il avait rejoint les quelques immortels non français ou d'origine étrangère qui y siégeaient. Regard clair, mèche blonde, élégance discrète, Hector Bianciotti avait gardé une allure juvénile.
Son premier roman écrit en français, Sans la miséricorde du Christ, obtient le prix Femina 1985. Suivent Seules les larmes seront comptées (1988) et Ce que la nuit raconte au jour (1992). Auparavant, il avait écrit en espagnol Le Traité des saisons (Prix Médicis étranger 1977), et un recueil de nouvelles L'Amour n'est pas aimé, couronné en 1983 du prix du Meilleur livre étranger. Son oeuvre, récompensée par le Prix littéraire Prince Pierre de Monaco, se définit pour le poète cubain Severo Sarduy par « ce tempo singulier et dilaté, si propice à la subite incandescence du baroque ».
Né dans la pampa de Cordoba, paysage « sans limite » et « sans issue », Hector Bianciotti quitte l'Argentine en 1955. Arrivé à Paris en 1961, découvert par l'éditeur Maurice Nadeau, il signe en 1969 dans La Quinzaine littéraire. Il devient ensuite journaliste littéraire au Nouvel Observateur, avant d'écrire pour Le Monde. Personnalité importante de la République des Lettres, il passe en 1989 de Gallimard à Grasset, où il siège au comité de lecture et dont il est l'un des conseillers du président. Il préside également la commission Littérature étrangère du Centre national du Livre.
Hector Bianciotti est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont le roman, Nostalgie de la maison de Dieu (Gallimard), a été publié en 2003, avant Lettres à un ami prêtre, sa correspondance avec Benoît Lobet paru en 2006. Il était officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite.
amazonia, le 25 mai à 04:14
Ben26, le 25 mai à 00:02
Ce type ne peut pas, légitimement, prétendre au titre de "président des Français" car il a ...
amazonia, le 24 mai à 19:36
pour les chirurgiens hommes et femmes ! ROBOTS super progrès . les chirurgiens/ médecins ...
amazonia, le 24 mai à 19:29
le maxi rétropédalage des gauchos ! de la mini -jupe a la burqua ! silence! aujourd'hui ! ou ...
amazonia, le 24 mai à 19:19
nellyolson, le 12 mai à 10:07
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HeyBaal, le 26 jui à 17:29
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