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Météo - Un hiver salé !

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Près de 700.000 tonnes de sel sont répandues chaque année sur les routes françaises. Des opérations coûteuses qui ont aussi un impact écologique.


Pourquoi le sel agit-il sur la neige ?

Le principe est simple : l’eau se change en glace dès que sa température descend en dessous de 0 °C. Mais lorsqu’elle est salée, elle ne se solidifie qu’à partir de – 10 °C, sous l’effet d’un processus chimique. Le sel qui se mélange à la neige la fait fondre et empêche la formation de verglas si le froid persiste. Le produit appliqué sur les routes est essentiellement du chlorure de sodium, qui a la même composition que le sel de cuisine. Pour une efficacité accrue, ce sel routier est parfois dilué avec de l’eau. On obtient une sorte de bouillie appelée « saumure » qui reste collée à la route sans voler sur le bas-côté.

Comment l’utilise-t-on ?

Le sel peut être utilisé de façon préventive, avant la formation de la glace. Il empêche alors l’eau présente sur la chaussée de geler. On l’emploie aussi pour aider la neige durcie à fondre. Le résultat est quasi immédiat mais il est de courte durée : il faut saler fréquemment au fur et à mesure de la disparition de la glace. La quantité de sel répandue varie de 5 à 15 grammes par mètre carré, en fonction de l’état de la chaussée et de la température de l’air. Enfin, contrairement à certaines idées reçues, le salage préventif est totalement inefficace.

Quels sont les besoins de la France ?

Pour déneiger les routes, l’Etat, les sociétés d’autoroutes, les conseils généraux et les communes sont chargés de constituer des réserves et de les gérer au mieux. En moyenne, 700.000 tonnes de sel de déneigement sont utilisées chaque année, mais en cas d’hiver rigoureux les besoins peuvent atteindre 1,5 million de tonnes. Avec ses 30 dépôts stratégiquement implantés sur le territoire, le groupe Salins se dit capable de mobiliser « 400.000 tonnes dès les premiers flocons ».

D’où vient le sel routier ?

La production de la France ne couvre que la moitié de ses besoins pour le déneigement. Le reste est importé du Maghreb (Tunisie, Maroc), d’Italie et d’Espagne. Mais après deux hivers très rigoureux, où la consommation a doublé en Europe, les stocks ont été fortement entamés.

Quel est son impact sur l’environnement ?

Le salage est régulièrement accusé de provoquer des dégâts sur l’environnement. Les écologistes dénoncent l’infiltration de la neige fondue dans les cours d’eau et les nappes phréatiques. Selon eux, ces eaux à haute teneur en sel ont un impact sur l’équilibre de la faune et de la flore. Certains défenseurs de l’environnement plaident pour une utilisation accrue du sablage. Mais cette technique en vogue dans les pays nordiques a des inconvénients : si le sable améliore l’adhérence du pneumatique sur la route, il ne permet pas de faire fondre la neige.

Combien coûte-t-il ?

La tonne de sel s’achète en moyenne 80 €, mais son prix dépend beaucoup de la distance sur laquelle elle doit être transportée. Les deux tiers du coût d’une tonne de sel couvrent en effet les frais logistiques, tandis que le dernier tiers correspond aux frais de production. Et pour le sel importé depuis des pays lointains comme l’Australie ou le Brésil, la logistique représente les trois quarts du prix de vente !

Y a-t-il un risque de pénurie ?

Selon le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, « les réserves en sel des directions interdépartementales des routes sont suffisantes ». Mais l’Association pour le sel au service de la viabilité hivernale (Asselvia) dénonce une « tension extrême » des stocks : par peur d’une pénurie et à cause de l’hiver précoce, les collectivités ont pris les devants dès septembre. Et la demande a explosé en Europe du Nord. « La plupart des fournisseurs n’arrivent pas à avoir les quantités qu’ils souhaitent », selon Gaël Chapleau, dont la société Quadrimex livre en flux tendu depuis trois mois, malgré des stocks en hausse de 50 %. En fin de semaine, le département des Ardennes avait déjà répandu 70 % des 6.000 tonnes de sel de ses 26 dépôts. Après les chutes de neige, des températures très basses et prolongées pourraient entraîner des pénuries provisoires, notamment en Ile-de-France, mi-janvier. Tout dépendra de la météo !



Par Juliette Demey et Marie-Laure Hardy
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Publié : 20/12/10 - 08h04
Mis à jour : 19/12/10 - 19h38
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