FRANCE-SOIR. Comment est né le projet de Cléopâtre ?
KAMEL OUALI. L’idée remonte à mon adolescence. A cette époque, les personnages historiques tels que Cléopâtre me séduisaient. Il y a quelques années, lorsque j’ai proposé à mon producteur de monter Le Roi Soleil, je savais qu’à son tour Cléopâtre serait sur mon chemin.
C’est la première comédie musicale dont l’héroïne est une femme…
Cléopâtre est exceptionnelle. Elle a sa dose de mystère, de combativité et d’ambition comme un homme, sauf qu’elle sait rester une vraie femme. C’est une héroïne avant-gardiste. La mettre en scène, c’était un moyen pour moi de rendre hommage à toutes les femmes d’aujourd’hui. Certaines s’oublient au détriment de leur carrière. Lorsqu’elles arrivent à tout concilier, elles sont à leur tour des Cléopâtre.
Pourquoi avoir choisi Sofia Essaïdi dans ce rôle ?
C’est une jeune femme pluridisciplinaire. A 23 ans, elle excelle aussi bien en chant, en danse qu’en comédie. Pendant les répétitions, il lui est arrivé de pleurer tellement j’étais sévère avec elle. Mais elle sait porter un regard critique sur elle-même.
Les auditions ont duré un an et demi. C’est long…
On a passé des castings en France, au Canada, en Suisse et en Belgique. Il était important qu’il se crée une vraie symbiose entre tous les protagonistes, en particulier entre Cléôpatre, Jules César et Marc Antoine.
Tous les comédiens sont-ils aussi bons en chant et en danse ?
Non. Cléopâtre devait savoir aussi bien chanter, danser que jouer la comédie. Pour les autres, il fallait qu’ils soient avant tout athlétiques, tels des Romains, des dictateurs ou des chefs de guerre.
Comment allier reconstitution historique et modernité ?
La difficulté, c’est que chaque spectateur recèle dans son inconscient des anecdotes au sujet de Cléopâtre, de l’Egypte ou de Jules César. Il fallait s’approprier ces personnages tout en conservant une grande part de réalisme. Je voulais respecter le spectre de l’histoire. Il était important, par exemple, que sa coiffure fût telle qu’on l’imagine, avec une frange et des cheveux courts.
Donnez-nous quelques détails de la mise en scène…
J’ai fait appel à des Circassiens pour aller encore plus loin que ce que j’ai l’habitude de faire. Le décor est féerique. A la fin du spectacle, il y aura des jeux d’eau. Dans l’Egypte ancienne, certaines personnes disaient que Cléopâtre était la « vipère du Nil ». J’ai voulu la faire mourir au-dessus du fleuve. Il y aura également de la voltige.
D’où vous vient toute cette imagination ?
Des comédiens. Ce sont eux qui m’inspirent.


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