Musique

Mylène Farmer fête ses 48 ans au Stade de France

Loïc Torino-Gilles, le vendredi 11 septembre 2009 à 04:00

lu 8543 fois · commentaires fermés Printer User_go Twitter Viadeo Wikio Digg_france

Près de 160.000 personnes viennent communier avec la plus énigmatique chanteuse française. Deux messes qui se jouent à guichets fermés.

La nuit dernière, Mylène Farmer n’a pas dû fermer l’œil. Elle a, sans doute, refait dans sa tête les pas de ses chorégraphies et vu défiler les paroles de ses chansons. Même les moutons dessinés par ce Saint-Exupéry qu’elle aime tant n’ont pu apaiser son agitation.

Son angoisse ? Décevoir ses fans. « C’est ce qu’elle redoute le plus », lâche Thierry Suc, son impresario. Le plus dur semble pourtant derrière la belle. Car ce show pharaonique, qu’elle présente ce soir et demain soir au Stade de France, est le point d’orgue de dix-huit mois de travail et d’une longue tournée.

Adapté pour le plein air, ce spectacle a été joué la semaine dernière en Suisse. Il n’a reçu que des louanges, et de la presse et du public. Ce samedi est déjà annoncé comme une date particulière. Ce soir-là, l’inoubliable Libertine fêtera ses quarante-huit ans.

« Je vais vous faire une confidence, il y a fort longtemps que je ne célèbre plus mon anniversaire, a-t-elle avoué, mardi dernier, à RTL. Mais pour être tout à fait franche, un anniversaire devant 80.000 personnes, c’est quelque chose qui sera, je crois, incroyable à vivre. Donc j’adore cette idée-là. Je vais essayer de ne pas pleurer », ironise-t-elle. Le public, son fervent « ami », a déjà prévu d’entonner la chanson de circonstance sur la fin du slow Rêver. Il y a fort à parier que les larmes couleront.

« Qu’on ne m’oublie pas »

Mais avant cela, l’iris de Mylène Farmer, devenu nébuleuse, viendra crever l’écran géant. Au son de la batterie hypnotique, elle descendra de son piédestal, chevelure rousse ornée d’un diadème planté de croix, corps superbement moulé dans un costume d’écorchée signé Jean-Paul Gaultier, pour ouvrir le show avec Paradis inanimé.

Deux immenses squelettes inspirés du Transit, une sculpture du XVe siècle, seront les gardiens de l’escalier central lumineux, tandis que les mannequins, placés dans une sorte de bibliothèque (et qui rappellent la poupée qui illustre la pochette de Point de suture, son dernier album), s’animeront en fonction des tableaux imaginés par Mark Fisher.

Fouillée, fantomatique, baignée de noirceur et de gigantisme, cette scénographie sera appuyée par des effets visuels léchés signés Alain Escalle et les jeux de lumière épatants de Dimitri Vassiliu. C’est dans cet écrin que la belle égrène, deux heures durant, ses plus grands tubes.

Je m’ennuie, XXL, Désenchantée, Appelle mon numéro, Sans contrefaçon, Libertine, Pourvu qu’elles soient douces, C’est dans l’air, Dégénération… Au piano, Yvan Cassar soulignera la subtilité des mots de l’artiste au moment où elle susurre, sur une avant-scène qui la rapproche de son public, ses plus belles ballades : Point de suture, Ainsi soit je…, Nous souviendrons-nous.

Puis les projecteurs s’éteindront. Mylène Farmer redeviendra Mylène Gauthier, son véritable état-civil. Et Mylène retrouvera la pâleur de la nuit.

« J’ai ce paradoxe en moi. Je suis capable de vivre aussi bien dans l’ombre et de m’exprimer dans la lumière. Je suis de nature discrète en général, de nature timide parfois, mais l’éclat de rire fait partie de moi aussi. Je crois que j’ai cette force qui me permet de surmonter toutes mes peurs, tous mes démons au moment où j’en ai le plus besoin. Ce métier est quelque chose qui m’a aidée à m’incarner. Il est fondamental. » Mylène pourra alors dormir tranquille. Avec le sentiment que peut-être, on ne l’oubliera pas.

 

 


Ils ont vu le premier concert outdoor en suisse


Cédric n’a pas voulu rater le lancement de la tournée des stades. Ce Bourguignon de 24 ans, qui avait déjà assisté au concert en salle à Marseille et à Strasbourg, faisait partie des 32.000 fans présents, vendredi dernier, sur la pelouse de La Praille (Suisse).

« Niveau ambiance, je n’ai pas été déçu, raconte-t-il. J’ai été impressionné par la grandeur du décor. » Un bémol cependant pour le final : « Bien sûr, j’adore Désenchantée, mais je regrette que Mylène n’interprète plus Si j’avais au moins revu son visage. Ce slow donnait vraiment une fin de spectacle émouvante. » Maxime, 19 ans, avait déjà assisté au concert de Nice. Du stade, il a aimé le gigantisme.

« Quand Mylène s’approprie l’avancée de scène pour nous émouvoir avec le piano d’Yvan Cassar, c’est sublime. Je trouve dommage qu’elle n’utilise pas davantage cette partie du décor. » Enfin, Marie, 38 ans, qui n’avait jamais vu la star sur scène, est enthousiaste : « C’était du grand, du beau, du Mylène. Vraiment, le prix des places est largement justifié, j’ai passé une soirée inoubliable. »

Ironie du sort, quand certains reprenaient « Tout est chaos », le refrain de Désenchantée, d’autres déchantaient dans leur voiture car la forte affluence de ce concert a engendré des embouteillages monstres qui ont paralysé les artères de la cité. L’édition suisse du quotidien 20 Minutes révèle ainsi que, faute d’ambulances disponibles, une maman s’est retrouvée dans les bouchons avec son bébé blessé. Heureusement, ce dernier a pu être soigné. Tout n’est donc pas que chaos.

 

 

 

Edition France Soir du vendredi 11 septembre 2009 page 29

lu 8543 fois · commentaires fermés Printer User_go Twitter Viadeo Wikio Digg_france

aucun commentaire

Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.