Musique

Concours de violoncelle Rostropovitch - “Un lieu d’échange exceptionnel”

Propos recueillis par Stéphane Haïk, le samedi 7 novembre 2009 à 04:00

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Claude Samuel, président de l’Association pour la création et la diffusion artistique, organisateur de la manifestation parisienne, défend l’idée de l’utilité des compétitions internationales.

FRANCE-SOIR. Certains observateurs considèrent que les concours de musique sont tout sauf un passeport pour la carrière. Que pensez-vous de cette assertion ?
CLAUDE SAMUEL.
Ils ne constituent sans doute pas, en effet, des passeports qui garantissent à tous les lauréats une carrière internationale. Mais les vrais desseins d’une compétition internationale de musique comme le Concours Rostropovitch sont ailleurs. Le premier d’entre eux est d’offrir à tous les candidats qui se présentent un objectif de travail précis : apprendre, puis assimiler les partitions inscrites au programme des épreuves qu’ils s’apprêtent à passer. Dans un second temps, l’intérêt de ce genre d’événement, c’est de prendre la pleine mesure de ce qu’est une interprétation : éminemment subjective, elle ne répond à aucun critère rationnel, et il existe autant de manière de concevoir une œuvre qu’il existe d’interprètes. Et puis, un concours est un lieu d’échange exceptionnel, un brassage de cultures unique, un moyen pour les impétrants de se frotter à d’autres conceptions musicales, à d’autres approches esthétiques que les leurs.

De grands violoncellistes tels Anne Gastinel, Xavier Philips ou Lluis Claret sont lauréats du Concours Rostropovitch. Comment expliquez-vous que beaucoup d’autres soient aujourd’hui totalement oubliés ?
Parce que, une fois encore, un concours ne saurait être autre chose qu’un coup de pouce donné à l’entame d’une carrière. Etre récipiendaire d’un prix permet aux jeunes musiciens de se faire connaître de la profession, de se faire remarquer par un agent artistique, de se voir proposer des engagements. Pour autant, subsistent beaucoup d’éléments inconnus : les lauréats sauront-ils saisir les meilleures opportunités qui se présentent à eux, suivre la voie qui correspond le mieux à leurs aspirations, et, surtout, bénéficier du facteur chance qui leur est indispensable ?

A l’instar des prix littéraires, les concours internationaux de musique font fréquemment l’objet de polémiques. Il n’est pas rare que l’on critique les méthodes des jurys, voire même la manière dont ils sont composés. Quelle est votre position à ce propos ?
Il fut un temps où tout cela pouvait être vrai, avant que le bloc de l’Est n’implose. Il n’était alors pas rare que les ministres de la culture des ex-Républiques soviétiques, pourvoyeuses de grands interprètes par ailleurs, donnent l’ordre à ceux de ses membres qui participaient à des jurys à l’étranger de voter pour ses propres candidats. Mais tout cela appartient bel et bien au passé ; des règles strictes ont été établies par la Fédération mondiale des concours internationaux de musique, afin que ces dérives, au fond bien humaines, ne se produisent.

Edition France Soir du samedi 7 novembre 2009 page 23

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