L’histoire du verre à moitié plein ou vide c’est selon!

L’histoire du verre à moitié plein ou vide c’est selon!

Publié le 15/05/2020 à 16:13 - Mise à jour le 18/05/2020 à 08:18
Azad Pirayandeh
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Auteur(s): Xavier Azalbert et Sébastien Ménard pour FranceSoir

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La vision de la science et plus particulièrement de ce qui sépare la position des pro Raoult versus les pro Discovery se résumerait-elle à une simple maxime ?  Aucun des deux camps n’a tort et chacun avance des arguments en faveur du contenu de son verre ou du fait qu’il n’a pas assez de contenance.

La position des pro Raoult se résume en plusieurs points : une situation d’urgence exceptionnelle avec des personnes qui décèdent du virus, une expertise préalable et reconnue du Professeur Raoult, une approche empirique de la médecine en situation d’urgence qui dépasse parfois l’approche statistique et un protocole qui est déjà mis en place et facile à répliquer. Le verre (contenant) est suffisamment plein pour que l’on puisse commencer à boire, le contenu parait acceptable aux médecins et aux patients puisqu’il donne des résultats.  Le verbatim est simple

« en situation d’urgence, j’essaie avant tout de soigner mes patients au meilleur de mes moyens » !

De l’autre côté du spectre médiatique, la vision parfaite de la science, la certitude de l’arithmétique, l’approche du risque zéro : le test du double aveugle de divers traitements correspondants aux meilleures hypothèses, les échantillons de taille substantielle afin d’obtenir des résultats statistiquement probants et irréfutables, un essai à l’échelle européenne où on met tous les moyens nécessaires pour résoudre le problème, et une acceptation  des contraintes réglementaires tout en sachant parfaitement que les contraintes réglementaires prennent du temps… Et là nous avons en main,  un verre pas assez plein pour que l’on puisse scientifiquement y boire.  Il faut que le verre soit rempli afin que l’on puisse considérer se désaltérer à sa soif. 

Un contenant qui doit être irréprochable et un contenu qui doit l’être tout autant.

Oui mais pendant ce temps, filant, précieux, incompressible, des destins sont arrêtés, des vies sont perdues, des gens meurent.  Faut-il sacrifier sur l'autel de la science parfaite la vie de personnes ou bien apprendre de manière itérative ?  A dire et redire les raisons (valables) pour ne pas faire, ne faut il pas accepter un pragmatisme basique et empirique ? 

Pourquoi ne pas encourager le « ça à l’air de marcher », et le « travaillons ensemble » ?

Cette fracture, tout sauf contemporaine, semble être une des causes et non une conséquence de l’immobilisme français. C’est finalement l’éternelle transposition du débat entre droit et devoir. Le droit et la science statistique entraîne un immobilisme des positions qui n’est pas tenable dans le long terme d’une société qui doit bouger et se réinventer.

Comment devrions-nous positionner ? Boire dans un verre à moitié vide mais à demi-plein d’espérances ou attendre de voir ce dernier se remplir d’infinies certitudes ? Un parti à prendre. 

Essayer c’est progresser. Progresser c’est en l’espèce ne pas accepter de mourir… de soif et tout court.

Alors buvons !

Auteur(s): Xavier Azalbert et Sébastien Ménard pour FranceSoir


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