Nous sommes français !

Nous sommes français !

Publié le 02/09/2020 à 09:42 - Mise à jour à 09:53
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Auteur(s): Sébastien Ménard pour FranceSoir

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Edito : Il est parfois des vérités qu’il est bon de rappeler. La liberté d’expression est un droit humain fondamental énoncé à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Personnellement je ne prétends pas être un droit-de-l’hommiste hébété. Je ne suis pas non plus un juriste diplômé. Non. Je suis un citoyen français, républicain, laïque et croyant. Ce dernier adjectif appartenant selon moi à mon identité personnelle et intime. Comme Apollinaire, je connais « gens de toutes sortes ». Je rencontre, j’écoute, je discute avec des femmes et des hommes de tous âges, de toutes origines, de toutes confessions et de manière plus générale de tous les horizons.  Et à l’heure ou s’ouvre le procès historique des attentats meurtriers de Paris de janvier 2015, il ne m’est pas interdit, avec d’autres, de m’interroger moi aussi sur les dérives de notre temps. En démocratie, la liberté d’expression qui pose les bases de tous nos droits est-elle devenue périssable ? Je ne le crois pas. Naturellement. En démocratie, la liberté d’expression qui induit la liberté de la presse est-elle aujourd’hui dangereusement menacée ? Je le crois. Indéniablement.

            

Où (qui) est Charlie en 2020 ? Je pose ici la question. Charlie Hebdo qui fait le choix de republier ce jour les caricatures danoises du prophète Mahomet, celles publiées en 2006 par le journal satirique français après avoir été rendues publiques en 2005 par le journal danois Jyllands-Posten. Une publication courageuse, intitulée « Tout ça pour ça », et qui  risque, c’est vrai, de souffler viralement sur des feux mal éteints… Une publication à contre-courant de la contagion angélique mimétique… Quinze ans déjà que le monde moderne mondialisé et ultra connecté s’est définitivement divisé. J’entends déjà en ce jour ci-particulier pour nos libertés fondamentales, celles et ceux qui n’hésiteront pas à réaffirmer courageusement leur #ToujoursCharlie, et celles et ceux qui assumeront non pas moins courageusement leur #ToujoursPasCharlie. Le pugilat numérique de ce jour n’aura d’égal que mon indicible malaise en ayant une pensée pour les 17 victimes de ces crimes odieux commis par des terroristes islamistes les 7, 8 et 9 janvier 2015 dans les locaux parisiens de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

La liberté d’expression n’a pas de prix ? La vie pour les uns ? Des balles de fusils d’assaut pour les autres ? Qui le conteste ? Personne. Et pourtant je le sais et nous en avons toutes et tous pleinement conscience : Les censures sociales, morales, intellectuelles et politiques prospèrent partout.

Nous sommes toutes et tous devenus, malgré nous je l’espère, des censeurs et des encenseurs en puissance. La bienséance intellectuelle et la pudibonderie morale nous pousse à nous méfier de tout, de toutes et de tous, et pire encore, de nous-mêmes. Plus personne dans le monde réel comme dans la sphère virtuelle, n’ose penser, tâtonner, dire, critiquer, écrire, assumer et publier ce qu’il pense vraiment, profondément. Sur Charlie mais pas seulement.  Nous condamnons et crucifions au pilori médiatique les sachants, les savants, les clivants -qu’ils aient tort ou raison - et nous vénérons les commentateurs œcuméniques, les fanatiques du « en même temps », les vrais-faux bienveillants et les opportunistes de tous les instants.

Personnellement, je ne cherche pas à plaire à tout le monde. Je ne cherche pas non plus à faire consensus. En même temps, je respecte toutes les convictions et plus que tout : celles et ceux qui en ont. J’aime les débats éclairés, l’art du contradictoire, les argumentations sublimées, les joutes oratoires assumées. Et j’aime plus que tout, apprendre respectueusement de mes semblables, qui partagent parfois avec moi, leurs expériences de vie et de foi, et ce avec leurs croix, leurs voiles et leurs kippas. Parce que comme d’autres avant moi, j’aime cette citation apocryphe, non sourcée, sans doute jamais écrite, mais peut-être prononcée par le tolérant Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Plus que l’esprit Charlie, l’esprit français c’est définitivement cela. Qui s’en plaindra ? Pas nous.

Pour toutes ces raisons, nous nous battons tous ensemble pour que nos libertés fondamentales ne reculent pas, jamais. Pour toutes ces raisons nous défendons sans réserve, ces mêmes libertés fondamentales qui nous permettent en démocratie de croire ou de ne pas croire, d’aimer ou de pas aimer, de prier, de penser, de critiquer, de publier, de caricaturer ou de blasphémer.

Pour toutes ces raisons nous sommes et nous resterons #Charlie, #Charb, #Cabu, #Wolinski, #Tignous, #Honoré, #Bernard, #Michel, #Elsa, #Mustapha, #Franck, #Ahmed, #Frédéric, #Clarissa, #Yohan, #Philippe , #François-Michel, #Yoav. Pour toutes ces raisons nous condamnons les extrémistes, les séparatistes et les fanatiques, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

Pour toutes ces raisons nous appelons le Président de la République, Emmanuel Macron à défendre sans réserve une Charte de la laïcité et des valeurs de la République.

Pour toutes ces raisons mais plus encore : Nous sommes français !

 

Auteur(s): Sébastien Ménard pour FranceSoir


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