10 ans, déjà 10 ans un anniversaire pour ZEbet et ZEturf. Entretien avec Emmanuel de Rohan Chabot

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10 ans, déjà 10 ans un anniversaire pour ZEbet et ZEturf. Entretien avec Emmanuel de Rohan Chabot

Publié le 02/06/2020 à 17:57 - Mise à jour à 18:12
France Soir
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Auteur(s): FranceSoir

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Emmanuel de Rohan Chabot est le fondateur de ZEbet.com et ZEturf.com, créés il y a 10 ans.  Les sites de paris en ligne ont fêté récemment leur dixième anniversaire avec une activité fortement affectée par la crise du coronavirus.  Emmanuel de Rohan Chabot est aussi le président de l’Association française des opérateurs de jeux en ligne (AFJEL). Il a répondu à nos questions dans le cadre d’un entretien à hauteur d’hommes.

FranceSoir : Pouvez-vous présenter ZEbet et ZEturf?

ERC :  Nous avons deux activités : ZEbet.fr site de paris en ligne règlementé en France par l’Arjel est présent dans d’autres pays européens avec des licences locales. ZEturf.fr est notre activité d’origine sur les paris hippiques dans plusieurs pays européens.  Ces deux activités sont de taille équivalente et nous réalisons 500 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Les deux activités communiquent de par les usages des clients, cependant plus dans un sens que dans l’autre, avec les parieurs hippiques qui s’intéressent plus facilement au football ou à d’autres sports. 

 

FS : Avec l’arrêt des compétitions sportives comment ZEbet a-t-il affronté la crise ?

ERC : L’activité fonctionnait bien sur « deux jambes » jusqu’au tremblement de terre du virus. Pour ZEbet, 60% de l’activité est liée au football, 20% au tennis et 10% à la ligue de basket américaine NBA.  En mars, les activités sont stoppées net avec l’arrêt des compétitions sportives dans le monde. Le seul championnat de football qui ne s’est pas arrêté est celui de Biélorussie début mars.  L’activité a baissé de 90%.

 

FranceSoir : quel rôle a joué le régulateur Arjel dans la crise ?

ERC : En France la règlementation stricte ne nous permet pas de prendre des paris sur tout et n’importe quoi. L’Arjel, notre régulateur, édite une liste de sports autorisés, de compétitions, de matchs sur lesquels on peut proposer des paris qui doivent être en lien avec l’activité. 

L’Arjel, à notre demande d’élargir le spectre des compétitions, a eu une réponse limitée mais justifiée :

« On ne va pas étendre à des compétitions non dignes d’intérêt et d’intégrité ».

 

FS : Et pour les paris hippiques ?

ERC : Des courses hippiques de bonne qualité ont continué dans le monde. Pour ZEturf, nous avons passé des accords dans en Suède, à Hong Kong, aux USA et en Australie afin de proposer à nos clients d’autres courses. Il faut savoir que la filière hippique et les organisateurs de courses vivent en grande partie des paris.

Les activités ont donc continué.

Nous avons remonté un panel de courses de bonne qualité avec toute l’information.

Le PMU, notre concurrent principal, nous a suivi, cependant le réseau du PMU principalement dans les bars était fermé. La crise a donc permis l’accélération de la digitalisation de ce marché.  ZEturf a bénéficié d’être 100% en ligne ; la crise n’a rien changé pour nos clients hormis de parier sur d’autres courses.

D’une crise on a fait une opportunité et il a fallu travailler autrement, c’est bien le rôle d’un entrepreneur de s’adapter !

 

FS : Comme joue-t-on aux paris hippiques ?

RC : On ne joue pas aux courses comme au loto. Les courses hippiques demandent de la sagacité et du savoir.  Pour mettre en place de nouvelles courses, nous avons offert le même niveau que d’habitude c’est-à-dire : des pronostics des journalistes spécialisés, des opinions sur les courses et une base de données complète sur les chevaux (historique de courses, origines)

 

FS : Qui sont vos clients, les joueurs et parieurs ?

ERC : Le profil des joueurs est vraiment différent.  D’un côté, le pari sportif sur ZEbet est très masculin avec une moyenne d’âge de 25-27 ans, passionnés de sport qui s’impliquent encore plus dans le match au travers d’un paris. 

D’un autre, sur ZEturf une activité avec 30% de femmes et des joueurs plus âgés (45 ans).  Un profil de passionnés qui traversent toutes les catégories sociales.  Sur un hippodrome, un parieur, se rend virtuellement propriétaire d’un cheval et ne regarde que lui pendant la course. 

Ce cheval, c’est le sien le temps d’une course.

 

FS : quels sont les montants misés ou joués ?

ERC : Tout d’abord je dois dire que nous avons un taux de redistribution parmi les plus élevés à 85%.  En moyenne les clients jouent 80 à 90 euros par mois. De par le taux de redistribution, les joueurs arrivent à jouer 400 euros mois.

 

FS : Comment êtes-vous montés dans le TGV covid-19 ?

ERC : Notre premier objectif fut d’assurer la continuité d’un service pour nos clients. Comme nous sommes une entreprise purement sur internet, cela a été relativement facile. Nous avons fermé les bureaux dans les divers pays et mis en place le télétravail pour les 100 salariés.  Nous avons dû mettre un bon vpn (réseau privé) sécurisé afin de garantir la sécurité des données.

 

FS : Vous êtes le président de l’AFJEL. Comment s’est passé la crise pour les autres sociétés de paris, membres de l’AFJEL

ERC : Les décisions de l’AFJEL sont valables pour toutes les sociétés membres. Il fallait à tout prix éviter l’écran noir.  Internet ne soutient pas l’absence de présence et les gens nous auraient vite oubliés, le monde est vaste et les offres concurrentes nombreuses. A l’AFJEL, nous essayons de maintenir le jeu comme une distraction et pas comme une addiction.  En l’absence de compétitions et d’offres légales de paris, les joueurs se tournent facilement vers des offres illégales qui sont moins contrôlables et ne respectent nullement la lutte contre l’addiction au jeu.

Il était donc doublement important de maintenir l’offre a minima.

 

FS : Votre quotidien ressemble à quoi depuis le déconfinement ?

ERC : Lors du confinement, nos salariés ont été mis dans la même situation que nos clients : « chez eux, derrière leur ordinateur »

Les bureaux sont réouverts, sauf en Hollande, et les salariés peuvent venir avec certaines restrictions pas une personne pour moins de 15 m2 et les cafétérias ne sont pas ouvertes.

Le quotidien aujourd’hui ressemble au confinement. Et ça risque de durer.

 

FS : Comment envisagez-vous le déconfinement et la période pré estivale ? La reprise des paris ?

ERC :  Tout d’abord une première reprise, car les courses hippiques françaises recommencent. Le pari sportif sera plus balbutiant : le championnat allemand (Bundesliga) a repris la semaine dernière, en France, le championnat de Ligue 1 ne reprend pas. Mais les enjeux financiers sont tellement importants que cela va sûrement changer.

Cependant en France, on ne peut pas parier sur tout.

Par exemple, vous ne pouvez pas prendre des paris sur la reprise des activités sportives.

 

FS : et de manière plus globale, en tant qu’entrepreneur, vous voyez l’avenir comment ?

ERC : Derrière la crise sanitaire se cache une grosse crise économique et nous ne vendons pas des produits de première nécessité.  Le risque que notre activité soit réduite est important car l’épargne de précaution s’est développée. La consommation de choses superflues va diminuer et si un joueur avait 100 euros de budget mensuel pour le jeu, il va avoir la tentation ou l’obligation de dépenser moins.

Le budget de distraction va souffrir.  Cependant pour l’instant, l’offre alternative de distraction n’est pas importante (on ne peut pas aller au cinéma, au café,..). Notre secteur n’est peut-être pas celui qui va souffrir le plus.

Un autre danger est pour le secteur hippique qui est important en France, et le PMU va avoir un gros trou entrainant la menace de dizaines de milliers d’emplois.  Il n’est pas à exclure une aide du gouvernement dans cette activité agricole.

 

FS : Derrière le masque du chef d’entreprise, Emmanuel de Rohan Chabot qui êtes-vous ?

RC :  Avant tout, je suis un passionné de chevaux et de courses hippiques.

 

FS : Qu’est-ce que le déconfinement va vous permettre de faire ?

RC :  À titre privé, cela va surtout me permettre de voir et de revoir des gens.  A titre professionnel où nous avons beaucoup de projets, les derniers mois ont été compliqués car le rapport humain est important.

La poignée de main est importante, elle est symbolique.

 

 

Auteur(s): FranceSoir


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