Covid-19(84) - La vérité (politique) du mensonge sanitaire (Partie1)

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Covid-19(84) - La vérité (politique) du mensonge sanitaire (Partie1)

Publié le 08/10/2020 à 16:25
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Auteur(s): Michel Weber pour FranceSoir

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Tribune : L’événement Covid-19 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Tout et son contraire ont été affirmés, parfois par les mêmes personnes, et au même moment. Démêler l’écheveau nécessite donc de simplifier le récit. Il y a bien sûr un prix à payer pour ce faire ; il est double. D’une part, il faut ignorer ce qui semble accessoire ; d’autre part, il importe de remettre l’événement dans son contexte historique, à la fois au sens perspectif (la crise culturelle qui remonte à 1968) et projectif (les conséquences politiques immédiates) [i].

Cette tribune sera publiée en 2 parties, voici la première. La deuxieme sera publiée demain. 

1. La corruption des corps politique, médiatique et scientifique

« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n'ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin. » (Proust 1913) [ii]

 

La gestion politique ubuesque de l’épidémie peut se définir par cinq traits plus ou moins hypothétiques.

1.1. L’impréparation

Le gouvernement a été complètement pris au dépourvu, alors que la réaction de la Chine, connue de tous dès janvier, avait été prompte et radicale. En bref : les autorités chinoises ont réagi comme s’il s’agissait d’une attaque bactériologique, pas d’une épidémie saisonnière (et personne n’a jusqu’ici apprécié toutes les implications de cette réaction). De plus, les scénarios de pandémie sont très répandus depuis une douzaine d’années, surtout après la crise de 2009 (H1N1), et ce tout spécialement chez les militaires et dans les fondations privées, grâce au zèle de B. Gates, qui en a fait son unique cheval de bataille philanthropique depuis 2007.

Cette impréparation est sans nul doute possible le résultat de cinquante ans de néo-libéralisme. Mais pas que.

 

1.2. L’incompétence des uns et l’expertise des autres

Alors que la chose politique est abandonnée aux universitaires, ceux-ci ne sont que très rarement à la hauteur de la tâche qui leur est dévolue, et ils se contentent de travailler à la prolongation de leur mandat. Du reste, dans une technocratie qui ne dit pas son nom, on comprend la nécessité de s’en remettre aux experts, dont l’objectivité est proverbiale.

En fait, l’incompétence, c’est-à-dire l’absence d’expertise adéquate, ne devrait être aucunement problématique en politique : seul le sens commun devrait importer. S’il faut être un expert pour gouverner, nous ne sommes plus en démocratie (représentative), ou même en particratie (pas représentative), mais en technocratie. Le recours aux experts est donc intrinsèquement problématique. Il l’est d’autant plus qu’il suffit de connaître l’employeur de l’expert, ou son bailleur de fonds, pour déduire par avance la nature de ses conclusions.

 

1.3. La corruption

Le niveau de corruption des acteurs politiques est un secret de polichinelle. On se permet même, dans notre monarchie bananière, de rire sous cape des malversations qui finissent par être médiatisées dans d’autres pays, de préférence situés plus au Sud. (Et cela vaut bien sûr pour le regard que la Flandre porte sur la Wallonie.)

On le sait depuis Platon (ce sont les Grecs qui ont créé la démocratie participative) et, plus particulièrement, depuis Machiavel (1532) [iii], le pouvoir est recherché par les corrompus en puissance, et exercé par des corrompus de fait. Du reste, répétons-le, les conclusions de l’expert se trouvent en germe dans la source de financement de ses études.

 

1.4. La coercition en toute illégalité

L’imbroglio gouvernemental et institutionnel belge a donné naissance à un fort curieux proto-totalitarisme : un gouvernement en affaire courante s’est octroyé les pouvoirs spéciaux pour euthanasier le législatif, instrumentaliser le judiciaire, et instaurer un État d’urgence (sanitaire) qui ne dit pas son nom. Les mesures et règlements liberticides ne se comptent plus — à commencer par le confinement dans les maisons de repos, la généralisation du confinement à domicile, la distanciation « sociale », le port du masque, etc.

Avec ce cortège de mesures liberticides, illégitimes, inefficaces et illégales, on obtient, de fait, la fin de l’État de droit. Le bien public est devenu privé, c’est-à-dire source de profit. Et l’intimité de la sphère privée est exposée au regard (parfois à la vindicte) de tous.

 

1.5. La communication pathogène

La communication des « responsables » et particulièrement sa composante absurde, constitue la vraie signature de cette crise, durant laquelle les responsables politiques ont épuisé toutes les formes pathologiques du langage. Épinglons les suivantes :

— l’évitement : ignorer les objections, refuser le dialogue sous quelque forme que ce soit ;

— l’indignation : faire l’innocent, plaider la bonne foi, le dévouement au bien commun ;

— le mensonge pur et simple : le masque protège des virus et pas seulement des infections bactériennes ; le vaccin est efficace contre une maladie qui n’est pas immunisante ;

— la censure : refuser l’accès à une information ou à une conférence de presse ;

— la propagande : gonfler de vraies informations ;

— la désinformation : propager de fausses informations ;

— la sur-information : inonder d’informations (vraies, fausses, vraiment fausses, faussement vraies, etc.) ;

— l’usage de la contradiction : soutenir deux propositions contradictoires (le masque est inutile ; vous devez porter un masque) ;

— l’usage du paradoxe : utiliser des énoncés indécidables tels que : l’épidémie progresse sans empirer ; le monde d’après sera, et ne sera pas, différent ; seuls, ensemble ; soyez solidaires (dans la solitude) ; faites confiance aux responsables (!) ; informez-vous (dans les médias) ; vaccinons tout le monde pour contrôler la démographie ; imposons la monnaie digitale pour permettre aux pauvres d'épargner ; instaurons un gouvernement mondial démocratique ; ce que je vous dis est faux… Tout ceci ressort de l’effort pour rendre l’autre fou (Searles 1959) [iv].

En somme, la communication gouvernementale, servilement relayée par les médias et aiguillée (et endossée) par les experts en sciences médicales, a entretenu la peur et, surtout, l’angoisse. La peur est un sentiment naturel positif, car mobilisateur : face à une menace palpable, l’individu réagit par la fuite ou le combat. Au contraire, l’angoisse est paralysante : on pressent une menace invisible, sans savoir comment réagir… La communication absurde vise à stupéfier par l’angoisse, pas à perdre par la peur. Le dispositif est beaucoup plus efficace : la peur demande à être orientée afin qu’elle ne nuise pas au statu quo social ; l’angoisse paralyse les citoyens qui acceptent passivement tout ce qui leur est imposé.

La banqueroute politique signale en outre deux faillites supplémentaires : celle des médias et celle des experts scientifiques, et tout particulièrement des médecins. Les médias ont donné une ampleur inouïe à la communication absurde et au sensationnalisme morbide des politiques et des scientifiques. Il y a eu cooptation des uns par les autres. On peine à trouver un dissident dans la classe politique ; il en existe peu dans le monde scientifique et, s’ils s’expriment dans les médias, c’est généralement de manière très pondérée ; rares sont les journalistes qui ont fait leur travail, Alexandre Penasse constituant une notable exception.

Tous se sont couverts d’ignominie en participant, activement ou passivement, à cette mascarade ; tous devraient se voir sévèrement sanctionner.

 

2. La crise du capitalisme biocidaire

« C'est le commencement qui est le pire, puis le milieu, puis la fin ; à la fin, c'est la fin qui est le pire. » (Beckett 1953) [v]

 

En amont de cette sclérose politique, médiatique et scientifique, on trouve l’influence des mondes bancaire et pharmaceutique, qui sont mus par deux perspectives : d’une part, la maximisation de leur emprise sur la société (et donc de leur chiffre d’affaires) ; d’autre part, la gestion de la crise globale systémique annoncée clairement dès 1968, et dont la chronologie a été esquissée en 1972 par Meadows et Kukla (l’épuisement des ressources, le dérèglement climatique, et la progression de la pollution finiront par avoir raison de la société de consommation et de la démocratie représentative).

 

2.1. La stratégie du choc

De ce point de vue, l’utilisation de la stratégie du choc, avancée par Hayek en 1944 et Friedman en 1962, puis identifiée par Klein en 2007 — instrumentaliser une crise réelle ou ressentie, naturelle ou culturelle, afin de modifier profondément l’espace social, tandis que celui-ci est paralysé — s’impose comme une évidence si on veut anticiper le chaos. Que la crise soit réelle, ou simplement mise en scène, que son origine soit naturelle, ou le produit d’une machination, ne change finalement pas grand-chose au traumatisme et à la possibilité de son usage.

 

2.2. L’élection multinationale

Par contre, il faut comprendre, une fois pour toutes, que les élus ne représentent pas le peuple, mais les oligarques et leurs multinationales. Le programme néolibéral est en effet très simple : dissoudre les États afin de privatiser toutes leurs fonctions. Tant qu’un gouvernement mondial (privatisé) n’est pas implémentable, on peut se contenter de transformer les États en coquilles vides. Ce programme ne constitue qu’une réappropriation du fascisme tel que Mussolini l’a défini, et mis en pratique, dès 1922-1925, à l’aide de la vision économique de Vilfredo Pareto : l’entreprise privée est, par définition, beaucoup plus efficace que l’État. Puis vinrent les politiques similaires des Nazis en 1934–1937, qui subirent une légère obsolescence de 1944 à 1972 (les « trente glorieuses »).

En fait, Hayek, le chantre du néolibéralisme, stipule très clairement, et ce dès 1944, la stratégie à adopter : seule une infiltration progressive des institutions civiles et politiques permettra la destruction de la menace communiste et de sa cinquième colonne. Vingt ans plus tard, le 30 septembre 1965, il arriva à ses fins avec le coup d’État de Suharto, qui coûta la vie à plus d’un million de communistes (certains parlent de 3 millions d’exécutions arbitraires), et permit une première mise en place du dispositif néolibéral. C’était en quelque sorte la répétition du renversement d’Allende par Pinochet, perpétré le 11 septembre 1973.

Le remplacement des gouvernements par des multinationales a été quantifié très tôt, e. a., par Stephen Hymer (1960) et David C. Korten (1995) [vi]. Il est devenu évident avec la politique d’intégration européenne et, surtout, la multiplication des traités et autres partenariats transatlantiques de commerce et d'investissement (comme le « Transatlantic Trade and Investment Partnership »).

C’est du reste le fil rouge de la littérature « cyberpunk » dont le représentant le plus fameux est sans doute Ph. K. Dick (1955) [vii], qui a offert les scénarios de Blade Runner (1982), Total Recall (1990), Minority Report (2002), etc.

 

2.3. La grande bifurcation : 1968–1973

Tout se joue donc dans les années 1968–1973 : le dévoilement des enjeux civilisationnels comme leur effacement, c’est-à-dire, d’une part, la prise de conscience de la crise globale qui ne pourrait être conjurée qu’en renonçant au capitalisme industriel et financier ; et, d’autre part, la reprise en main de l’agenda politique par ce dernier avec des figures telles que Suharto et Pinochet, puis M. Thatcher (1979), R. Reagan (1981) et Helmut Kohl (1982).

Rappelons que le Club de Rome est créé en avril 1968 par (e.g.) Aurelio Peccei, Alexander King, et David Rockfeller. Il ne s’agit pas de hippies ou de membres désabusés de la classe moyenne (le public de « mai 68 »), mais d’oligarques se posant très sérieusement la question des limites de la croissance que le capitalisme exige.

Il faudrait également insister sur le travail de sape de Pompidou, élu à la présidence française en 1969, et le bref espoir instillé par Sicco Mansholt à la Commission européenne en 1972–1973.

 

Voici la deuxième partie 

 

http://www.metabyanga.com

http://chromatika.academia.edu/MichelWeber

 

[i] Une première version de ce chapitre a été publiée sur le site de Kairos, le 11 09 2020.

[ii] Proust, Marcel, À la recherche du temps perdu. T. I. Du côté de chez Swann [1913]. Édition présentée et annotée par Antoine Compagnon, Paris, Gallimard, 1988

[iii] Machiavel, Nicolas, Le Prince. Traduction française [1532], Paris, Éditions Gallimard, 1980

[iv] Harold F. Searles, « The Effort to Drive the Other Person Crazy—An Element in the Aetiology and Psychotherapy of Schizophrenia », British Journal of Medical Psychology, XXXII/1, 1959, pp. 1-18

[v] Beckett, Samuel, L'Innommable, Paris, Les Éditions de Minuit, 1953

[vi] Hymer, Stephen, The International Operations of National Firms: A Study of Direct Foreign Investment. PhD Dissertation [1960], published posthumously. Cambridge, Mass., The MIT Press, 1976 ; Korten, David C., When Corporations Rule the World [1995]. 20th anniversary edition, Oakland, Berrett-Koehler Publishers, Inc., 2015

[vii] Dick, Philip Kindred, Solar Lottery, New York, Ace Books, 1955

 

Auteur(s): Michel Weber pour FranceSoir


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