Le passe est de retour, notre combat continue

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Jean-Frédéric Poisson, pour FranceSoir
Publié le 24 juin 2022 - 11:45
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Jean-Frédéric Poisson continue de s'opposer au passe sanitaire
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F. Froger / Z9, pour FranceSoir / Pexels
Les opposants "doivent placer provisoirement leurs différends idéologiques de côté" pour "faire barrage aux tentatives liberticides".
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TRIBUNE — C’est officiel, le covid est de retour, en France comme en Europe. C’est du moins ce qu’affirment commentateurs, médecins de plateaux et spécialistes autoproclamés qui étaient absents de nos écrans depuis longtemps et qui font un retour catastrophiste en fanfare. Le passe sanitaire européen quant à lui, vient d’être prolongé d’un an à la suite d’un vote du Parlement, vote qui n’a, étrangement, pas fait beaucoup de bruit pour le moment. Mais en vérité, cette prolongation ne surprend personne puisque le Parlement européen et le Conseil s’étaient déjà mis d’accord depuis 13 juin sur l’adoption de cette loi [1]. Pour qui sait lire entre les lignes, il devient évident que nous ressautons à pieds joints vers une nouvelle période de restrictions liberticides, période au cours de laquelle de nouvelles mesures violentes et discriminatoires qui auraient dû rester éphémères vont s’enraciner toujours plus profondément dans notre législation et notre quotidien.

En France, bien opportunément, le virus ressurgit [2] alors que nous avons été miraculeusement privés de sa contagiosité pendant tous ces mois de campagne électorale. De nombreux commentateurs non dénués d’humour ont pu plaisanter sur ce covid dont les recrudescences régulières s’alignent sur le calendrier électoral français : voilà un virus bien démocrate qui prend toujours la peine d’épargner les populations françaises lorsque celles-ci doivent se rendre dans les urnes pour voter ! En effet, Emmanuel Macron et ses cabinets de conseil ont bien évité de trop communiquer sur la pandémie pendant cette campagne, car de nouvelles restrictions auraient alimenté la grogne populaire et accompagné le vote des Français vers des partis considérés comme « extrêmes », qu’ils soient de droite ou de gauche.

Néanmoins, si les députés européens ont, à nouveau, rapidement courbé l’échine sur le certificat covid bruxellois, le scénario pourrait être sensiblement différent chez les députés français. On peut en effet se réjouir de ce que l’Assemblée nationale fraîchement élue ne cède pas de majorité au président en exercice comme cela a été le cas pendant les cinq années précédentes d’exercice du pouvoir macroniste. En effet, la nouvelle loi qui devait pérenniser l’état d’urgence sanitaire en France semble avoir été arrêtée net. Elle avait été prévue pour être présentée le 22 juin, soit trois jours après le deuxième tour des élections législatives. Mais l’afflux de députés du Rassemblement national et de la France Insoumise semble en avoir repoussé la programmation. Il faudra pourtant qu’Emmanuel Macron la présente devant les députés avant le 31 juillet, date à partir de laquelle l’état d’urgence sanitaire prendra officiellement fin, s’il souhaite continuer à exercer sa domination sans contre-pouvoir comme il l’a fait depuis mars 2020.

Voir aussi : Réintégration des soignants suspendus: la proposition de loi de Sylviane Noël

Quelle que soit leur couleur politique, les opposants siégeant dans l’hémicycle doivent placer provisoirement leurs différends idéologiques de côté. Ainsi, ils seront en mesure de s’unir dans ce combat et de faire barrage aux tentatives liberticides du parti présidentiel. Déjà, des sénateurs Républicains leurs montrent la voie courageusement en proposant une loi visant à « supprimer le plus vite possible cette obligation vaccinale pour les soignants, de réhabiliter sans perdre une minute ces milliers d’hommes et de femmes indignement traités par l’État français et de leur accorder, enfin, respect et reconnaissance [3] ». Les discussions entre les différents groupes et l’union pour la défense des libertés fondamentales peuvent être en mesure d’enrayer la folie sanitaire et de proposer des alternatives crédibles : nous attendrons cette nouvelle assemblée au tournant. Quant à nous, nous poursuivrons le combat que nous n’avons jamais cessé de mener dans la rue, sur les plateaux de télévision et jusque devant le Conseil constitutionnel. Comme l’affirmait le célèbre écrivain Georges Bernanos : « On ne subit pas l'avenir, on le fait ».

 

Jean-Frédéric Poisson est président de VIA | la voie du peuple.

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