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Pour le docteur Murray, Michael Jackson “s’est tué tout seul”

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Publié le 6 avril 2010 à 05h02
Mis à jour le 11 avril 2010 à 00h59

Inculpé d’« homicide involontaire » pour la mort de Michael Jackson, le docteur Conrad Murray devait comparaître hier devant la Cour supérieure de Los Angeles. Avec une étonnante ligne de défense.

Une ligne de défense… pour le moins originale. Alors que Conrad Murray, inculpé en février dernier d’homicide involontaire pour la mort de Michael Jackson, était attendu hier devant la Cour supérieure de Los Angeles vers midi (21 heures à Paris), le site spécialisé dans la vie des célébrités TMZ. com, le premier à avoir annoncé la mort de « Bambi », révélait dans la matinée que les avocats du médecin allaient plaider l’« irresponsabilité » de la star. Explications.
Conrad Murray, 57 ans, se trouvait aux côtés du « Roi de la pop » au moment de son malaise cardiaque, survenu le 25 juin 2009 à son domicile de Holmby Hills, sur les hauteurs de Los Angeles. Deux mois plus tôt, le « Roi de la pop », âgé de 50 ans, avait annoncé son retour au travers de dix concerts à Londres. Pas un de plus. Mais devant l’engouement déclenché à l’idée de le voir remonter sur scène, ses producteurs ne lui avaient pas laissé le choix : sans crier gare, ils avaient ajouté 40 dates. Ce qui avait déclenché l’ire du chanteur : à la sortie d’une séance de répétition au Staples Center, dans le centre de Los Angeles, il s’était confié à des fans : « Je me suis couché en pensant que j’allais faire dix dates ; je me suis réveillé en apprenant aux infos que j’étais programmé pour en faire cinquante. Je suis vraiment en colère. Je ne sais pas comment je vais faire… »

Puissant anesthésiant
Pour être prêt, Jackson enchaîne les séances de travail. Ses journées sont interminables, ses nuits de plus en plus courtes. Le 24 juin, vers 1 h 30, le « Roi de la pop », qui navigue depuis six semaines entre son insomnie chronique et sa dépendance aux médicaments censés l’en soulager, demande à son médecin de lui administrer 10 mg de Valium. Une demi-heure plus tard, Murray récidive et lui injecte 2 mg du sédatif Ativan, puis 2 mg de l’antidépresseur Versed. A 5 heures, nouvelle piqure de sédatif, suivie à 7 h 30 d’une autre d’antidépresseur.
Mais rien n’y fait : « MJ » ne trouve toujours pas le sommeil. Selon les hommes du LAPD (Los Angeles Police Department), la star aurait alors commencé à réclamer ce qu’elle appelle son « lait », à cause de la couleur blanche du produit. Le médecin se résout à lui administrer en transfusion 25 mg de Propofol, un puissant anesthésiant utilisé d’habitude en salle d’opération. Il est 10 h 40. Michael Jackson s’endort, Murray se rend brièvement dans la salle de bains. Il revient vers 11 heures et découvre que le chanteur ne respire pas. Il aurait alors tenté de lui donner un médicament d’urgence et de pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire. En vain.

Agacé de ne pas trouver le sommeil
Pour la défense du médecin, les faits diffèrent quelque peu. Si le docteur Murray a effectivement administré une dose de Propofol au « Roi de la pop », « elle était toute petite » et n’a eu pour effet que de l’endormir « quelques minutes ». C’est Jackson lui-même, agacé de ne pas réussir à trouver le sommeil, qui se serait administré une deuxième dose de « lait », beaucoup plus importante cette fois. Murray ne s’en serait rendu compte que plus tard, vers 11 heures. Une version qui l’exonère de toute responsabilité dans la mort de la star. Une version que ses avocats, selon TMZ.com, devaient présenter hier devant la Cour supérieure de Los Angeles, en présence d’une dizaine de proches de l’idole disparue, dont ses parents et ses enfants.
Les magistrats devaient également désigner un juge chargé d’examiner l’affaire sur le fond et déterminer une date pour la première audience préalable au procès, puis débattre de l’avenir professionnel du médecin après la récente demande du procureur californien de lui retirer son droit à exercer la médecine.
Selon les avocats du cardiologue, Ed Chernoff et Joseph Low, une interdiction d’exercer aurait un effet dévastateur sur leur client, confronté à des problèmes financiers, et qui ne pourrait donc plus prendre en charge les frais liés à sa défense. « Sa capacité à payer pour sa défense dépend presque entièrement de sa faculté à continuer de soigner des patients », ont-ils écrit à la cour mardi dernier. Et de s’inquiéter : « Conrad Murray dispose d’une licence pour exercer en Californie et possède des cliniques à Las Vegas et à Houston. Nous craignons un effet domino dans les autres Etats américains si sa licence californienne lui était retirée. Pour lui, ce serait un désastre… »
Par Guilhem Battut
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