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Placido Domingo, le boulimique

Télévision-Média

Publié le 4 septembre 2010 à 05h22
Mis à jour le 3 septembre 2010 à 17h34

Il a joué 130 personnages et donné 3.000 représentations… Le « baryténor » sera ce week-end sur France 3 et en direct dans l’œuvre de Verdi.

A 69 ans, il chante encore. Deux jours de suite, en direct sur France 3, il interprète un rôle mythique de l’opéra, Rigoletto de Verdi. Une diffusion exceptionnelle depuis Mantoue (Italie), dans les décors mêmes où se déroule l’action, et en temps réel : samedi soir pour le premier acte qui se passe de nuit, dimanche après-midi dans le palais ducal pour le deuxième acte et dimanche soir pour le troisième qui culmine avec l’assassinat de Gilda, la fille de Rigoletto.

Elevé au son de la musique espagnole, Placido Domingo a des liens avec cet opéra. C’est le premier qu’il a entendu enfant. Il a joué ensuite le petit rôle du courtisan Borsa, avant de chanter celui du très libertin duc. Il a aussi dirigé l’œuvre en tant que chef d’orchestre et, aujourd’hui, il interprète Rigoletto. Pas banal qu’un artiste lyrique change de registre au cours de sa vie… Pas banal, non plus, le parcours de Placido Domingo. Quand, en 1959, il auditionne à 18 ans pour l’Opéra de Mexico, il se présente comme baryton. Le jury lui dit qu’il a plutôt une voix de ténor et sa carrière se déroule dans cette tessiture. Récemment, sa voix devenant plus dramatique avec l’âge, il aborde des rôles de baryton. Et le voilà baptisé « baryténor ».

En pleine forme

Cent trente personnages à son répertoire, 3.000 représentations, Domingo est un homme de records : « Il me faudrait trois vies pour chanter tout ce dont j’ai envie. » Cette fringale l’a amené à former avec Luciano Pavarotti et José Carreras, le célèbre trio des Trois ténors. C’était lors de la Coupe du monde de football de 1990. C’est même devenu un phénomène qui a fait venir un large public à l’opéra. Boulimique de musique, se croyant, voilà quelques années, « fini », il s’est transformé en directeur d’opéra à Washington et à Los Angeles. Mais il n’a jamais quitté la scène, toujours en pleine forme. Grâce au sport, dit-il.

Ce qui fait de lui un interprète exceptionnel ? Son charisme et la qualité émotionnelle de ses personnages comme celui de Rigoletto : « Je ne suis pas certain de pouvoir retenir quelques larmes », avoue-t-il.



Par Nicole Duault
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