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Picardie - Quand l’archéologie met son grain de sable

Publié le 12 juillet 2010 à 07h38
Mis à jour le 11 juillet 2010 à 17h49

Les exploitants de carrières de la vallée de l’Aisne dénoncent le manque de moyens de l’Institut national de recherche archéologique préventive (Inrap).

Les exploitants de carrières alluvionnaires de l’Aisne et de la Marne ne supportent plus les difficultés de l’application de la loi sur l’archéologie préventive de 2001. « Elle supposait de mobiliser des moyens suffisants, mais pas de geler durablement nos projets d’aménagement ! », résume Bertrand Desmarest, exploitant d’un site alluvionnaire près de Fontenoy (Aisne) qui extraie annuellement 100.000 tonnes de graviers destinés aux entreprises de construction. Le problème, c’est que « l’Inrap, chargé des diagnostics et de certaines fouilles, manque des ressources nécessaires à ses missions ».

Les coûts des diagnostics et des fouilles archéologiques sont à la charge des carriers. Les diagnostics représentent 5.000 € à l’hectare. Ils entraînent souvent des fouilles dont les coûts ne peuvent pas être chiffrés à l’avance. Les carriers de la vallée de l’Aisne dénoncent le fait qu’ils sont parmi les principaux bailleurs de la redevance archéologique abondant le budget de l’Inrap et que certains aménageurs – des constructeurs de logements sociaux notamment – sont dispensés de cette redevance.

Lourdeurs administratives

Ils dénoncent également l’impossibilité en cas de fouilles de faire appel à la concurrence, faute de la présence en France d’une filière d’archéologique préventive privée, « le ministère de la Culture (dont dépend l’Inrap) excluant d’agréer des organismes privés créés à l’initiative d’aménageurs privés ».
« Nos cibles sont les conditions d’application de la loi, ses lourdeurs administratives, les délais de diagnostics et de fouilles qui s’allongent », affirme Dominique Guillot, qui dirige les secteurs Aisne et Marne au sein de l’entreprise GSM. « Ces conditions perturbent grandement l’activité de nos entreprises qui doivent travailler en aveugle et retarder des projets d’exploitation. Or, si nous stoppons l’exploitation de nos carrières (196 entreprises en Picardie, soit 2.000 emplois), nous mettrons en péril d’autres entreprises qui dépendent de nous. »
Les carriers de la vallée de l’Aisne ont rallié à eux ceux de Normandie, de Champagne-Ardenne et d’Ile-de-France. Ils ont alerté le Sénat dont la commission de la culture consulte actuellement les différents acteurs de la filière de l’archéologie préventive afin d’envisager une éventuelle adaptation de la loi de 2001 aux réalités de 2010.
Par De notre correspondant, Yves-Marie Lucot
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