1er mai: les syndicats vont défiler dans un climat tendu

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 01 mai 2016 - 12:08
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Un défilé CGT.
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©Christian Hartmann/Reuters
Pour la première fois depuis sept ans, la CGT défilera aux côtés de FO.
©Christian Hartmann/Reuters
Les syndicats vont défiler ce dimanche dans un climat tendu, marqué par deux mois de mobilisations contre la loi Travail émaillées de violences. Samedi, Bernard Cazeneuve a adressé des consignes aux préfets afin de prévenir d'éventuels débordements.

Le 1er mai syndical, qui verra CGT et FO défiler côte à côte pour la première fois en sept ans, est dirigé cette année contre la loi Travail, dans un climat tendu après deux mois de contestation et de manifestations émaillées de violence. De Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre Manuel Valls a adressé ce dimanche 1er mai une ferme mise en garde aux éventuels "casseurs" et appelé les organisateurs des manifestations à prendre "leurs responsabilités". La veille, son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait envoyé des consignes aux préfets sur les mesures à prendre pour éviter les débordements.

Les manifestations de jeudi 28 avril contre le projet de loi Travail, à Paris et en province ont fait 78 blessés chez les forces de l'ordre, tandis qu'un étudiant de 20 ans, atteint par un projectile à Rennes, a perdu la vision d'un oeil. Gouvernement et syndicats se renvoient la balle des responsabilités des violences. Le Parti de Gauche a de son côté demandé samedi 30 avril "des comptes" à M. Cazeneuve face à une "escalade de la violence" policière lors des manifestations, appelant à l'abandon des lanceurs de balles de défense.

Soudés dans leur refus du projet de loi Travail, examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi 3, FO et CGT, vont défiler ensemble ce dimanche pour la première fois depuis 2009. Les secrétaires généraux Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) prendront le départ de la manifestation parisienne à partir de 15h00 à Bastille, pour rejoindre Nation, en réclamant "le progrès social". Les leaders de FSU, Solidaires et des organisations étudiantes (Unef) et lycéennes (UNL et FIDL) seront aussi présents. Des manifestations et rassemblements sont prévus partout en France. Dans la matinée, M. Mailly se rend au Mur des Fédérés, au cimetière du Père Lachaise, en hommage à la Commune, une tradition de FO, avant un apéritif républicain place Gambetta, dans le 20e arrondissement à Paris. De leur côté, les réformistes (CFDT, CFTC et Unsa) se retrouvent dans la matinée, pour des tables rondes, dont l'une porte sur la loi Travail. Pour ce camp, pas question de "demander le retrait d'un texte porteur de progrès pour les travailleurs", rappelle Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT qui loue, entre autres, la mise en place du compte personnel d'activité (CPA) prévue dans cette loi.

Depuis 2013, CGT et CFDT ne défilent plus ensemble le 1er mai, leur relation s'étant dégradée après l'approbation par la centrale de Laurent Berger de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, dénoncé par la CGT. La loi Travail n'a fait qu'aggraver la division entre les deux premiers syndicats français. Le 1er mai cette année prend une tournure spécifique avec l'avènement de "Nuit debout", lancé au soir du 31 mars, jour de la plus grosse mobilisation contre la loi Travail (390.000 personnes dans 250 villes, selon les autorités; 1,2 million selon les organisateurs). Ce dimanche, des responsables syndicaux ont prévu de se rendre place République, mais pas les numéros uns. Jeudi, Philippe Martinez y est intervenu pour la première fois, pour évoquer la "convergence des luttes", à un moment où 63% des Français estiment que ni "Nuit debout", ni les syndicats, ni les partis ne sont "en phase avec les salariés", selon un récent sondage Odoxa. En revanche sept Français sur dix considèrent que "la lutte des classes est une réalité en France".

La journée des travailleurs, célébrée dans de nombreux pays, est née à Chicago en 1886 à l'initiative d'un mouvement syndicaliste réclamant la journée de travail de huit heures. Mais "c'est d'abord un jour férié aujourd'hui et le sens historique ou politique est perdu. C'est lié à la baisse de la représentativité syndicale dans toutes les entreprises, pas qu'en France", relève Sylvain Niel, avocat spécialiste du droit du travail. L'année dernière, les rassemblements du 1er mai avaient réuni plusieurs dizaines de milliers de manifestants (110.000, selon la CGT, 76.000 selon la police) un peu partout en France, dont 9.000 à 12.000 à Paris.

 

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