Allain Bougrain-Dubourg raconte le coup de fil de Nicolas Hulot avant sa démission

"Entretien pathétique avec les chasseurs"

Allain Bougrain-Dubourg raconte le coup de fil de Nicolas Hulot avant sa démission

Publié le :

Mercredi 29 Août 2018 - 14:50

Mise à jour :

Mercredi 29 Août 2018 - 14:56
Allain Bougrain-Dubourg, très proche de Nicolas Hulot, a raconté ce matin sutr Europe 1 le quotidien de l'ex-ministre de la Transition écologique. Jusqu’à la réunion qui a fait basculer sa décision de remettre sa démission.
© ludovic MARIN / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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"Le quotidien, c'était l'enfer", c'est par ces mots qu'Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), a décrit les conditions de travail de son ami Nicolas Hulot. Invité ce mercredi 29 sur Europe 1, il a également raconté la conversation qu'il a eue avec l'ex-ministre de la Transition écologique suite à la fameuse réunion à l'Elysée lundi 17 qui a constitué un "casus belli" pour l'ancien animateur.

En effet, ce jour-là, Nicolas Hulot a été particulièrement mécontent de constater la présence de Thierry Coste, lobbyiste de la chasse, à cette rencontre où il ne devait pas être convié constituant pour lui le symbole de la présence des lobbys au plus haut sommet de l'Etat. "Cet entretien pathétique avec les chasseurs l'a beaucoup affecté, car là, il touchait le fond. Il était révolté, mais il voulait prendre du recul pour faire un choix. Il me l'a dit clairement. Mais il ne savait pas lequel. Il a décidé le lendemain matin", a expliqué Allain Bougrain-Dubourg au micro de la radio.

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"D'un côté, Emmanuel Macron et le Premier ministre ont beaucoup de respect, voire d'affection, pour Nicolas Hulot. Et de l'autre, ils ne le suivent pas dans ses propositions", a-t-il ajouté.

L'ancien journaliste a également souligné l'enthousiasme qui a primé au sein des mouvements écologistes au moment de la nomination de Nicolas Hulot. Enthousiasme partagé par le ministre: "Quand on l'a rencontré au moment de sa nomination avec toutes les associations de protection de la nature, il avait une ambition d'avenir. Il voulait cranter pour le lendemain, c'est ce qui l'importait". Mais très vite, l'ancien animateur a rapidement déchanté: "Mais il lui fallait aussi gérer le quotidien, et le quotidien, c'était l'enfer. Ça devait être extrêmement pesant. Il espérait qu'on lui donne davantage de crédit".

Treizième ministre de l'Ecologie en 20 ans, Nicolas Hulot ne sera resté en poste qu'un peu plus de quinze mois. François Hollande avait "usé" en cinq ans quatre ministres de l'Ecologie, Nicolas Sarkozy trois. Se pose désormais la question de son remplacement.

Voir - Remaniement: qui pour remplacer Hulot?

Le départ du ministre écologiste a assombri encore un peu plus la rentrée de l'exécutif, moins de deux mois après l'affaire Benalla, et au moment où les critiques de l'opposition pleuvent sur les résultats de sa politique économique et sociale.

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