Amnesty International - La France multiplie les expulsions d'Afghans vers leur pays d'origine, au péril de leur vie

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Amnesty International - La France multiplie les expulsions d'Afghans vers leur pays d'origine, au péril de leur vie

Publié le 04/10/2017 à 16:20 - Mise à jour le 05/10/2017 à 07:51
© MARTIN BUREAU / AFP/Archives
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Auteur(s): MM

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Moins d'un an après la signature en catimini d’un accord informel entre l’Union européenne et l’Afghanistan facilitant le retour forcé des Afghans déboutés du droit d’asile, Amnesty international et La Cimade alertent sur les retours "volontaires" de demandeurs d'asile depuis la France vers leurs pays d'origine. Les ONG s'alarment de la situation sécuritaire en Afghanistan qui met en péril la vie des déboutés.

"Aucune barrière ne pourra s'opposer à la marche du désespoir si nous ne transformons pas les routes de la nécessité en routes de la liberté", a lancé Emmanuel Macron à la tribune des Nations Unies à la mi-septembre au sujet de la crise mondiale des réfugiés. Pour autant, la politique d'accueil des demandeurs d'asile en France pose la question, notamment pour ceux provenant de pays en guerre ou dans une situation sécuritaire critique.

En effet, depuis 2015, la France a renvoyé en Afghanistan plus de 1.000 demandeurs d'asile alors que la situation sécuritaire dans le pays ne cesse de se dégrader. Dans le même temps, les autorités françaises ont également accéléré les renvois vers d’autres pays européens qui expulsent de plus en plus vers l’Afghanistan, comme l’Allemagne, la Suède ou la Norvège (déjà 307 personnes en 2017). Dans son rapport 2016, l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a indiqué que les Afghans représentent la première nationalité sur l’ensemble des retours qualifiés de "volontaires" (11%) opérés par la France.

Amnesty international et la Cimade, dans un rapport publié ce jeudi 5, s'alarment de cette tendance, soulignant par ailleurs que le caractère "volontaire" de ces retours doit être suspendu à la précarité que les demandeurs d'asile subissent une fois en France, notamment du fait du caractère particulièrement déficient de la politique d'accueil, et de la répression qu'ils subissent de la part des pouvoirs publics. A ce titre, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, alertait les pouvoirs publics après une visite à Calais le 12 juin, dénonçant les conditions de vie inhumaines que subissent les migrants et des atteintes aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité.

Dans le même temps, la situation politique et sécuritaire de l'Afghanistan s'est particulièrement dégradée depuis deux ans. Dans un pays où on estime que le gouvernement en place à Kaboul contrôle peu ou prou 60% du pays, les chiffres publiés par la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) montrent que "11.418 personnes ont été tuées ou blessées en 2016". La population civile vit sous la menace permanente des attentats perpétrés par les insurgés talibans et désormais la branche afghane de l'Etat islamique.

Comme le souligne Amnesty international, les pays européens sont parfaitement conscients de la situation sur place et pourtant ils n'ont pas hésité à signer en octobre 2016 "un accord informel de coopération baptisé +Action conjointe pour le futur+, officiellement présenté comme un programme d’aide au développement mais en fait destiné à faciliter le renvoi des demandeurs d’asile afghans". Comble du cynisme pour l'ONG, dans un document ayant fuité, l’administration de l’UE reconnaît que l’Afghanistan est confronté à "une détérioration de sa situation sécuritaire et une aggravation des menaces auxquelles les gens sont exposées, avec un nombre record d'attaques terroristes et de civils tués ou blessés".

Les associations interpellent donc le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb pour lui demander de faire cesser ces expulsions.

"Désireux avant tout d’augmenter le nombre d’expulsions, les gouvernements européens appliquent une politique à la fois irresponsable et contraire au droit international. Délibérément aveugles à tous les éléments qui montrent que la violence atteint un niveau record et qu’aucune région d’Afghanistan n’est épargnée, ils exposent des hommes, des femmes et des enfants à des dangers tels que l’enlèvement, la torture, ou la mort", a fait savoir Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty International France.

Auteur(s): MM


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Amnesty international et la Cimande dénoncent un "retour forcé vers l'insécurité" pour les Afghans expulsé de France.

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