Bezons: polémique autour d'une plaque commémorant la Nakba

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Bezons: polémique autour d'une plaque commémorant la Nakba

Publié le 13/06/2018 à 17:11 - Mise à jour à 17:27
©Twitter
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de France-Soir

-A +A

Le maire de Bezons a nommé temporairement une rue adjacente à l’hôtel de ville, "allée de la Nakba" – un mot arabe qui signifie "catastrophe" et qui désigne l'exode massif des Palestiniens après la première guerre israélo-arabe. Cette plaque a provoqué une vive polémique.

Cette plaque n'avait qu'une valeur symbolique mais elle a provoqué des réactions particulièrement virulentes allant jusqu'à des menaces de mort. Dominique Lesparre, le maire PCF de Bezons dans le Val-d'Oise a inauguré lundi 11 une "Allée de la Nakba – En mémoire de l’expulsion des 800.000 palestiniens et de la destruction de 532 villages en 1948 par le criminel de guerre David Ben Gourion pour la création de l’Etat d’Israël". Cette inscription, en français, figurait également sur une deuxième plaque rédigée en arabe.

La Nakba ("catastrophe" ou "désastre" en arabe) fait référence à l'exode de la population arabe palestinienne qui s'est produit au cours de la guerre israélo-arabe de 1948. Il correspond au déplacement forcé d'au moins 700.000 Palestiniens, fuyants ou expulsés des territoires sous contrôle israélien pour se réfugier dans des zones contrôlées par les armées arabes ou dans des pays limitrophes. Les biens des expulsés avaient été saisis.

Lire également - Gaza: des milliers de Palestiniens de retour à la frontière, au péril de leur vie

L'apposition de cette plaque à la demande d'une association locale de soutien à la cause palestinienne, lors d'une cérémonie qui a réuni une cinquantaine de personnes. "Nous sommes rassemblés pour deux choses: condamner les massacres particulièrement effroyables perpétrés par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza et pour marquer notre solidarité envers nos amis Palestiniens en dénommant symboliquement cette allée", a expliqué l'édile lors de la cérémonie rapporte Le Parisien.

Une plaque qui n'était pas du goût de tout le monde. "L'apposition de ces plaques et le commentaire qu'elles comportent constituent une prise de position rompant avec le principe de neutralité républicaine dans le domaine international", qui est un "domaine réservé de l'Etat", a fait savoir le préfet du Val-d'Oise, Jean-Yves Latournerie. Et d'ajouter: "Cette action est, de plus, étrangère à tout intérêt communal" et "provoque des controverses et des polémiques locales susceptibles d'évoluer rapidement vers des troubles graves à l'ordre public".

Voir - Gaza: les députés communistes appellent à cesser la "diplomatie molle"

Les instances représentatives de la communauté juive de France et d’Israël n’ont pas tardé à condamner cette action. Francis Kalifat, le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF), a qualifié la déclaration et la plaque de rue de "fausses déclarations, scandaleusement irresponsables et dangereuses". Selon lui, cela encouragerait "les violences antisémites". L’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin-Noun est allée dans le même sens en condamnant une "incitation à la haine". Elle condamne le soutien de la ville et du maire de Bezons à ce qu’elle appelle "le terrorisme palestinien".

"La première mairie Hamas en France", avait ironisé de son côté sur Twitter un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, en référence au mouvement islamiste terroriste qui contrôle la Bande de Gaza.

Mardi 12, des individus en scooter ont tagué la plaque avant de prendre la fuite. La mairie a décidé de retrier cette plaque, qui devait de toute façon être temporaire, dans la foulée. D'autant que le maire et ses services ont reçu de nombreuses insultes par téléphone et sur les réseaux sociaux. Des menaces ont également été proférées à l'encontre de Dominique Lesparre. L'élu envisage de déposer plainte.

Auteur(s): La rédaction de France-Soir


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


Une "allée de la Nakba" a été inauguré à Bezons.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-